A l’instar du Train express régional (Ter), le projet du Bus rapid transit (Brt) essuie souvent des critiques. Certains voient le projet comme quelque chose qui «va contribuer à tuer le secteur du transport», jugeant ainsi paradoxale le renouvellement du parc automobile du transport public. Ramant à contre-courant de ces détracteurs, Modou Kane Diaw, Secrétaire général du Fonds du développement des transports terrestres (Fdt), précise : «Le transport c’est une approche multimodale ou intermodale. L’Etat du Sénégal, à travers le Fonds du développement du transport, veut changer les modes de consommation, de production du transport à travers une intégration physique et tarifaire entre le rail et la route. Et les autres modes vont se rabattre sur ces axes lourds de transport, on parle de transport de masse à travers le Brt et le Ter. Tout le reste va se rabattre sur ces modes-là et ça permettra de changer un peu comment on se déplace à Dakar en termes de mobilité, réduire un peu la congestion et de gagner du temps. Ça veut dire que nous perdons beaucoup de temps dans la circulation.» «Les dysfonctionnements ont été évalués par le Cetud (Conseil exécutif des transports urbains durables : Ndlr) vers les années 2008, on perdait 108 milliards de francs Cfa par année. Aujourd’hui, on perd plus 10% du Pib du fait accidents de la circulation. Et ça, c’est énorme. Si vous voulez créer de la croissance et détruire la richesse, vous n’allez jamais réduire la pauvreté», défend M. Diaw, qui s’exprimait ces derniers jours, lors d’une rencontre avec les concessionnaires et les banques dans le cadre de la mise en place du projet de renouvellement du parc automobile pour le transport public. «On a déjà 45 mille véhicules à renouveler dans les segments des transports et des besoins de 1200 milliards. On a entamé déjà, sur tous les segments des projets qu’on est en train de structurer pour les lancer rapidement. Les cars rapides devaient disparaître depuis longtemps. Mais, on avait des problèmes de financement. Aujourd’hui, les ressources générées par le contrôle technique, les titres de transport et une taxe parafiscale sur les véhicules importés seront mis à la disposition du Fdt», explique-t-il. «Ces ressources serviront de fonds de levier pour aller lever des financements sur le marché financier. L’Etat contribue entre un milliard à deux milliards par année comme fonds de dotation. Les besoins sont énormes du moment que vous avez déjà des ressources propres. Vous pouvez aller lever des fonds sur le marché financier», renchérit le Secrétaire général du Fdt.
Le gouvernement compte aussi sur les partenaires financiers qui appuient le secteur à travers la Banque mondiale, pour booster le secteur. L’implication du secteur privée est également attendue pour la concrétisation du projet. «Nous comptons beaucoup sur les concessionnaires de l’automobile et les banques qui sont des partenaires privilégiés, parce que l’Etat du Sénégal veut industrialiser le secteur de l’automobile. A travers ça, nous aurons une approche chaîne de valeur. Tous les segments vont être développés, et participeront à la création de richesse. C’est pour cette raison effectivement qu’on les a conviés pour échanger avec eux sur notre plan de développement stratégique, sur notre stratégie de financement», affirme-t-il. «Nous accompagnons les opérations de transports à travers des faîtières et pour la fourniture des véhicules, ce sont des concessionnaires. On a diversifié nos sources de financement. Et notre ambition est que les véhicules soient montés au Sénégal. Il y aura un fort taux de participation du secteur privé national. Ce qui va nous permettre de capter le contenu local», souligne M. Diaw,
Par Amadou MBODJI – ambodji@lequotidien.sn












