Le Centre d’art nomade Fotti cultures offre une formation de deux semaines aux métiers du cinéma. La formation, destinée aux jeunes talents issus des régions de Thiès, Saint-Louis, Louga, Ziguinchor et Kolda, sera axée sur le jeu d’acteurs et la réalisation.
Par Khady SONKO – «La culture n’est plus un amusement, mais un facteur important de l’économie de ce pays.» C’est la conviction de Ives Préira, président de Fotti cultures. Ce Centre d’art nomade est en résidence-formation à Ziguinchor pour 14 jours durant lesquels 14 jeunes aspirant à être des acteurs, réalisateurs ou scénaristes, vont bénéficier de l’encadrement à travers deux modules de deux formateurs professionnels, en l’occurrence Oumar Diolo, acteur belgo-sénégalais, et Django Schrevens, réalisateur-scénariste. «Nous sommes en résidence à Ziguinchor, notre troisième résidence qui a sélectionné 14 jeunes venus de Thiès, Saint-Louis, Louga, Ziguinchor et Kolda, grâce à la coopération mixte de partenariat entre l’Etat du Sénégal et la Wallonie-Bruxelles», explique Ives Préira, président de Fotti cultures.
Une partie des participants va recevoir un jeu d’acteurs qui sera dirigé par Oumar Diolo et l’autre module sur le scénario et la réalisation sera enseigné par Django. «Ils vont essayer d’associer ces deux modules pour à la fin produire des capsules pour acter cette résidence-formation», a expliqué le président de Fotti. A en croire Ives Préira, la scène des arts a été l’une des premières activités de son association. «De 2008 à 2016, on a formé des jeunes parce que beaucoup d’entre eux s’activaient dans les arts de la scène, mais apparemment manquaient de formation. Par envie ou volonté, ils s’y adonnaient sans beaucoup d’outils. Nous avons fait des productions, des mises en scène avec ceux qui ont tourné et participé à des festivals. On a eu une production Xar Yalla qui a tourné en Belgique et d’autres aussi qui ont tourné en Belgique, en France… Ce qui prouve qu’encadrés, les jeunes peuvent produire quelque chose», a développé M. Préira.
Il se désole qu’on ne donne plus assez d’importance au théâtre, aux arts de la scène. «C’est peut-être dû à la concurrence de la télé-cinéma qui est beaucoup plus accessible actuellement que les arts de la scène. C’est un art qui ne vit pas bien, il faut le reconnaître. On a essayé d’apporter des solutions. Cela a donné parce que parmi les jeunes qu’on a formés, il y en a qui œuvrent à l’étranger et tournent avec des compagnies mondialement connues», fait-il savoir.
Depuis 2017, constate-t-il, le cinéma, à travers les séries télé, a connu une émergence importante. Cela a attiré beaucoup de jeunes, mais ils manquent d’outils pour être professionnels. Cet intérêt des jeunes pour cet art a poussé Fotti à apporter la même expérience qu’au niveau du théâtre. C’est ainsi que l’association a trouvé des professionnels de la Belgique et du Sénégal pour encadrer des jeunes.
Depuis 2018, Fotti cultures œuvre dans la formation de jeunes qui s’activent autour de la culture. Depuis 2017, l’association s’est consacrée dans le cinéma et l’audiovisuel et a formé 80 jeunes dans les métiers du cinéma et de l’audiovisuel. Des réalisateurs, des techniciens, des cadreurs, des acteurs, des scénaristes… Amadou Touba Coly, Conseiller municipal et représentant du maire, a magnifié l’initiative de Fotti cultures qui, à travers cette formation, participe au développement de la région de Ziguinchor.
ksonko@lequotidien.sn












