C’est une enquête qui secoue l’hôpital de Tivaouane. Menée par des services du ministère des Finances, venus après le passage d’une commission d’audit, elle a installé un malaise au cœur de la structure hospitalière en vue d’élucider cette affaire de sous. Le «principal maillon de la chaîne» aurait été identifié. Il aurait agi «avec de fausses écritures comptables, une falsification de factures et un gonflement de chiffres au niveau du service social». Pour élucider cette malversation qui affecte le bon fonctionnement dudit établissement sanitaire, toutes les procédures et formalités administratives auraient été respectées par la direction de l’hôpital, en parfaite intelligence avec les services du ministère des Finances.
Un détournement qui en dit long sur «les moments sombres que vit Tivaouane du fait de l’état chaotique de l’hôpital Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh, qui a un pied dans la tombe, parce que très mal géré», à en croire les populations de la Cité de Maodo, qui n’ont jamais cessé d’exiger «le relèvement de l’infrastructure sanitaire de niveau 1 à un niveau 2». Les syndicalistes de l’hôpital ont toujours crié leur ras-le-bol face à leurs «dures conditions de travail», jusqu’à, parfois, observé des arrêts de travail pour dénoncer «l’agonie» dans laquelle se débat leur «maison». On se rappelle que dans un passé récent, les membres du Conseil communal de la jeunesse de Tivaouane et du Collectif «Tivaouane debout» étaient descendus en masse dans la rue pour manifester contre «l’état dans lequel se trouve l’hôpital Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh de la cité religieuse». Des jeunes qui, en plus de réclamer une «subvention exceptionnelle pour régler les dettes et donner un nouveau souffle à cet hôpital», avaient exigé un «audit financier et technique de la gestion de l’infrastructure sanitaire, de fond en comble». Une marche de protestation contre «la mauvaise gestion de l’hôpital, malgré le changement de direction», selon Cheikh Tidiane Diouf, porte-parole du Conseil communal de la jeunesse de Tivaouane et du Collectif «Tivaouane debout».
Auparavant, l’Intersyndicale des travailleurs de l’hôpital, regroupant le Sutsas, le Syntras et le Sames, avait dénoncé «une absence totale de kit césarienne dans la maternité de l’hôpital, un manque de sang ayant entraîné un taux de mortalité maternelle très élevé, aussi une absence de cabine d’hospitalisation, en plus des évacuations payantes avec l’ambulance dudit établissement». L’intersyndicale s’était offusquée des «analyses sanguines des patients de l’hôpital Dabakh, qui s’effectuent dans le Centre de santé de Tivaouane alors que cela devrait être l’inverse. Car au niveau de notre laboratoire, il y a rupture récurrente de réactifs». En plus du fait que l’hôpital, jusqu’à un passé récent, ne disposait pas de banque de sang, au bloc opératoire, «les travailleurs ne bénéficiaient pas de respirateur fonctionnel, encore moins de ventilation. Il n’y a pas de bonnet, ni de masque, encore moins de gants d’examen», avaient décrié les blouses blanches, remarquant, en même temps, «l’absence totale d’asepsie, de produits d’urgence». Les travailleurs de poursuivre que «l’hôpital ne dispose pas de salle de réanimation alors qu’il y a une rupture fréquente d’oxygène». Une situation «catastrophique qui impacte négativement le fonctionnement et la qualité des prestations», selon les travailleurs, qui soulignent les «incessantes ruptures de produits pharmaceutiques, de médicaments, de matériels médicaux, de maintenance, en plus des ruptures de produits d’entretien, de fournitures de bureau, d’imprimes et de registres, qui ont fini de plomber et de tuer les activités de l’hôpital». Le tout avec «un plateau technique réduit à sa plus simple expression».
Par Cheikh CAMARA – Correspondant











