Accueil Actualités Pour leur intégration dans la Fonction publique : Les décisionnaires mettent la...

Pour leur intégration dans la Fonction publique : Les décisionnaires mettent la pression sur l’Etat – Lequotidien

0

Le quotidien et la retraite des enseignants décisionnaires sont faits de galères et «d’injustices» du point de vue de la carrière, des rémunérations, alors qu’ils sont assujettis aux mêmes tâches et astreints aux mêmes résultats que leurs collègues fonctionnaires.

Par Amadou MBODJI – Les enseignants décisionnaires continuent de dénoncer leur non-intégration dans la Fonc­tion publique, au moment où certains d’entre eux totalisent plus d’une décennie de service. Alors qu’il y a d’autres qui ont pris leur retraite en gardant ce statut et peinent à joindre les deux bouts à une période où la cherté de la vie étouffe les ménages. «Lorsque le décisionnaire va à la retraite, il n’a plus droit à une imputation budgétaire. Donc, il ne pourra plus se prendre en charge ni prendre en charge sa famille. Un décisionnaire à la retraite peut attendre 14 mois avant d’obtenir sa pension de retraite. Au sortir de celle-ci, il ne recevra qu’un mois : point de rappel», expose Amadou Camara Diène, coordonnateur des enseignants décisionnaires, qui animait une conférence de presse avec ses autres camarades à Pikine. Il cite le cas d’un collègue vivant à Ziguinchor, qui a décroché : «Il court toujours après sa première pension depuis 15 mois. Présentement, il a été attrait en Justice par le commerçant qui lui fournissait le ravitaillement.» Ce n’est pas «banal». C’est le quotidien de ces enseignants, qui font le même travail que leurs autres camarades fonc­tionnaires. Mais, ils n’ont pas les même droits et avanta­ges, car ils ne peuvent pas être intégrés dans la Fonction pu­blique à cause d’un critère d’âge.

Irrité par cette situation, Amadou Camara Diène partage aussi les souffrances d’une collègue à Diourbel. «Elle a attendu sa pension pendant plus de neuf mois et lorsqu’elle l’a reçue, a constaté non seulement que les mois d’attente sont passés par pertes et profits, mais elle s’est retrouvée avec 63 mille francs. Elle est présentement clouée au lit : victime d’un Avc.» Amadou Camara Diène, qui enchaîne les exemples, n’est pas au bout de ses plaintes et complaintes : «Nous sommes déjà très en retard du point de vue carrière et sommes encore désavantagés par rapport à nos collègues fonctionnaires, alors que nous sommes assujettis aux mêmes tâches et astreints aux mêmes résultats. Une collègue qui a fait 22 ans de service se retrouve sous les ordres de sa fille qui est plus gradée qu’elle, alors qu’elle l’a engendrée étant enseignante. Un enseignant en langue arabe, décisionnaire, qui a réussi au Cap en 2011, a reçu son diplôme en 2022. Il est à sa 20ème année. Avec une matricule de 635. Il a plus de 10 ans de retard sur les matricules 720. L’enseignant décisionnaire ne reçoit pas de rappel, car son acte de Cap est pris en charge à compter de la date de signature, même si l’acte sort 10 ans plus tard.» Ce n’est pas tout : «les dossiers des enseignants décisionnaires sont bloqués à la Fonction publique depuis plus d’un an, sous prétexte que les autorités, sensibles à cette injustice que vivent ces enseignants, vont apporter des correctifs à notre situation. Le décret annoncé par le ministre de la Fonction publique à l’Assemblée nationale et qui doit corriger ces disparités, cette injustice, tarde à voir le jour. Or, cela fait plus de 6 mois qu’on nous chante que sa signature par le président de la République était imminente», déplorent les enseignants décisionnaires.

Aujourd’hui, ils ont décidé de joindre leur force à celle du Collectif des enseignants du recrutement spécial (Cers) et des contractuels «pour exiger le reversement dans le corps des fonctionnaires et l’unification des deux systèmes de retraite que sont l’Ipres et le Fnr».
ambodji@lequotidien.sn

Article précédent#Diamniadio – Après cinq ans d’exécution : Le projet Passerelles étale ses performances – Lequotidien
Article suivantLe Burkina Faso réquisitionne 200 kg d’or d’une mine canadienne pour « nécessité publique »

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici