Au Sénégal, la mortalité maternelle est estimée à 236 pour 100 mille naissances vivantes, soit 4 décès par jour. En ce qui concerne le taux de mortalité néonatale, elle est estimée à 23 pour 1000 naissances vivantes, le taux de mortalité infantile à 37 pour 1000 naissances vivantes et le taux de mortalité infanto-juvénile à 51 pour 1000 naissances vivantes, selon l’Eds-Continue 2018. Ces indicateurs de santé maternelle et infantile sont encore plus inquiétants en zone rurale par rapport à la zone urbaine. D’où l’importance de cet atelier national qui a été l’occasion pour Counterpart International, une organisation non gouvernementale qui intervient dans le domaine de l’alimentation scolaire avec un volet santé-nutrition dans le projet «Sukaabe Janngo» mis en œuvre dans la région de Saint-Louis depuis quatre ans avec une extension d’une année, et ses partenaires de travailler sur une feuille de route afin d’élaborer le module de la femme enceinte intégrant la distribution de multivitamines, d’élaborer les outils de suivi-évaluation de l’activité, de mettre en place un comité de suivi de la mise en œuvre de cette activité et, enfin, de planifier les activités de formation des Ecd et des prestataires.
Mamadou Diouf, spécialiste «nutrition» du projet «Sukaabe Janngo», indique qu’une bonne nutrition contribue à l’amélioration de la scolarisation et des résultats scolaires. Les régimes alimentaires nutritifs permettant aux femmes enceintes d’avoir un bon développement de la grossesse et de réduire les complications pouvant affecter leur santé et celle de leur enfant. Les experts réunis à Thiès remarquent qu’«au Sénégal, les principales causes de la mortalité maternelle sont les hémorragies, l’Hta et grossesse associées, les infections, l’anémie, la dystocie, les avortements, le paludisme et le Vih-Sida». Il enchaîne : «En général, les causes de mortalité infanto-juvénile sont dominées par la pneumonie, les affections néonatales, la diarrhée, la méningite, la rougeole, le paludisme et les accidents traumatiques.» Sans oublier, dit-il, «la malnutrition qui est associée à un tiers (1/3) des décès chez les enfants de moins de 5 ans. Les principales carences sont celles liées au fer, qui engendrent l’anémie affectant 71% des enfants de moins de 5 ans».
De mauvaises performances liées, selon nos experts, à des «facteurs culturels, anthropologiques, socio-économiques (pauvreté) et les défauts structurels et organisationnels de notre système de santé», qui sont également «entretenues par la mauvaise qualité du suivi des femmes enceintes et la faible prévalence contraceptive qui est estimée à 27, 1% toutes méthodes confondues, et une pauvreté de l’alimentation en micronutriments tels que le fer, la vitamine A, le zinc et l’iode». Des micronutriments ciblés qui sont très bien représentés dans les Mms que Counterpart compte distribuer aux femmes enceintes à travers les points de prestation de services.
Counterpart compte contribuer à l’amélioration du capital santé de la femme enceinte, et par ricochet des enfants de moins de 5 ans, en appuyant le système de santé dans l’amélioration des indicateurs-clés tels que la couverture des Cpn, le score de diversité alimentaire, l’Ame et l’alimentation complémentaire. Aussi de relever que dans la stratégie de mise en œuvre, un nouveau complément alimentaire susmentionné vient élargir la gamme de suppléments multivitaminés pour les femmes enceintes. En projetant de faire un passage à l’échelle, le projet compte développer une stratégie de co-création pour promouvoir ce produit.
Elaborer un plan global de formation et de distribution des Mms
Les objectifs spécifiques du projet visent à «élaborer le module nutrition de la femme enceinte intégrant la distribution de Mms». Il s’agit, concernant les objectifs de la nutrition chez la femme enceinte et le protocole d’administration des Mms, d’«élaborer les outils de suivi-évaluation de l’activité», de «faire la revue des outils élaborés par Counterpart International», d’«identifier les indicateurs à cibler dans le cadre de la mise en œuvre de cette activité», de «stabiliser une version harmonisée des outils», de «mettre en place un comité de suivi de la mise en œuvre de cette activité». S’agira-t-il, plus précisément, d’«identifier les membres du Comité national de suivi du Mms», de «définir les missions du Comité national dans le cadre de cette activité», de «planifier les activités de formation des Ecd et des prestataires : co-création avec les Sfe et relais de Saint-Louis, capitalisation des bonnes pratiques, formation des Ecd des trois régions, Saint-Louis, Sédhiou et Kolda», entre autres.
Par Cheikh CAMARA – Correspondant












