Dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine, l’Union européenne a remis à la Direction générale de la Police nationale, une antenne de la Division nationale de lutte contre le trafic des migrants (Dnlt) à Saly. Point de départ et de transit des migrants, la Petite-Côte est sous haute surveillance policière.
Par Alioune Badara CISS – Dans la lutte contre l’immigration clandestine ou irrégulière, il y a le Frontex évidemment. Il y a aussi les actions menées sur place pour bloquer les candidats, à l’image de la Stratégie nationale de lutte contre l’émigration clandestine ou le Cilec et la Division nationale de lutte contre le trafic des migrants (Dnlt). Mbour, qui est une zone de départ et de transit, dispose désormais d’une antenne nationale de la Dnlt qui est construite dans l’enceinte du Commissariat de Saly. Ce bâtiment, qui a été inauguré hier par le directeur de la Police de l’air et des frontières et M. Amaury Hoste, représentant l’ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, va compléter le maillage qui est une demande des autorités sénégalaises dans le but de ralentir les expéditions vers l’eldorado européen. Pour M. Hoste, le partenariat entre l’Ue et le Sénégal est «étroit, fécond, et de longue date». «Ce partenariat existe aussi dans un domaine tout particulièrement sensible et régalien, à savoir celui de la sécurité intérieure, du contrôle et de la surveillance de ses frontières. Il est le témoignage d’une confiance entre le Sénégal et l’Union européenne et ses Etats membres, ce dont nous sommes très honorés et fiers», explique le diplomate européen. Il ajoute : «Ce partenariat s’inscrit dans une approche holistique, globale et inclusive. L’appui de l’Union européenne au Sénégal est pluridisciplinaire, puisque nous soutenons la mise en place d’une migration sûre, ordonnée et régulière pour que celle-ci s’inscrive dans une dynamique positive, qu’elle soit un moteur de développement de notre monde globalisé, un vecteur de rencontres et d’échanges dans le cadre de politiques migratoires effectives afin de répondre notamment aux aspirations légitimes de la jeunesse pour une migration légale.» Selon lui, l’objectif est surtout de lutter contre les trafiquants de migrants et non contre les migrants. Lesquels sont «les premières victimes de ces criminels, sans foi ni loi, en quête d’argent facile». «C’est dans le cadre de cette relation étroite que l’Union européenne soutient le Sénégal dans la mise en place de son dispositif de lutte contre le trafic de migrants et la traite des personnes, notamment au travers du Partenariat opérationnel conjoint, programme doté de 9 M€, près de 6 milliards F Cfa, qui arrivera à terme à la fin du mois d’avril 2023, qui nous réunit aujourd’hui (hier)», ajoute M. Hoste.
Grâce au Cop, plus de 2000 policiers, gendarmes, douaniers ont été formés ou sensibilisés à la prise en compte judiciaire du trafic de migrants et la traite des personnes. «La chaîne pénale a été consolidée aussi par des ateliers de coordination entre les Forces de sécurité et les magistrats au niveau national ou au niveau régional», précise-t-il.
Aujourd’hui, un nouveau siège pour la Direction de la Police de l’air et des frontières (Dpaf) et la Dnlt est en cours de finalisation et 4 antennes de la Dnlt ont été rendues opérationnelles au travers du Poc. «Celle de Saly, que nous inaugurons aujourd’hui (hier), ainsi que celles de Saint-Louis, Kédougou et Ziguinchor, qui seront toutes inaugurées officiellement d’ici la fin du mois. Mais ce que je viens de mentionner, ce sont juste les moyens qui ont été mis en œuvre grâce à l’appui de l’Union européenne à travers le Poc. Les résultats qui ont été atteints sont encore plus éloquents et parlent d’eux-mêmes du succès de ce partenariat étroit : 42 filières structurées de trafic de migrants par voie maritime ont été neutralisées, ainsi que 84 réseaux d’émigration illégale par voie aérienne et 3 par voie terrestre, 151 officines de fabrication de faux documents, 8 réseaux de traite de personnes ont été démantelés pour un total de 2278 individus interpellés pour 505 déférés devant la Justice sur 3 années d’activités», détaille le diplomate européen. Autant de résultats qui annoncent le maillage territorial de la Dnlt, pour renforcer la chaîne de sécurité et pénale pour mettre fin au trafic de migrants.
En écho, Mame Seydou Ndour, directeur de la Police de l’air et des frontières, note que les antennes seront composées de 5 éléments issus de la Dpaf. Selon ses dires, ils sont parfaitement formés et équipés, et seront en mesure d’agir localement en autonomie sur leurs domaines de compétence et de mener des actions d’envergure coordonnées par l’échelon central à Dakar. «Ainsi, cette construction complète le dispositif général déjà en place dans les régions, notamment à Rosso, Karang et Tambacounda, antennes qui ont également été financées à travers des projets européens. Après Saly, et tout au long du mois d’avril, trois autres antennes seront remises aux autorités policières sénégalaises, à Saint-Louis, Kédougou et Ziguinchor, pour un total de sept antennes», annonce Mame Seydou Ndour. Qui espère une adhésion des populations au projet et leur collaboration avec les Forces de défense et de sécurité pour venir à bout de ce fléau.
Alors que la fin du Poc est prévue dans quelques semaines, l’Ue est en cours de discussion pour continuer ce partenariat à travers un nouvel appui. Elle attend une réponse positive des autorités sénégalaises.
abciss@lequotidien.sn












