La Turquie retourne aux urnes dimanche pour le second tour de l’élection présidentielle qui permettra au président Recep Tayyip Erdogan, en cas de victoire, d’entamer une troisième décennie à la tête du pays.
Les électeurs votent dimanche 28 mai à 8 h (5 h GMT) en Turquie pour un second tour inédit de l’élection présidentielle, qui oppose le président sortant Recep Tayyip Erdogan au social-démocrate Kemal Kilicdaroglu. Lles premiers résultats sont attendus en début de soirée. Des files d’électeurs se sont formées avant même l’ouverture des bureaux à 8 h (5 h GMT) malgré la pluie qui s’abat, comme dans le quartier conservateur d’Usküdar sur la rive asiatique d’Istanbul où le chef de l’État a voté à la mi-journée, ont constaté les journalistes de l’AFP.
Deux visions du pays, de la société et de la gouvernance s’offrent aux 60 millions d’électeurs de Turquie. La stabilité au risque de l’autocratie avec l’hyper-président sortant, islamo-conservateur de 69 ans ; ou le retour à une démocratie apaisée, selon ses termes, avec son adversaire, un ancien fonctionnaire de 74 ans.
Les 49,5 % de voix qu’Erdogan, ancien maire d’Istanbul et musulman dévot, a recueillies au premier tour le 14 mai ont témoigné du large soutien que lui accorde, malgré l’inflation, une majorité conservatrice. Y compris dans les zones dévastées par le séisme du 6 février qui a fait au moins 50 000 morts et trois millions de déplacés.
Face à lui, Kemal Kilicdaroglu, le « demokrat dede » – le papy démocrate – comme se présente cet économiste de formation aux cheveux blancs et fines lunettes, n’a pas su capitaliser sur la grave crise économique qui plombe les ménages turcs et la jeunesse. Président du CHP – le parti de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la république – il a promis le « retour du printemps » et du régime parlementaire, de l’indépendance de la justice et de la presse.
FRANCE24












