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Sauver la République : les urgences qu’on ne peut plus ignorer Par Max

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Protestors hold a giant flag of the Senegal as they attend a rally of the Senegalese opposition at the Place de l'Obelisque in Dakar, on June 8, 2022. - Senegal's main opposition leader Ousmane Sonko said on June 7, 2022 he was determined to defy a possible ban on demonstrations on June 8, 2022 with his supporters against the rejection of his list for the upcoming legislative elections. (Photo by SEYLLOU / AFP)

Au Sénégal, les projecteurs restent braqués sur les meetings, les stratégies politiques, les silences présidentiels et les paroles enflammées.Pendant ce temps, le vrai pays continue de s’enfoncer dans des urgences qui ne se résoudront ni par un bras de fer interne, ni par des déclarations spectaculaires.
Car au-delà des passions partisanes, il existe un territoire plus vaste, plus silencieux : celui des injustices quotidiennes, des institutions fragiles, des familles qui peinent, des citoyens qui attendent la rupture promise.

Voici les chantiers essentiels, mais surtout les réformes concrètes qui pourraient enfin redonner sens à la démocratie et dignité à la Nation.

1. Justice : sortir du contrôle politique, entrer dans l’indépendance réelle
Le pays réclame une justice libre. Mais pour l’instant, elle reste prisonnière :
– de l’exécutif,
– des pressions invisibles,
– des délais interminables,
– des magistrats souvent sans moyens.
Réformes indispensables
• Abolir le pouvoir de l’exécutif sur le Conseil supérieur de la magistrature : le président ne devrait plus y siéger.
• Nomination des procureurs par une commission indépendante, sur appel à candidatures transparent.
• Limitation stricte des détentions préventives et digitalisation totale des procédures.
• Tribunal spécial pour les crimes économiques et la corruption, doté de magistrats protégés.
Une justice indépendante ne doit pas être un vœu pieux.
Elle doit devenir une architecture institutionnelle.

2. Économie : briser les rentes et redistribuer la richesse
Le Sénégal avance, mais de travers. L’économie croît, mais les ménages s’appauvrissent. Les prix flambent, les salaires stagnent, et les inégalités se creusent.
Réformes indispensables
• Politique salariale unique dans le secteur public :
plus de primes opaques, plus de disparités scandaleuses entre corps de métier.
• Révision des exonérations fiscales : mettre fin aux privilèges accordés aux grands groupes sans impact réel.
• Fonds souverain pour les jeunes financé par les revenus des ressources naturelles.
• Plan massif pour l’agriculture locale : irrigation, transformation et autonomie alimentaire.
La souveraineté économique n’est pas un slogan : c’est un budget, une stratégie et une équité nouvelle.

3. Santé : sauver les vies avant de sauver les symboles
Des hôpitaux en souffrance, des zones rurales abandonnées, des urgences débordées. Pourtant, les agents de santé tiennent debout le système par amour du métier.
Réformes indispensables
• Carte sanitaire nationale réaliste : des hôpitaux là où il y a des populations, pas là où il y a des pressions politiques.
• Modernisation urgente des plateaux techniques dans les régions.
• Recrutement national annuel automatique des médecins, sage-femmes et infirmiers selon les besoins réels.
• Agence anti-corruption dans la santé pour surveiller achats, budgets et marchés publics.
La santé doit redevenir un droit, pas une épreuve.

4. Éducation : reconstruire l’école avant de parler de révolution
Nos écoles sont les témoins les plus tristes de nos renoncements. Classes à 30 élèves, enseignants épuisés, matériel absent.
Réformes indispensables
• Plan décennal de construction d’écoles, priorisé dans les zones rurales.
• Revalorisation automatique du salaire des enseignants avec une grille équitable.
• Formation pratique obligatoire et continue pour tous les enseignants.
• Manuels scolaires gratuits et uniformes pour tous.
Aucune Nation ne peut se réinventer si son école reste cassée.

5. Corruption : le poison qui tue avant même qu’on ne s’en rende compte
La corruption n’est plus un scandale.
Elle est devenue une habitude.
Du dossier administratif au marché public, elle s’insinue partout.
Réformes indispensables
• Déclaration de patrimoine obligatoire et publique pour tous les dirigeants et hauts fonctionnaires.
• Digitalisation totale des procédures administratives : moins d’humains, moins de corruption.
• Brigade spéciale anticorruption, protégée par la loi contre les pressions politiques.
• Procès publics pour les crimes économiques majeurs.
La transparence n’est pas une option.
C’est un remède.

6. Participation citoyenne : reconstruire la démocratie par le bas
Le Sénégal vote beaucoup, mais décide peu.
Le peuple est souvent invité dans la rue, rarement dans la salle où les décisions se prennent.
Réformes indispensables
• Budgets participatifs obligatoires dans toutes les communes.
• Consultations citoyennes obligatoires avant toute grande réforme nationale.
Réformes indispensables
• Budgets participatifs obligatoires dans toutes les communes.
• Consultations citoyennes obligatoires avant toute grande réforme nationale.
• Plateforme numérique de pétition populaire, obligeant le parlement à examiner les propositions dépassant 50 000 signatures.
• Conseils régionaux citoyens composés de jeunes, de femmes, d’artisans, d’agriculteurs.
La révolution démocratique commence quand le peuple cesse d’être spectateur.

7. Déprofessionnalisation de la politique : servir, pas s’enrichir
La politique est devenue un métier rentable, un ascenseur social, un refuge pour carriéristes.
Réformes indispensables
• Limitation du cumul des mandats et du nombre de mandats successifs.
• Baisse et harmonisation des salaires et avantages des élus.
• Interdiction de nomination politique dans les directions techniques : compétence d’abord, loyauté ensuite.
• Fin des marchés publics attribués à des proches politiques.
Le pouvoir doit redevenir un devoir, pas une rente.
Conclusion : la rupture n’est pas un slogan, mais un travail
Le Sénégal n’a pas besoin d’un nouveau récit politique.
Il a besoin d’un plan de reconstruction institutionnelle.
Les meetings peuvent galvaniser.
Les silences peuvent apaiser.
Mais seuls des actes courageux peuvent transformer la vie des populations.
Si la rupture doit exister, elle doit commencer ici :
• Dans les tribunaux,
• Dans les hôpitaux,
• Dans les écoles,
• Dans les marchés publics,
• Dans les communes,
• Dans l’État.
Pas dans les discours.
La Nation attend.
Et l’histoire jugera ceux qui auront choisi l’intérêt collectif plutôt que l’intérêt politique.

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