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Sobel Azil Ngom : « Responsabiliser les jeunes », et non les considérer comme un « éternel groupe de bénéficiaires »

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(APS) – Le directeur exécutif du consortium « Jeunesse Sénégal », Sobel Azil Ngom, a insisté, lundi,  sur la pertinence pour les dirigeants politiques en Afrique de « responsabiliser davantage la jeunesse sur le continent, de plus en plus bien formée et outillée », au lieu de la considérer comme un « éternel groupe de bénéficiaires ».

« Les dirigeants politiques doivent davantage responsabiliser les jeunes qui sont de mieux en mieux formés et outillés, en leur permettant d’accéder aux cercles de décisions », a dit M. Ngom.

S’exprimant lors d’un panel en marge du neuvième Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, intitulé « dynamiques humaines et sécurité en Afrique », Sobel Aziz Ngom pense que le fait de responsabiliser la jeunesse formée et outillée devrait offrir à cette dernière  l’opportunité de « servir cette autre jeunesse gagnée par l’émigration irrégulière, l’extrémisme violent et la cybercriminalité ».

Dans un continent majoritairement jeune, Sobel Aziz Ngom estime que « ce serait dommage de continuer à voir que ses dirigeants sont de plus en plus vieillissants ».

Le directeur exécutif du consortium Jeunesse Sénégal plaide également pour une révision du droit de la mobilité entre les pays développés et ceux dits en voie de développement.

Dans une approche sémantique, il a déploré le fait que l’on appelle les Européens en Afrique des « expatriés », alors que les Africains vivant en Europe sont désignés sous le vocable de « migrants ».

« Il est plus facile pour un dealer de drogue d’un pays européen de voyager au Sénégal qu’un docteur africain en bio chirurgie de se rendre en Europe », regrette-t-il.

Se disant nostalgique de l’éducation populaire qui était en vogue en Afrique dans les années 1970, et que l’on doit réviser en fonction des réalités actuelles, M. Ngom note que « si l’école (formelle) n’est pas accessible à tout le monde, l’éducation qui constitue le levier le plus fonctionnel doit être encouragée à travers notamment des mécanismes communautaires et endogènes ».

« On est en train de faire une Afrique sans l’Afrique »

Sobel Aziz Ngom s’est également attardé sur l’importance de déconstruire certaines terminologies de la littérature occidentale sur l’Afrique et qui ne traduisent pas très souvent la réalité sur le continent.

Il en veut pour preuve le terme « Sahel » utilisé par les instances internationales en termes de sécurité et qui serait plus une » construction géopolitique qu’une réalité de terrain à laquelle les Africains ne s’identifient pas », a-t-il fait valoir.

Dans cette perspective, le directeur de l’Institut Timbuktu, Bakary Sambe, a relevé la nécessité de concilier « les approches internationales et les perceptions locales » en matière de culture de la paix et de la sécurité.

L’universitaire a déploré le fait que « des solutions soient conçues en dehors de l’Afrique, et très souvent sans les Africains ».

La sociologue Maréma Touré Thiam s’est interrogée pour sa part sur la place de l’Afrique dans le multilatéralisme.

« On est en train de faire une Afrique sans l’Afrique », fait-t-elle observer, avant de se poser la question suivante : « A quand va-t-on s’attaquer aux multitudes de solutions qui ont été ébauchées durant les dernières éditions du forum pour penser à leur mise en œuvre concrète ? »

 La question de la justice sociale en Afrique a aussi préoccupé Mme Thiam, selon qui « beaucoup pensent que la Justice n’est pas souvent juste » en Afrique.

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