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CAN 2024 : trois fois miraculée, la Côte d’Ivoire ne craint plus rien

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Au bord de l’élimination après deux défaites en phase de groupes, la Côte d’Ivoire enchaîne depuis les miracles dans sa Coupe d’Afrique à domicile. Après deux victoires arrachées au Sénégal et au Mali, les Éléphants croient plus que jamais en leur destin avant d’aborder leur demi-finale contre la RD Congo mercredi.

Où s’arrêtera cette Côte d’Ivoire ? Après avoir frôlé l’élimination lors de la phase de groupes, les Éléphants vivent miracle après miracle et sont désormais en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN).

Avant d’affronter la RD Congo, le sélectionneur par intérim Emerse Faé met toutefois en garde. Il ne faut pas s’en remettre à la grâce de Dieu pour aller plus loin : « Ce serait une erreur de réfléchir comme ça. On est conscients qu’on revient de très loin. On ne peut pas se reposer là-dessus en disant que ça va toujours passer. Il faut tout faire pour que les miracles soient de notre côté. Le miracle n’est pas tombé du ciel », avertit le néo-sélectionneur des Éléphants.

Retour sur ce chemin de croix qui permet de croire au sacre final de la Côte d’Ivoire et de son équipe de « revenants », selon l’expression du milieu de terrain Franck Kessié.

• La mort des Éléphants

Avant le temps des miracles, il y a eu le temps des doutes. Attendus par tout un peuple pour cette CAN à domicile, les Éléphants entament la compétition sous pression. Les Ivoiriens ont mis les petits plats dans les grands pour la seconde Coupe d’Afrique accueillie au pays de l’ »Akwaba » et ils attendent de leurs joueurs d’être à la hauteur de l’évènement.

Mais rien ne se passe comme prévu. Le match d’ouverture est certes remporté face à la modeste Guinée-Bissau (2-0) mais les Éléphants semblent empruntés sur le terrain. Les doutes se confirment avec la défaite face au Nigeria (0-1). Mais c’est surtout contre la Guinée équatoriale, lors du dernier match de groupes, que la Côte d’Ivoire va sombrer corps et âmes.

Ce jour-là, tout semble aller contre l’équipe de Jean-Louis Gasset. Pourtant dominateurs dans le jeu, les Éléphants encaissent un but de Nsué sur la première occasion équatoguinéene. Par deux fois, l’arbitre leur refuse les buts égalisateurs d’Ibrahim Sangaré (45ᵉ+1) et Jean-Philippe Krasso (67ᵉ). Puis la Guinée équatoriale enfonce trois clous dans le cercueil pour envoyer les Éléphants au cimetière. Score final : 4 à 0.

Les Ivoiriens vont alors devoir suivre avec angoisse les derniers matches de chaque groupe, en espérant trouver deux troisièmes moins bien classés qu’eux, et être ainsi repêchés. Et la situation est critique : ils comptent 3 points seulement, et une très mauvaise différence de but (-3).

À la sortie du match, les supporters ivoiriens interrogés n’y croient pas et surtout, ils ne veulent pas de ce repêchage. « Pour quoi faire vu cette équipe ? », nous dit l’un d’eux dans les travées du stade d’Ebimpé. Dans les vestiaires, les joueurs restent prostrés plusieurs heures et fuient la presse à leur sortie. Le sélectionneur Jean-Louis Gasset présente sa démission le soir-même.

• Le premier miracle : le repêchage grâce au Maroc

Une première lueur d’espoir pointe le bout de son nez avec le groupe B. Au jeu des meilleurs troisièmes, le Ghana sombre contre le Mozambique en encaissant deux buts dans les arrêts de jeu : ils sont troisièmes avec seulement 2 points. « Dieu est Ivoirien », soufflent plusieurs confrères locaux dans la salle de presse.

Il faut désormais attendre qu’une autre équipe troisième soit derrière. Les Ivoiriens n’ont plus qu’à espérer profiter du malheur des autres. Mais dans le groupe C, le Cameroun fait un match fou pour se sauver. Dans le groupe E, le Mali, la Namibie et l’Afrique du Sud se contentent de 0-0 qui qualifient tout le monde.

Tout semble perdu. Mais, dans le dernier match de la phase de poules, le Maroc a le bon goût de battre la Zambie (1-0), qui reste troisième de son groupe avec deux points. Les drapeaux marocains fleurissent alors dans Abidjan…

Pendant ces deux jours où les Éléphants sont en ballotage, « c’était très, très dur pour nous », se souvient Serge Aurier : « On était à l’hôtel, c’était limite si on rasait les murs pour aller manger. »

• Le miracle de Yamoussoukro : l’exploit contre le Sénégal, champion en titre

Le repêchage n’arrange pas tout. La Côte d’Ivoire se retrouve face à un très gros morceau en huitièmes de finale : le Sénégal, champion en titre, seule équipe à avoir signé trois victoires lors de la phase de groupes.

En interne, c’est le grand chambardement. Emerse Faé est annoncé comme sélectionneur intérimaire à la place de Jean-Louis Gasset mais la fédération tente dans le même temps de débaucher Hervé Renard, sous contrat avec l’équipe de France féminine. Pour la confiance, on repassera.

« On revenait de loin. Dès la qualification validée, on s’est reconcentré. On a tenté de redonner de la confiance au groupe après des jours difficiles. Il fallait faire comprendre qu’il fallait plus de solidarité et de solidité sur le terrain. Il fallait recréer la dynamique collective », explique Emerse Faé.

Cabri mort ne craint pas le couteau », dit le proverbe ivoirien. Comprendre : « Mentalement, quand tu es ressuscité comme on l’a été, il n’y a plus rien qui te fait peur, on fonce, on y va », explique Serge Aurier, un des patrons du groupe, le seul déjà champion d’Afrique en 2015, avec Max-Alain Gradel.

Pourtant le match contre le Sénégal commence très mal, la Côte d’Ivoire se fait balader par des Lions de la Téranga qui semblent évoluer trois divisions au-dessus. Habib Diallo ouvre le score d’entrée et les fans des Éléphants craignent une raclée.

Mais c’est l’inverse qui se produit. La Côte d’Ivoire, poussée par les 20 000 spectateurs de Yamoussoukro, relève la tête et combat pied à pied les Sénégalais. Tout leur réussit, y compris l’arbitrage : un penalty sur Isamaila Sarr est oublié tandis qu’un autre leur est offert, la VAR se réveillant pour corriger une erreur de l’arbitre qui croyait à une simulation de Pépé. Franck Kessié égalise sur le fil. Puis, la Côte d’Ivoire s’impose dans la séance de tirs au but.

• Le miracle de Bouaké : « découragement, n’est pas ivoirien »

Face au Mali, les Ivoiriens ont encore montré que quelque chose d’irrationnel accompagnait cette équipe. La Côte d’Ivoire a évité un penalty grâce à un hors-jeu providentiel signalé par la VAR, Yahia Fofana en a arrêté un autre…

Les Éléphants ont joué plus de 75 minutes à 10 après l’expulsion d’Odilon Kossounou sans que cela ne se ressente. Puis malgré l’ouverture du score de Néné Dorgeles, la Côte d’Ivoire pousse jusqu’au bout et arrache sa prolongation sur le gong. Avant d’éliminer le Mali sur un autre coup de gong, juste avant les tirs au but.

« Quand le Mali a manqué le penalty, on a tous eu cette force-là », décrit Oumar Diakité, auteur du but de la victoire dans le temps additionnel de la prolongation. « Ils ont mis le premier but, c’était compliqué pour la tête, mais avec mon entrée, celles de Simon Adingra (auteur de l’égalisation à la 90e) et de Sébastien Haller, on s’est dit : ‘C’est possible de faire quelque chose’ ».

Même le coach adverse s’est incliné. « Ils ont cette énergie, et parce qu’il en faut aussi dans le foot, ce petit brin de chance. Ils méritent cette demi-finale », admet Eric Chelle. « Mais la vérité est que la Côte d’Ivoire revient de très loin. »

« On a vécu des moments difficiles, surtout après le match de la Guinée équatoriale où on a reçu des insultes. On s’est senti seul, mais on a réussi à ‘switcher’ », conclut Seko Fofana. « Les champions arrivent à passer à autre chose ».

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