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4ème mandat à la tête de la FSF : Pourquoi Augustin Senghor recherche du temps additionnel ?

dakaractu

La polémique du troisième mandat est en train de changer de terrain au Sénégal. En effet, loin du champ politique, les discussions sont cette fois-ci ouvertes sur le débat faisant état d’un éventuel mandat supplémentaire du président sortant de la fédération sénégalaise de football (Fsf), Augustin Senghor.

Sauf que l’on ne parle pas d’un troisième bail mais plutôt d’un hypothétique quatrième mandat de quatre ans. Après sa récente élection en qualité de premier vice-président de la confédération africaine de football (Caf) le 12 mars 2021, qu’est-ce qui pourrait motiver ou tenter l’édile de Gorée à se maintenir sur le fauteuil présidentiel de la FSF ? Une question à laquelle dakaractu a tenté de trouver des pistes de réflexion…

Le débat du 4ème mandat : un oui mais non, sur terrain glissant…

Si officiellement Augustin Senghor n’a pas réellement fait état de sa volonté ferme de faire de ce troisième mandat, son dernier à la tête de la FSF. En coulisses, dans le cercle du monde footballistique, le bruit aurait fait le tour de plusieurs couloirs. Toujours est-il que ce qui est constant, c’est que l’édile de l’île de Gorée adopte une posture claire-obscure sur cette question.

« J’ai dit que je n’en parlerai pas maintenant. Je suis en train de travailler sur les projets de fin de mandat… Nous avons une assemblée générale ordinaire durant laquelle nous rendrons compte de la gestion de nos quatre dernières années. Pour ce qui concerne les élections, on a le temps de voir venir », avait-il lâché le 5 avril dernier, à l’émission Sports 2S. Une déclaration qui laisse la question entière.

Aucune limitation de mandat au niveau des textes de la FSF…

Au Sénégal, les statuts de la Fédération sénégalaise de football (Fsf) ne prévoient pas de limitation de mandat pour le poste de président. En d’autres termes, il est quasiment possible de se maintenir indéfiniment au poste une fois élu par l’assemblée générale. Une sorte de vide juridique ou d’oubli « consensuel » qui laisse la voie ouverte à toutes sortes de dérives.

À ce propos, les recherches menées par Dakaractu permettent de renseigner que l’article 40 des statuts de la FSF (annexe aux statuts – règlement intérieur) dispose : « Le président est élu par l’Assemblée Générale. Le mandat a une durée de quatre ans. Il commence à la fin de l’Assemblée Générale au cours de laquelle le Président a été élu et peut être renouvelé. » La question juridique est ainsi complètement prise en charge et ne saurait être agitée en l’espèce.

C’est d’ailleurs ce qu’affirme Augustin Senghor, toujours sur Sports 2S : « Il n’y a aucune opposition à ce que je me présente. Nos statuts permettent au président de la fédération de se représenter. Il n’y pas de limite de mandat. » Au moment où des dissensions et autres tiraillements sont annoncés au sein de la Fsf où des voix dissidentes se seraient élevées pour dire non à ce 4ème mandat, le doute s’installe de manière insidieuse…

Le mondial et la CAN 2022 en perspective…

Pour tenter de comprendre ladite situation, il est aussi important de poser la balle à terre afin d’avoir une lecture plus large sur les enjeux en perspective. Après douze années à se battre pour le rayonnement du football sénégalais, notamment la sélection A qui flirte de plus en plus avec le sacre continental tant attendu. Après un retour à une coupe du monde de football (Russie 2018), suite à 16 ans d’absence des Lions. Partir avant de disputer la CAN Cameroun 2022 annoncée comme celle de la consécration sénégalaise et une possible seconde participation d’affilée au mondial, serait une petite désillusion pour Augustin Senghor.

Un bilan à parachever avant de quitter le navire ?

Sous ce rapport, la tentation de rester aux commandes de la FSF apparaît comme irrésistible. Me Senghor serait-il hanté par la réalisation de cette consécration ultime ? Ce « doublé » : qualification à la coupe du monde et victoire à la CAN qui tend les bras au Sénégal.

Quid de la vice-présidence de la CAF ?

Enfin, le nouveau statut et les responsabilités qui incombent au nouveau premier vice-président de la CAF avaient laissé croire que le poste de président de la FSF allait devenir à la limite « encombrant » pour Me Senghor. Car, il devra non seulement assister de manière effective le nouveau président élu, Patrice Motsepe, mais aussi le remplacer en cas d’indisponibilité du sud-africain. Une implication totale est donc requise au sein de l’instance faitière du football africain. Reste à savoir si tout cela sera compatible. Pour l’heure, il semblerait que Saër Seck, le premier vice-président de la FSF, entende prêcher pour sa paroisse et briguer la présidence après des années d’attente.

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