L’ingénieur pétrolier sénégalais Mohamed Julien Ndao trouve ‘’assez surprenant’’ que certains pays, dont le Sénégal, n’aient pas répercuté sur les tarifs domestiques la forte hausse des prix des hydrocarbures en vigueur dans le marché mondial.
‘’La hausse des prix des produits pétroliers a été très forte. Il est donc assez surprenant que des États n’aient pas répercuté cette hausse à 100 % sur les tarifs fixés’’, a observé M. Ndao dans une interview accordée à l’APS.
Au Sénégal, le supercarburant (essence auto) est vendu à 990 francs CFA le litre, soit 70 francs de plus, le nouveau prix du gasoil étant fixé à 755 francs le litre, soit une hausse de 75 francs. Les prix des autres produits pétroliers, y compris le gaz butane et l’essence pirogue, restent ‘’inchangés’’, précise le gouvernement dans un communiqué publié samedi 15 août.
Les nouveaux tarifs sont entrés en vigueur le même jour. Une ‘’flambée mondiale’’ du baril de pétrole, survenue à la suite du ‘’conflit déclenché au Moyen-Orient le 28 février 2026’’, est la ‘’cause’’ de cette décision, selon le gouvernement.
‘’Je suis plutôt surpris par la modération de cette hausse des prix’’
Interrogé sur l’augmentation de ces tarifs au Sénégal, M. Ndao, directeur général d’Okapi Energy Group, une société spécialisée dans les solutions énergétiques et basée à Genève, tient à relever qu’‘’il n’y a eu qu’une hausse d’environ 10 %’’ des prix de l’essence et du gasoil dans le pays.
Il dit être surpris que les tarifs des produits pétroliers n’aient pas augmenté, dans certains pays dont le Sénégal, à proportion des niveaux observés dans le marché mondial.
‘’Non, très honnêtement, cette décision ne me surprend pas’’, a affirmé M. Ndao en parlant de la hausse tarifaire en vigueur au Sénégal depuis samedi 15 août.
‘’Je suis plutôt surpris par la modération de cette hausse des prix par rapport à celle du tarif du pétrole brut qui, elle, va de 80 à 100 % depuis la fin du mois de février dernier, lorsque sont survenus le conflit [opposant Israël et les États-Unis d’Amérique à l’Iran] et la fermeture du détroit d’Ormuz’’, a réagi l’ingénieur pétrolier.
Il signale que ‘’la hausse des prix des produits pétroliers a été très forte’’ dans le marché mondial.
‘’Le marché a beaucoup fluctué’’
Au Sénégal, la faible augmentation des prix de l’essence et du gasoil ‘’est en partie due au fait que les prix des produits pétroliers sont très fiscalisés’’, a expliqué Mohamed Julien Ndao.
‘’Le fait qu’il n’y ait pas eu de hausse de cette fiscalité a permis de limiter la hausse du prix réel des produits pétroliers’’, a signalé M. Ndao.
‘’Le marché a beaucoup fluctué […] On ne sait pas si les États ont entièrement répercuté les hausses, ou s’ils ont choisi de procéder à une répercussion graduelle pour éviter de trop contrarier le consommateur’’, a-t-il analysé, disant ‘’s’attendre à d’autres hausses encore, parce que le marché est monté très haut, même si depuis quelque temps il est en baisse’’.
Le directeur général d’Okapi Energy Group rappelle, en analysant toujours la hausse des prix de l’essence auto et du gasoil au Sénégal, qu’‘’il y a un choix à faire entre une fiscalité qui soit dirigée directement vers le consommateur […] et une fiscalité orientée directement vers le producteur’’.
Entre ces deux options, ‘’l’État doit savoir où mettre le curseur. S’il le met sur le consommateur, il module les taxes qui sont payées. S’il le met sur le producteur, il module les taxes qu’il va pouvoir récupérer […] Malheureusement, C’est le consommateur qui supporte très souvent le coût. Mais l’État aussi peut le supporter. Même dans ce dernier cas de figure, le contribuable est affecté aussi’’, a-t-il expliqué.
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