Le « Hollywood smile », à tout prix –
La dentition est l’une des choses remarquables chez une personne. Pour une bonne hygiène bucco-dentaire, nombre de Sénégalais, n’ayant surtout pas les moyens de voir un chirurgien-dentiste, optent, pour des raisons religieuses, hygiéniques, traditionnelles, pour le cure-dent traditionnel communément appelé « soccu ». Au Sénégal, le cure-dent ou « soccu » en Wolof est un arsenal presqu’incontournable de l’hygiène bucco-dentaire, à côté ou en plus de l’usage de dentifrices à l’aide de brosses à dents. Dans les rues, commerces, sur les étals à Dakar et un peu partout, on trouve des vendeurs de ce bout-de-bois de différentes variétés. Ce qui explique que dans les moyens de transports, dans la rue, à la maison, les lieux de culte et même dans les bureaux, le geste manuel de nettoyage des dents fait partie de la routine des Sénégalais. A l’occasion de la Journée internationale de la santé bucco-dentaire, en plus d’Oustaz Moustapha Sylla qui revient sur l’Islam et la santé bucco-dentaire, le docteur Abdou Aziz Djim et le Docteur Tamsir Samba Fall nous livrent quelques habitudes à adopter pour une bonne hygiène bucco-dentaire.
Par ADJARATOU MARIEME DIAW MBAYE (STAGIAIRE)
HYGIENE BUCCO-DENTAIRE ET BONNE HALEINE
Le « soccu », l’alternative des Sénégalais
La Journée mondiale de la santé bucco-dentaire est célébrée le 20 mars de chaque année, pour mieux attirer l’attention des populations sur l’importance de la santé bucco-dentaire. Le thème retenu pour cette édition est « Sois fier de ta bouche » qui vise à inciter davantage les populations à une meilleure préservation de notre santé bucco-dentaire. Cette date correspondant à un dimanche, le Sénégal a officiellement célébré la journée hier, lundi 21 mars 2022, un peu partout à travers plusieurs activité de sensibilisation et de plaidoyers sur la problématique.
En effet, la dentition, l’une des choses que l’on remarque en premier chez une personne, est très souvent négligée. Une négligence qui peut être source de complications. C’est pourquoi certains individus n’hésitent pas à débourser une forte somme pour avoir une dentition parfaite. D’autres, par contre, du fait des moyens limités ou d’autres raisons, ont recours aux « soccu » ou cure-dents, un bout-de-bois aux multiples vertus pas connues de tous.
Depuis belles lurettes, le cure-dent a toujours été une préférence de nos aïeux qui l’utilisaient pour une bonne hygiène dentaire, des dents fortes et sans caries. Des siècles après, l’usage de cette tige de bois persiste encore. Mieux, en raison des considérations religieuses et culturelles, le soccu a survécu aux instruments modernes de nettoyage de la bouche comme la brosse à dent, la pâte dentifrice et continuent d’attirer de plus en plus d’adeptes.
Assis devant une boutique, avec en face de lui une boite en carton remplie de bouts-de-bois de tous genres, Demba Wane, c’est son nom, la trentaine, est vendeur de « soccu ». « Je suis originaire du Fouta ; ça fait des années que j’en vends. Il y a beaucoup de variétés de cure-dents comme le ‘’siwak’’, le ‘’neb-neb’’, ‘’guro’’ (plante de cola), entre autres. Certains cure-dents viennent même de la Guinée. C’est pourquoi les prix varient entre 25 et 100 F CFA l’unité. »
Poursuivant sur les vertus de ces cure-dents, Demba Wane relève : « ils regorgent de beaucoup de bienfaits. Certains permettent de lutter contre la mauvaise haleine, le saignement de la gencive, les douleurs dentaires et permettent, dans un aspect esthétique, d’avoir des dents plus blanches. Nous avons là le « neb-neb », il très connu pour ses vertus antibiotiques, le « mattum kewël » qui, selon lui, lorsqu’il est utilisé comme cure-dent permet d’avoir toujours de l’argent par devers soi. C’est ce que j’utilise d’ailleurs », confie-t-il.
ATTENTION A L’ABUS DE CURE-DENTS, LA SENSIBILITE DENTAIRE EN EMBUSCADE
Pour les connaisseurs, le ‘’siwak’’, bâtonnet issu de la plante (bois) d’Araq qui proviendrait d’Arabie Saoudite est également très prisé car regorgeant d’innombrable vertus. D’ailleurs, à croire des vendeurs et acheteurs, c’est l’un des cure-dents qu’aimait à utiliser le Prophète de l’Islam (PSL). C’est pourquoi il est très prisé et un peu cher, par rapport aux autres.
Trouvé sur place, Mohamed fait partie de ceux qui ne peuvent s’en passer. « Je fais un mixte entre le traditionnel et le moderne. J’utilise presque tous les jours le ‘’siwak’’, de préférence. Avant et après chaque repas, je fais usage du fil dentaire suivi d’un brossage des dents. On gagne en confiance, sachant qu’on a une bonne haleine. J’ai pris l’habitude et je ne peux m’en passer. Prendre soin de ses dents, c’est aussi prendre soin de sa santé en général », déclare-t-il.
Par contre, certains qui en abusent peuvent en subir les conséquences, à l’image de Selbé Fall. « J’ai toujours utilisé le ‘’soccu’’ mais j’en ai trop abusé ; il fut des temps où j’avais une sensibilité dentaire. Et même un dentiste m’en avait interdit l’utilisation, en raison du fait que je me grattais la gencive en me nettoyant les dents ».
PLUS DE 480 MILLIONS D’AFRICAINS SOUFFRENT DE MALADIES BUCCO-DENTAIRES, SELON L’OMS
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 480 millions de personnes souffrent de maladies bucco-dentaires comme les caries dentaires, les parodontopathies et les pertes de dents, en Afrique. Une situation qui pourrait être évitée par une sensibilisation au préalable pour faire prendre conscience de l’importance de la santé bucco-dentaire et de son impact sur la santé en générale.












