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Mon expérience en maternité: Cri de cœur pour une prise en charge plus humaine dans nos hôpitaux. (Par A.S.Thiam)

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Je me suis toujours gardée d’intervenir de la sorte dans les médias et sur les réseaux sociaux. Toutefois, par devoir humain, parce que je n’ai pas le droit de me taire, je me lance.

Le 23 février 2021, j’arrive un après-midi à l’hôpital Principal, fatiguée et ai besoin de prise en charge immédiate vu mon état et les prescriptions du Dr Ibrahim Aïdibé qui m’avait suivie à la clinique de la Madeleine. Je devais accoucher ce jour et avec la prise en charge de mon mari dans cette structure. Dès que je suis venue, parce que j’avais de la fièvre et avais fait un malaise, on m’a isolée pour soit disant suivre un protocole covid. Ils m’ont fait un test 24 heures plus tard. C’était un mercredi. Ensuite, je devais attendre les résultats pour être programmée en césarienne. Alors que j’ai un dossier médical qui stipule que je ne pourrai jamais accoucher par voie basse à cause d’une prothèse. Et donc je ne dois pas attendre d’arriver à terme et entamer un travail qui me serait fatal et bébé aussi car il serait en souffrance fœtale ; ce scénario est malheureusement arrivé. Et mon calvaire a commencé ce jour. Jamais je n’ai vécu pareille souffrance de ma vie. Pour être honnête, je ne croyais vraiment plus m’en sortir. Malgré mes appels à l’aide, on se souciait plus de qui je pourrais contaminer au cas où j’étais infectée par la covid. J’étais isolée et j’étais traumatisée. Je ne dis pas que tout était mauvais dans la prise en charge car ils passaient pour vérifier la tension artérielle, le pouls etc.
Avec toujours leur arsenal de protection mais ils avaient raté dès le début l’assistance dont il me fallait car je souffrais et ils ne semblaient pas s’en préoccuper. Et justement le jeudi soir, vers 21 heures, le médecin de garde a constaté que quelque chose allait se produire s’il ne se dépêchait pas de réagir. J’étais au bord du gouffre, raide, presque absente, au summum de la souffrance et le bébé était coincé quelque part dans mon utérus dans une position très inconfortable. Tous les deux étions en danger de mort. Panique. Il fallait me préparer pour une césarienne d’urgence. En pleine soirée. Mais il fallait me réanimer un peu avec des perfusions. L’infirmière qui me préparait me suppliait presque de réagir. Elle m’informait qu’on était allé chercher les résultats du test en urgence alors qu’ils devaient sortir le lendemain. Après minuit, elle me disait que c’était négatif. Mon corps était là mais mon esprit divaguait. Je priais intérieurement de ne pas souffrir davantage avant de mourir. Un peu après 3h du matin, ce vendredi 26 février, je mettais au monde un garçon qui a été, de suite, admis au service néonatal de l’hôpital, et pendant un long moment, pour des problèmes de respiration et une malformation au cou qu’il garde encore. Al hamdou Allah. Il est vivant. Et moi aussi. Malgré tout, je remercie Allah SWT après ce parcours du combattant. Aujourd’hui, je garde des séquelles de la péridurale qui a été effectuée dans des conditions très difficiles. Peut-être une souffrance à vie. Car je n’ai de cesse de faire des traitements depuis un moment pour faire disparaître des maux qui persistent. Je n’ai plus espoir à ce niveau. Je prie et pour toutes mes sœurs à qui on peut éviter ce drame et un traumatisme à vie.
A.S.Thiam

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