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Une vie, un vécu : Serigne Mouhamadou Moustapha Ndiéguène, comme son nom l’indique – Lequotidien

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Serigne Mouhamadou Moustapha Ndiéguène, surnommé Boroom Dalling Koor, est né le 15 juin 1940 au quartier Keur Mame El Hadji à Thiès. Il est fruit de l’union sacrée que le bon Dieu a bien voulu tisser entre ses créatures El Hadji Mouhamed Ndiéguène (1890-1997) et Sokhna Aminata Diba (1904-1988). Cette dernière nommée était une femme vertueuse, un exemple achevé de la piété dévouée. Elle suscitait l’espoir de par son comportement exemplaire. Serigne Mouhamadou Moustapha porte le nom du Prophète Seydouna Mouhamad (Paix et Salut sur lui, sa famille et ses compagnons). Son père (Mame El Hadji Mouhamed Ndiéguène) renseigne qu’au moment de sa naissance, il était en plein culte de l’agrément de Dieu. Le Prophète lui a révélé que l’enfant qui allait naître était une sorte de récompense à telle enseigne qu’il lui recommandera qu’il fut son homonyme. Mame El Hadji Mouhamed Ndiéguène a aussi fait remarquer qu’il a vu en songe le saint Cheikh Ahmed Tidiane Chérif (Rta) lui adresser de vives félicitations pour le bienfait incommensurable que le Tout-Puissant venait  de lui accorder. Cet état de fait justifie l’acte posé par El Hadji Mouhamed Ndiéguène.

Ceci fait que de sa naissance à son rappel à Dieu, le guide spirituel a été accompagné par son homonyme qu’est le Grand Prophète (Psl). Faudrait-il le rappeler, c’est dès son enfance que les gens ont commencé à se faire une idée de ce qu’il allait devenir. Contrairement à la majeure partie de ses semblables, il n’a pas emprunté le même chemin que les enfants de son âge. Il ne s’est pas prêté aux jeux d’enfant. C’est dès sa naissance qu’il est devenu adulte. Il a eu très tôt une orientation de piété à nulle autre pareille.

Tous ses actes et paroles se résumaient au suivi des préceptes de l’islam. Il faisait 100 rakkas chaque nuit et priait systématiquement sur le Prophète (Psl), qu’un jour son père et guide (Mame El Hadj Mouhamed Ndièguène) l’appela pour lui donner un nom de Dieu. Il déclare que ce fut la nuit où il le prononça qu’il gravit des échelons insoupçonnés dans la voie de Seydina Cheikh Ahmed Tidiane Chérif (Que Dieu l’agrée). Déjà à l’âge de 14 ans, il a vu pour la première fois le Prophète Mouhammad (Psl). Il le revit quelques années plus tard, à l’âge de 17 ans. Il aura consacré toute son existence à vouer à son créateur, un culte exclusif.

C’est son père, El Hadji Mouhamed Ndiéguène, qui l’a initié à l’apprentissage du Saint Coran. A cette période, on était en plein dans les travaux de la réalisation de la mosquée de Mame El Hadji. C’est son saint père qui lui a fait faire toutes les formations religieuses nécessaires, aussi bien au plan ésotérique que celui exotérique. Il avait l’habitude de dire à qui voulait l’entendre qu’il n’y avait pas lieu que les gens aient des appréhensions sur ses paroles et actes, car il les tenait de son père. Ce dernier n’a cessé de dire que «c’est moi qui ai façonné Moustapha. Tout ce qui est en lui porte mon empreinte». Il était comme anéanti en son père, avec qui il ne s’est jamais séparé jusqu’au moment de son pèlerinage à la Mecque, alors qu’il venait d’avoir ses 40 ans.

Serigne Moustapha Ndiéguène Boroom Dalling Koor n’avait pour seule et unique préoccupation, la construction de l’homme afin qu’il tende vers l’accomplissement à tous points de vue et au sens large du terme. Il n’est pas superfétatoire de rappeler que son homonyme, et non moins Prophète de l’islam, n’a jamais cessé de marteler qu’il est investi de la mission divine d’inculquer des valeurs et vertus cardinales à la création. C’est ce qui l’a amené à s’investir pleinement dans l’éducation de l’âme des fidèles qui lui avaient fait allégeance. Nombreuses sont les personnes qui ont pu réaliser leur souhait de s’élever à des grades de spiritualité par ses soins.

A l’âge de 17 ans, Serigne Mouhamadou Moustapha Ndiéguène eut la bénédiction de célébrer une nuit dédiée au Prophète Seydina Mouhamed (Psl).

Le Gamou de Mame El Hadji, un évènement majeur qui se bonifie au fil des ans
Il  est à rappeler que nous en sommes à la 66e édition de la célébration du Gamou dont le thème central est «l’éthique et la déontologie du Prophète Seydouna Mouhamed (Psl) : l’exemple de Serigne Moustapha Ndiéguène, le prototype du modèle mouhamadiènne». Cet événement a été tenu pour la première fois en 1957. C’est suite à la bénédiction de son père et guide, Mame El Hadij Mouhamed, que Boroom Dalling Koor célébrera le Gamou. La démarche inclusive qu’il a suivie, pour impliquer ses frères et disciples réunis dans un rassemblement (dahira) du nom de Jamahatou Tahzim Lissibiyanil Kiram, a naturellement contribué à la réussite des éditions précédentes. C’est à l’âge de 17 ans qu’il a impulsé la célébration de la naissance du Grand Prophète. L’événement lui tenait tellement à cœur qu’il s’impliquait personnellement pour la bonne tenue de tous les aspects organisationnels. Il n’avait de cesse d’exhorter les disciples à ne ménager aucun effort pour contribuer à la réussite de l’événement religieux, qu’il percevait comme une occasion, à nulle pareille, de faire des actes de dévotion pour avoir l’Agrément de Dieu.

Cette célébration était tellement importante pour la Hadara Ndiéguène qu’un jour, Serigne Moustapha, venu saluer son père à la fin d’un Gamou, ce dernier s’adressa à lui ainsi : «Moustapha, j’entends dire que le Gamou qu’on vient de célébrer est le tien. Non ! Je persiste et signe que c’est le mien. On dit que chaque fils est l’essence de son père. Eh bien tu es mon essence. Autrement dit, c’est moi, ton père, qui suis glorifié à travers ta personne. Il faudra attendre que ta progéniture grandisse, accomplisse des performances, pour qu’on sache réellement ce que tu vaux.»

Le saint homme avait l’habitude de faire remarquer à son digne héritier que c’est lui qui assure la réussite de l’événement religieux. Il lui disait que chaque édition est toujours meilleure que celle qui l’a précédée. La réalité n’a jamais démenti cette déclaration.

A la disparition de son père, Serigne Moustapha Ndièguène avait bien perpétué le legs spirituel. A l’occasion de chaque célébration du Gamou, il commençait ses activités journalières par une prière, dès l’aube, au Mausolée de son défunt père.

Au cours d’une des prières qu’il y a effectuées, il lui a fait savoir que la célébration du Gamou est un moment privilégié de ressourcement spirituel, mais aussi et surtout de la réalisation des vœux car à l’occasion, le Prophète Mouhamed (Psl) et son petit-fils, Seydina Cheikh Ahmed Tidiane Chérif (Rta), rehaussent de leur présence la célébration.

Comme l’avait prédit El Hadji Mouhamed Ndiéguène, le Gamou ne cesse de grandir et de se bonifier au fil des ans et à tous points de vue. La 66e édition, qui se profile à l’horizon, ne constituera pas une exception à la règle. Bien au contraire, Serigne Ass Mouhamed Ndiéguène, qui est le khalife naturel de son père, a fini de lui imprimer une dimension exceptionnelle. Les marmites sont réquisitionnées pour contenir les mets préparés dans les différents points de cuisson décentralisés dans le quartier et qui portent les noms des saintes femmes de Mame El Hadji Mouhamed Ndièguène dont Sokhna Amy Diba, Sokhna Amy Dia, Sokhna Marième Diop, Sokhna Bineta Faye. Au-delà de la confrérie, ce sont tous les musulmans de tous bords qui ont fini de s’approprier la célébration du Gamou. Il ne pouvait en être autrement car c’est pour Dieu et le salut des musulmans que El Hadji Mouhamed Ndiéguène l’a initiée. Depuis son origine, il est célébré dans la première semaine du mois de janvier. La période d’organisation n’a jamais varié, même pendant le Covid-19, il a été organisé en prenant toutes les mesures nécessaires. Cet événement phare de la famille Ndiéguène a fini d’être approprié par les disciples éparpillés dans les 4 coins du monde. La célébration du Gamou est pour eux une occasion rêvée de ne ménager ni leurs ressources financières, matérielles, morales ou physiques pour le succès de l’événement.

57 ans au service de son maître spirituel, El Hadji Mouhamed Ndiéguène 
Boroom Dalling Koor (Serigne Moustapha Ndiéguène) était très proche de son père dont il était à la fois le bras droit et le confident. Il était son aide de camp attitré. Ce qui fait qu’il avait l’habitude de soutenir, et à juste titre, qu’il n’y avait pas dans ce bas monde, quelqu’un qui connaisse El Hadji Mouhamed Ndiéguène mieux que lui-même. «Je le connais mieux ici-bas et je le connaitrai mieux que quiconque dans le monde invisible», disait-il. Son père l’aimait d’un amour viscéral, qu’il lui demandait de se garder d’avoir des amis. Ce qui n’est pas surprenant car il n’a connu que son père, avec qui il a vécu pendant 57 ans. Il ne voulait que ce que ce dernier voulait et il ne détestait que ce qu’il détestait. Quand il l’appelait, il cessait toute activité pour aller à sa rencontre. Au lendemain des Gamou, il venait lui remettre les hadiyas donnés par les disciples. Au cours d’une visite qu’il lui a rendue en compagnie des disciples (talibés), Mame El Hadji Mouhamed Ndièguène (son père) était tellement satisfait de lui qu’il lui fit savoir ceci : «Moustapha, les disciples qui t’accompagnent sont des Dalling Koor. Autrement dit, leur allégeance ne va jamais s’arrêter jusqu’à ce que nous nous retrouvions tous dans l’Au-delà. Toi, tu es le général des Dalling Koor.» Serigne Moustapha était le modèle achevé du disciple déterminé, engagé et discipliné envers son maître spirituel (son père). Il lui rendait tous les services imaginables. Quand il eut atteint un âge avancé qui l’empêchait de pouvoir s’acquitter convenablement des tâches liées à l’exercice du califat, Boroom Dalling Koor prit le relais pour les effectuer dans les règles de l’art. Partout à travers le Sénégal, il n’hésitait point à aller trouver les disciples pour les aider à conforter leur foi islamique et leur allégeance confrérique. Faudrait-il le rappeler, c’est son père qui lui a donné le Wird tidiane et toutes les autres initiations y afférentes. Mame El Hadji Mouhamed Ndiéguène lui a très tôt appris des noms de Dieu, en compagnie de son frère jumeau, Serigne Abdou Razakh Ndiéguène. Aussi bien dans ses pensées que dans ses actes, Serigne Moustapha Ndiéguène n’a jamais mis en avant, pour s’en glorifier, leur relation de père et fils. Il l’a toujours reléguée au second plan, pour privilégier la dimension du disciple accompli envers son guide. Il lui donnait tout ce dont il disposait et lui vouait une considération exemplaire. Jusqu’à ce que son père lui exprime, à haute et intelligible voix, sa satisfaction. Au nombre des témoignages les plus significatifs que son père a faits envers lui, on peut  retenir celui de 1993, le jour où il lui a rendu visite dans la nouvelle maison qu’il avait construite (Keur Guou Bèss). Ce jour-là, son père avait frappé le sol de la maison avec le bâton qu’il tenait, avant de lui faire savoir ceci : «Moustapha, sache que ton homonyme, le Prophète Mouhamed, est satisfait de toi.» Serigne Mouhamadou Moustapha Ndiéguène était d’une modestie digne d’un homme de Dieu. Aux nombreux disciples qui le sollicitaient pour la prise du Wird tidiane, il se gardait de les initier car il n’avait pas encore reçu la bénédiction de son père. Un Moukhadam du nom de El Hadji Sam Seck en informa son père, qui fut surpris par ce comportement. Il l’appela aussitôt pour lui donner l’autorisation officielle de donner le Wird (Idiaza) aux disciples qui le sollicitaient. El Hadji Sam Seck, qui était présent, ne se fit pas prier pour demander le Wird à Serigne Mouhamadou Moustapha Ndiéguène. Il était submergé par un bonheur incommensurable du privilège, qui en est bien un, d’être le premier disciple à être initié à la voie de Seydina Cheikh Ahmed Tidiane Chérif par un homme de cette dimension.
Amary GUEYE

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