La tragédie de Sikilo a réveillé la psychose des routes meurtrières au Sénégal, avec son lourd bilan de 39 morts et 101 blessés. Cependant, une tragédie peut en cacher une autre. En 2013 déjà, cette même route, si redoutée des usagers, arrachait 26 personnes à leurs familles dans des conditions quasi-similaires. L’axe Kaolack-Fatick faisant également partie des zones les plus «accidentogènes» des deux régions. Ce drame de Sikilo n’a fait que réveiller les vieux démons des Kaffrinois, puisqu’en réalité, les accidents routiers dans cette région sont monnaie courante et revêtent des causes diverses. En effet, en 2017, 16 personnes dont 5 femmes ont perdu la vie dans un accident de la circulation sur la route de Malem Hodar, à hauteur du village de Mbadianène. Un peu plus tôt cette année, au mois d’août, ce sont cinq morts et 72 blessés dans un accident à Niakhène, dans le département de Malem Hodar à Kaffrine. La liste est longue.
«Axe Dakar-Bamako ou route de la mort»
La région de Kaolack n’a rien à envier à Kaffrine en termes de létalité. Rien qu’en septembre 2021, la gendarmerie et la compagnie des sapeurs-pompiers de Kaolack avaient dénombré 231 accidents qui avaient valu 70 morts et 537 blessés. Cela est dû surtout à la fréquentation de l’axe Dakar-Bamako, passant par Kaolack, que d’aucuns considèrent comme une sorte de triangle des Bermudes. «Dakar-Bamako ou route de la mort qui enregistre 46% des accidents mortels annuels dans la partie sénégalaise», présente Serigne Mor Ndiaye. Ce long corridor, zone stratégique du commerce entre le Mali et le Sénégal, est aussi important que périlleux pour les usagers, même s’il n’est pas l’unique théâtre des accidents à Kaolack.
Par Laity NDIAYE – Correspondant











