Pour Pape Mademba Bitèye, Directeur général de la Senelec, le réajustement des prix de l’électricité était nécessaire, du fait qu’il permet de protéger les couches les plus vulnérables.
Par Dialigué FAYE – Pour l’année 2023, le gouvernement a décidé de réduire, pour environ 100 milliards de francs Cfa, le montant de la compensation tarifaire à verser à la Société nationale d’électricité (Senelec), «pour l’orienter vers les couches les plus vulnérables, donner de l’électricité aux localités qui n’en ont pas…». C’est ce qui est à l’origine du réajustement des prix de l’électricité annoncé la semaine dernière. C’est-à-dire une nouvelle grille tarifaire consacrant une hausse des prix de l’électricité applicable à compter du 1er janvier 2023 pour les clients en post-paiement et du 8 janvier 2023 pour les clients en pré-paiement.
Mais contre tenu du ciblage, 1 million 159 146 clients de la tranche sociale dont la consommation maximale ne dépasse pas 150 kwh par mois, ne sont pas concernés par cette nouvelle hausse, a précisé hier le Directeur général de la Senelec. «Le client de la tranche sociale est le plus nécessiteux. Lorsqu’il paie 15 mille francs sur sa facture, l’Etat lui accorde une subvention de 4260 francs, par contre le gros consommateur dont la facture mensuelle est de 600 mille francs Cfa, l’Etat lui alloue une subvention de 172 200 francs Cfa. Ce qui fait plus de 40 fois celle reçue par le client de la tranche sociale, la plus vulnérable, donc la plus nécessiteuse. Par conséquent, l’essentiel de la subvention était pompée par les gros consommateurs. D’où la nécessité de ce ciblage», explique Pape Mademba Bitèye. Et d’inviter ainsi les clients dont la consommation maximale ne dépasse pas 150 kwh par mois, c’est-à-dire non concernés par le réajustement tarifaire, d’aller à son bureau pour faire une réclamation, au cas où ils remarqueront une hausse sur leur facture.
M. Bitèye rappelle que le gouvernement a toujours fait le choix de soutenir le développement du secteur, en mettant le consommateur au centre de ses préoccupations, surtout les plus vulnérables. Il a ainsi mis en place un dispositif pour les protéger en supportant une partie de leur facture d’électricité par le biais d’une subvention.
Pour preuve, souligne-t-il, «en 2022, l’Etat du Sénégal a versé 267 milliards de francs Cfa pour soutenir les clients de la Senelec. Ces 267 milliards permettent à la Senelec de retrouver le coût réel de service qui est de 154,99 francs. Cela veut dire que sur le Kwh, le consommateur a payé 101,06 francs Cfa et l’Etat subventionne 43,93 francs Cfa pour permettre à la Senelec de retrouver son revenu qui est déterminé régulièrement par le régulateur.
C’est un mécanisme de solidarité sociale qui est une rareté dans le continent et même à travers le monde, parce que cette subvention est uniforme pour toutes les catégories de clients».
dialigue@lequotidien.sn












