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Une conduite de mesures en infraction – Lequotidien

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Le Sénégal a du mal à se départir de l’émotion dans toutes ses décisions. Les mesures annoncées pour la gouvernance du secteur des transports l’attestent à suffisance. On part d’une situation d’urgence nationale pour expliquer la rapidité avec laquelle les injonctions sont tombées. Dans un premier temps, on nous sort un texte pour interdire la transformation des véhicules de transport et la suppression des porte-bagages. On revient par la suite pour autoriser les porte-bagages avec des dimensions réduites. Ce qui dénote tout le manque de sérieux dans l’élaboration de ce travail.

Le problème des porte-bagages ne se limite pas au débordement, mais plutôt à la surcharge pondérale qui peut perturber le centre de gravité du véhicule. Alors, ce n’est pas l’épaisseur qui peut corriger ces impairs, puisqu’un chargement qui répond à la norme prescrite peut peser plus lourd que des bagages qui débordent. A mon avis, l’un n’empêche pas l’autre, il faut arriver à une suppression tout court des porte-bagages, si nous voulons régler ce secteur. La soute doit pouvoir contenir les bagages des voyageurs. En réalité, les bus veulent se substituer aux véhicules destinés au transport de marchandises, l’essentiel des surcharges est composé de marchandises convoyées pour le compte de commerçants.

Pour organiser le secteur du transport, un seul jour ne suffit pas pour statuer et produire des mesures. Il faut toute une assise basée sur des études scientifiques, impliquant tous les acteurs. Le chauffeur est le dernier intervenant dans cette filière, il faut la présence de la Douane sans qui le véhicule ne peut fouler le sol sénégalais. On ne peut pas définir une limite pour l’importation et autoriser l’entrée à toutes les pièces détachées. Pour les policiers et gendarmes qui font les contrôles routiers, il advient de renforcer leurs prérogatives pour qu’ils puissent immobiliser le véhicule en cas d’infraction grave. Les véhicules qui sont frappés par de telles fautes ne doivent pas continuer leur route, ils doivent s’arrêter jusqu’à ce que la panne soit réparée. Le simple fait de payer une contravention est certes une sanction, mais n’estompe pas la faute puisque le mal demeure toujours. L’autre mesure qui me semble inappropriée et incongrue, est le fait de faire la visite technique uniquement à Dakar. Cette pénibilité devait être épargnée aux régions par l’installation de centres techniques de vérification régionaux. Il faut imaginer la lourdeur occasionnée par le trajet, surtout pour les collectivités lointaines. De ce fait, l’Etat doit recruter des mécaniciens sur place pour qu’ils effectuent ce travail de contrôle, en attendant que les grandes villes soient dotées d’équipements appropriés. Ainsi, les sommes collectées à cette occasion vont contribuer au paiement des prestataires et à la réalisation de ces centres, une telle initiative va faire tourner l’économie locale.

L’autre mesure qui fixe l’âge du conducteur est incomplète à mon avis, puisque le permis couvre une période minimale de dix ans pour les personnes de cette catégorie d’âge. Alors que la conduite nécessite de bonnes aptitudes physiques (bonne vision, bonne mobilité, bons réflexes…), ces facultés peuvent se perdre à tout moment. On doit exiger un bilan médical au moins tous les six mois pour attester de l’état de santé du conducteur.

Ensuite, il est impératif de retirer de la circulation toutes ces voitures qui ont dépassé la durée d’amortissement établie pour le transport en commun. Cet exercice ne peut se faire qu’avec l’assentiment des transporteurs, par la proposition d’un plan de renouvellement qui commence par les plus anciens. Un fonds doit être alloué à cet effet, avec l’ouverture de lignes de crédit qui est accompagnée par des facilités de remboursement.

In fine, toutes ces propositions ne tiennent que sur une seule chose, la rigueur qui fait toujours défaut dans notre approche.
Mafally NDIAYE
ndiayedalou@gmail.com

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