Cette année encore, les journées culturelles du village d’Olo Ologa ont été des instants de retrouvailles pour les populations des deux rives du fleuve Sénégal. Pour les populations de cette localité de la Mauritanie, les journées culturelles sont une occasion de rappel des ressortissants d’Olo Ologa résidant à l’étranger et de raffermissement de leurs relations avec les populations du Sénégal. L’édition de cette année était très au féminin avec les «rewbé soubalbé» (femmes de pêcheurs) qui ont assuré les séances de «fifiré» et de «pékane».
Par Demba NIANG – Le village d’Olo Ologa de la Mauritanie voisine était le lieu de retrouvailles avec ses ressortissants venus du monde entier, mais aussi des populations voisines des deux rives du fleuve Sénégal. Ce qui était dans les premières éditions des moments de revitalisation des coutumes du village et de ressourcement des Olo Ologabé (habitants ou originaires d’Olo Ologa) de la diaspora, est depuis quelques années, devenu un rendez-vous culturel très attendu des populations des deux rives du fleuve Sénégal. Les journées culturelles de cette année sont marquées par des prestations de femmes pêcheuses à travers le «fifiré» (régate) et le «pékane» (chant traditionnel des pêcheurs du Fouta). Deux pratiques culturelles des soubalbé (pêcheurs du Fouta) jusque-là réservées aux hommes. Mais les populations d’Olo Ologa et leurs invités ont été surpris par la réussite des femmes dans leur prestation. En ouverture des journées culturelles, les spectateurs étaient conviés à la rive du fleuve pour assister au «fifiré» accompagné de «pékane» et d’incantations de pêcheurs. La première surprise a été de trouver seulement des femmes traditionnellement habillées, s’affairant sur les pirogues, et toutes avec un morceau de tissu bleu attaché aux hanches. Mais ce qui allait ensuite se produire était plus étonnant, car les hommes n’étaient pas concernés par cette prestation dont ils avaient le monopole jusque-là. Une fois le ton donné, sur une dizaine de pirogues, des femmes chantant, battant les tams-tams et maniant à merveille les rames d’un mouvement spectaculaire. D’autres femmes, restées sur la rive, étaient de la partie pour un spectacle très féminin. Sur la terre ferme, leur doyenne et encadreuse, Faty Diagne, et son groupe assuraient le «pékane», les «thiapogol» (incantations) qui accompagnent les régates des pêcheurs du Fouta. Du haut de l’estrade réservée aux spectateurs, les applaudissements et cris d’encouragement accompagnaient durant un tour d’horloge, les femmes qui ont montré leur maîtrise de ces deux prestations dont les populations du Fouta croyaient que seuls les hommes avaient le secret. Ainsi, les autres activités au programme, comme le défilé traditionnel, les prestations des chanteurs et le match de football, n’ont pas autant émerveillé les invités et les spectateurs des séances de «fifiré» et «pékane» des femmes d’Olo Ologa. Des prestations encore sur toutes les lèvres dans les localités des deux rives du fleuve Sénégal et qui ne marqueront pas, peut-être, de faire tache d’huile.
Pour rappel, toujours dans l’esprit du bon voisinage, l’édition des Journées culturelles d’Olo Ologa de cette année a été parrainée par Ndiaga Dieng, un Général de l’Armée mauritanienne originaire de Bogué, un village voisin d’Olo Ologa.
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