Un programme national d’appui à la prise en charge des enfants, des adolescents et des femmes vivant avec le Vih, pour une période de 4 ans avec un budget estimatif de 235 millions de francs Cfa pour la première année, est élaboré par le Sénégal. L’annonce a été faite hier par le Secrétaire général du ministère de la Femme, de la famille et de la protection des enfants. Mame Gor Diouf l’a fait savoir lors de la cérémonie de lancement de la Semaine nationale Femme Sida du 25 au 31 janvier 2023, à la Maison de la culture Douta Seck. Le thème retenu pour l’édition 2023 est : «Egaliser pour une meilleure prise en charge des préoccupations des enfants et des adolescents (es) face à l’infection à Vih.» «Le thème choisi cette année par les Nations unies constitue un appel à l’action des gouvernements pour accélérer la riposte contre le Vih/Sida. Il s’agit de pousser pour l’égalité. Il s’agit d’égaliser, mais il s’agit de réduire davantage les écarts et discriminations pour assurer l’accès à la prise en charge à toutes les personnes infectées. Mais il s’agit surtout d’accélérer la riposte en termes d’amélioration des actions de prévention au niveau communautaire», a déclaré Mame Gor Diouf.
«Aujourd’hui, moins d’un enfant sur 2 est dépisté et traité pour le Vih. Sur près de 4 mille enfants qui vivent avec le Vih au Sénégal, nous n’avons que 1446 qui reçoivent le traitement qui leur sauvera la vie», a indiqué la Secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida, Dr Safiétou Thiam. Elle pense qu’à quelques années de l’échéance de 2030 pour mettre fin au Sida, le thème de la journée Femme Sida incite les acteurs à se mobiliser davantage afin de réduire les énormes inégalités dans la prévention chez les jeunes filles et les adolescents. Mais aussi, dit-elle, rattraper le retard dans la prise en charge des enfants et éliminer la transmission mère-enfant.
En prélude à l’évènement, un forum dont les résultats ont fait l’objet d’un partage ce jeudi, avait réuni des relais communautaires, délégués de quartier, imams… «Dans l’atteinte des 95-95-95, des chiffres faisant état de contreperformances indiquent que 72% des Pvvih connaissent leur statut sérologique contre 35% pour les enfants, 87% des personnes vivant avec le Vih qui connaissent leur statut sérologique sont sous traitement Arv, contre 31% pour les enfants, 79% des patients sous traitement Arv ont une charge virale indétectable, contre 17% pour les enfants», a rapporté Khady Diop Kounta, Point focal au ministère de la Femme. Saluant les efforts de l’Etat, Soukèye Ndiaye, présidente du Réseau national des personnes vivant avec le Vih/Sida, a demandé encore beaucoup plus pour relever les défis face à cette maladie qui continue de faire des ravages.
Par Aliou DIALLO












