La pause a été longue, interminable même, pour les populations riveraines lourdement impactées par le chantier. C’est en effet un nouveau départ pour les travaux d’élargissement et de réhabilitation du Boulevard Maurice Guèye dans le cadre de Promovilles. Ouvriers à la tâche et machines au turbo sont perceptibles depuis quelques jours, là où tout s’était arrêté : entre les quartiers Mérina et Colobane, séparés par la Route nationale. Du rond-point Sococim à ce lieu, la chaussée de la double voie de 7 mètres avait commencé à prendre forme quelques mois après le lancement officiel des travaux en octobre 2020. Le rythme a décéléré au fil du temps, jusqu’à arriver au point mort. Aucune raison n’a été avancée, mais le constat avait ulcéré plus d’un ; les travaux étaient à l’arrêt. Mamadou, un vieil habitant de Mérina, trouvé à l’ombre d’un arbre, scrute les allers-retours sur le chantier avec grande satisfaction. «Si c’est à ce rythme que les travaux continuent, l’espoir est bien permis. Tout peut être prêt avant le début de l’hivernage. En tout cas, c’est ce que demandent les populations», a-t-il fait savoir mercredi. Pour rien au monde, il ne voudrait que les populations replongent dans les travers de l’hivernage passé. «Les désagréments ont été énormes lors de la saison des pluies. Plusieurs maisons s’étaient retrouvées inondées car avec le chantier, toutes les voies d’eau sont obstruées. Certains propriétaires ont même dû quitter leurs maisons devenues invivables à cause des eaux pluviales qui y avaient élu domicile. Ce n’est que des mois après qu’ils sont revenus. On espère ne pas revivre cette situation», a dit le septuagénaire. «Le problème est que l’entreprise qui gère la route est différente de celle chargée des canaux d’assainissement. Pour ces canaux, le travail n’avance pas et ceci est un problème majeur que les autorités doivent régler. La chaussée est importante, mais l’évacuation des eaux revêt pour nous un intérêt particulier», a répliqué Matar, qui s’est astucieusement immiscé dans notre échange avec Mamadou, son doyen d’âge, avec qui il partage le même quartier. Ils réagissaient suite aux assurances faites la veille par le ministre Samba Ndiobène Kâ, qui procédait à une visite des chantiers du boulevard et du canal de l’ouest. «Qu’on y arrive ou pas, c’est ça l’ambition. Prions qu’on puisse l’atteindre et on va se donner les moyens, mettre les bouchées doubles pour pouvoir y arriver», avait brandi comme défi le ministre Samba Ndiobène Kâ pour la finalisation, d’ici l’hivernage, des travaux du Boulevard Maurice Guèye. «Ce qui reste, c’est surtout la finalisation des travaux au niveau de l’Avenue Maurice Guèye et le canal (de l’ouest). Là aussi, l’entrepreneur nous a rassurés que ces travaux seront livrés d’ici l’hivernage parce que l’enjeu, c’est surtout de pouvoir livrer l’ensemble des chantiers d’ici l’hivernage», avait poursuivi le ministre du Développement communautaire, de la solidarité nationale et de l’équité territoriale (Mdcsnet). «Le ministre est venu et je crois qu’il a pris en main le dossier et nous souhaitons que la promesse soit tenue et que les travaux puissent être livrés avant l’hivernage au bénéfice des populations», a indiqué Sidy Mbaye, Secrétaire général de la mairie de Rufisque. «C’est un projet extrêmement important pour Rufisque et pour ses populations. Nous avions constaté la lenteur des travaux. On avait fait des correspondances de rappel pour voir qu’est-ce qui peut être fait avant l’hivernage pour que ces travaux puissent être finalisés», a poursuivi M. Mbaye, en réaction aux assurances du ministre.
Lancés en 2020 par son prédécesseur à la tête de ce département ministériel, les travaux du Boulevard Maurice Guèye (Rn1) sont à l’arrêt depuis des mois. Jusque-là, moins du tiers de la chaussée sur le boulevard de 3.5 km (avec une double voie de 7 mètres) n’a pas encore été réalisé, sans compter l’assainissement et l’éclairage pour ce projet entrant dans le cadre de Promovilles. Du rond-point du Terminus Dakar Dem Dikk au rond-point Dioutiba à l’entrée de Rufisque, rien n’est encore prêt. C’est dire que du chemin reste pour la matérialisation effective de l’ambition portée par Samba Ndiobène Kâ. Outre mesure, lui s’est voulu confiant, assurant que les moyens humains et financiers vont être mis à profit pour ce faire. Et au-delà de ceci, le Mdcsnet s’est réjoui des réalisations opérées jusqu’ici à Rufisque, mais encore de la symbolique que revêt cette ville dans le cadre de ce programme. «Il faut le rappeler pour s’en réjouir : le président de la République a lancé le programme Promovilles au niveau de Rufisque en 2016. Ça montre la posture emblématique de cette ville», a-t-il insisté. Et de poursuivre fièrement : «Au-delà de ça, dans le cadre des réalisations, au moment où je vous parle, plus de 9 km ont été réalisés, livrés et même ouverts à la circulation dans Rufisque et Bargny.»
En début de matinée, Samba Ndiobène Kâ a lancé les travaux de Promovilles dans la commune de Tivaouane Peulh Niagues. Il s’agira dans cette localité, de la réalisation de 2.3 km de voierie neuve, répartis en deux tronçons assortis d’éclairage public avec 80 candélabres pour un montant total d’1 milliard 350 millions francs Cfa.
Alioune Badara NDIAYE











