L’échafaudage de la thèse du complot, tel qu’on a jusque-là tenté de nous l’administrer, à travers attitudes, postures ou actes de certains personnages typés proches du pouvoir, pour en déduire et révéler publiquement l’identité de l’instigateur du supposé complot, même s’il tenait, ne rend pas au mot complot son sens, mais renvoie plus à un éventuel traquenard. Est-on tombé ou non dans le piège, reste l’équation à résoudre. Et il appartient et exclusivement à la Justice de démêler l’écheveau de Sweet beauty, où l’on confond allègrement viol et défloration. La posture qui consiste à clamer urbi orbi que je suis victime d’un complot, et s’y arc-bouter, peut paraître comme une acceptation du coup.
Dans toutes les sociétés du monde et depuis la nuit des temps, une accusation se règle ou à l’amiable, si les parties en conviennent, ou devant les juridictions. Il est donc illusoire, voire suicidaire pour la partie accusée, de penser qu’on peut laver l’accusation dans la violence et par la force ; cela ne peut prospérer dans aucun pays au monde. Il faut oser dire à mon ami et frère, Sonko, et ses partisans, le possible, la vérité, la voix de l’honneur, celle d’aller devant la Justice avec des arguments basiques. Le Coran nous enseigne qu’aider un ami, c’est aussi oser lui dire la vérité.
S’il n’en a pas, il faut qu’il se convainc qu’en bon croyant, le destin de l’homme n’est pas entre ses mains, il est entre celles du Tout-Puissant, l’Omniscient, l’Omnipotent, comme Il nous prévient d’ailleurs dans le Coran : «N’anticiper sur mes Décrets.»
Dans cette affaire, je ne reconnais plus mon Peuple, un Peuple éduqué et abreuvé à la bravoure, au courage des Bour Sine, de Bour Saloum, de Damel, de Alboury Ndiaye, de Aline Sitoé, de Alpha Molo Baldé, un Peuple éduqué à la sagesse et au stoïcisme de Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadji Malick et Oumar Foutiyou, descendant de ces fiers et vaillants tirailleurs sénégalais, qui aujourd’hui se tait, se voit imposer l’omerta sur la vérité, sur les dérives sociétales dans les réseaux sociaux, de peur de se faire lyncher moralement ou physiquement par une jeunesse désemparée et manipulée. Un Peuple qui laisse le champ libre à des oiseaux de mauvais augure, activistes portefaix de forces occultes, Société civile affairiste et «rentière» du catastrophisme comme dit l’autre, pour modeler sa vie, sa posture, en le tenaillant jusqu’aux entrailles.
L’heure est grave ! Pourtant, les repères pour se ressaisir et revenir à la raison ne manquent pas, et l’on n’a pas besoin d’aller loin dans le temps ou dans l’espace :
* Sur le «complot», si complot il y a, il faudrait établir en quoi il consiste, mais même dans ce cas de figure, ce ne serait pas étranger au jeu politique partout dans le monde. L’histoire récente du Président Lula est suffisamment édifiante dans ce cadre, il a été accusé, déchu, jugé, emprisonné, sans pour autant appeler à la résistance ou à brûler sa Patrie, comme le prédisent ces oiseaux de mauvais augure. Il a par la suite été acquitté, et aujourd’hui, il est réélu Président du Brésil. C’est là l’archétype du leader politique.
* Le cas Dsk est aussi digne d’intérêt en termes d’humilité, de respect pour son Peuple, mais aussi de lucidité sur les enjeux et défis du moment, où l’on ne doit jamais perdre de vue la géopolitique qui utilise comme fuel les égos démesurés et le nombrilisme, des individus et des Etats.
* Plus près de nous, le cas de notre voisin du Mali (le Burkina, le Soudan) est là pour alerter et corroborer le dicton selon lequel le pouvoir ne se ramasse pas dans la rue, le premier qui le ramasserait, se brûlerait inéluctablement les doigts. A cet égard, tous ceux qui avancent le concept de «révolution», qui fait désordre en démocratie, doivent méditer le sort de tous les leaders politiques (morts ou emprisonnés) qui avaient initié cette révolution de la rue au Mali, le désordre républicain causé et les conséquences désastreuses sur le pays.
* In fine, il faut se débarrasser de ces illusions funestes. Un pays ne peut pas brûler de l’intérieur, les crises sporadiques, même tragiques, qu’il faut tout faire pour conjurer, font aussi partie de la vie des peuples et ne peuvent empêcher la marche continue des Etats, et les exemples foisonnent dans le monde et surtout en Afrique.
Il est donc grand temps pour nous tous patriotes qui aimons ce pays, de prendre notre courage à deux mains pour nous mobiliser, pour défendre la République, défendre et renforcer les institutions de la République. Il est temps qu’on comprenne que sur cette question de Sweet Beauty, il urge de crever l’abcès qui a trop enflé au point de rendre tout le corps social malade. Il ne saurait y avoir de paix et de cohésion sociale durables en dehors d’un jugement équitable.
Que le Tout-Puissant extirpe la haine des cœurs, y répande l’amour et la tolérance, et éclaire les pensées, pour que vive l’exception sénégalaise.
Walmaakh NDIAYE
Observateur politique : la République est mon parti.











