L’Afrique doit occuper une place beaucoup plus importante dans les organisations mondiales. C’est l’un des combats de Macky Sall depuis qu’il est à la tête de l’Ua. Hier, au Sommet des gouvernements du monde à Dubaï, il a déclaré que l’Afrique doit être jugée sur ce qu’elle fait et non sur la perception que les gens ont du continent.
Pour sa dernière sortie en tant que président en exercice de l’Union africaine (Ua), Macky Sall a encore plaidé pour plus de considération envers le continent. M. Sall, qui prenait part hier au 10e Sommet des gouvernements du monde à Dubaï, estime qu’on doit juger l’Afrique sur ce qu’elle «fait et non pas sur ce que eux pensent qu’elle fait». Et le chef de l’Etat de poursuivre : «C’est un problème de perception qui est difficile à enlever de la tête des gens. Depuis quatre siècles, l’Afrique a beaucoup subi et aujourd’hui, malgré ses efforts, il y a beaucoup de facteurs qui bloquent son décollage, alors que l’Afrique a le potentiel avec ses 30 millions de km2 de superficie, 65% de terres arables du monde sur le continent, ses fleuves, la main d’œuvre, il est possible de développer du capital qui se fructifie pour le bénéfice des investisseurs et du continent.» Dans la même dynamique, il a plaidé pour un changement de perception. D’après M. Sall, «le risque n’est pas plus grand en Afrique qu’ailleurs». Ce qui renchérit, souligne-t-il, «c’est la notation. L’Afrique paie ses dettes, respecte ses engagements». Comme il a eu à le faire à plusieurs reprises, M. Sall a insisté pour des réformes dans des organisations comme l’Onu. A ce sujet, il déclare : «La gouvernance mondiale n’est pas équitable. Les 2/3 des membres des Nations unies n’étaient pas indépendants à la naissance de l’organisation. Tout un continent est absent du Conseil de sécurité. Nous menons le même combat à la Banque mondiale et au Fmi.» S’agissant du G20, le dirigeant sénégalais soutient que le combat est gagné. S’agissant de la guerre en Ukraine, Macky Sall déplore le fait qu’on «s’attarde sur nos prises de position». Pour lui, «l’Afrique n’a pas à s’aligner». Et d’ajouter : «On travaille avec toutes les parties pour la paix, car on est aussi victime de cette guerre. J’ai été à Sotchi pour parler à Poutine, qui a pris des engagements qu’il a respectés, car un mois plus tard, les graines sont sorties par la Mer noire. Nous continuons nos efforts de médiation.» La question de l’autosuffisance alimentaire a été aussi abordée par le Président Sall. Il a ainsi assuré que «l’Afrique s’organise pour être autonome sur le plan alimentaire en 5 ans».












