Si davantage de pays parviennent à éliminer les maladies tropicales négligées, il faut aussi davantage d’investissements essentiels pour maintenir les progrès accomplis, selon l’Oms. Au Sénégal, la coordonnatrice du Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées demande aussi plus d’implication des acteurs pour une mise en œuvre plus efficace du Plan stratégique national de lutte contre ces maladies.
Par Justin GOMIS – La lutte contre les maladies tropicales négligées nécessite une implication de tous les acteurs. «Nous voulons cette approche multisectorielle, surtout au niveau des régions, pour que tous les acteurs soient mieux impliqués dans la mise en œuvre du Plan stratégique national de lutte contre les maladies tropicales négligées pour la période 2022-2025, en vue d’une meilleure appropriation par tous les acteurs», assure la coordonnatrice du Programme national de lutte contre les Maladies tropicales négligées (Mtn), Ndèye Mbacké Kane. Pour elle, cette stratégie est essentielle pour une mise en œuvre plus efficace du Plan stratégique national de lutte contre ces maladies. Elle est en train de faire le tour du pays pur assurer la dissémination du Plan stratégique national de lutte contre les maladies tropicales négligées. «Les déterminants des maladies tropicales négligées sont souvent ailleurs, alors pour aller vers la mise en œuvre des orientations, il faut également l’implication des autres secteurs, notamment les secteurs de l’eau, de l’assainissement, de l’élevage et de l’éducation», poursuit Mme Mbacké.
Lors de la Journée mondiale des Maladies tropicales négligées (Mtn), célébrée le 30 janvier dernier, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) a publié un nouveau rapport de situation, intitulé Rapport sur les maladies tropicales négligées dans le monde 2023 (en anglais), qui met en lumière les progrès accomplis et les défis en matière de prise en charge des Mtn dans le monde, dans un contexte de perturbations liées au Covid-19. Selon elle, les Mtn continuent de toucher de «manière disproportionnée, les membres les plus pauvres de la communauté mondiale, principalement dans les zones où la sécurité sanitaire de l’eau, l’assainissement et l’accès aux soins de santé sont inadéquats». Bien que 179 pays et territoires aient signalé au moins un cas de Mtn en 2021, 16 pays représentaient 80% de la charge mondiale de ces maladies. A l’échelle mondiale, on estime qu’environ 1, 65 milliard de personnes ont besoin d’un traitement contre au moins une Mtn, d’après ces statistiques. «Le nouveau rapport de situation montre que le nombre de personnes nécessitant des interventions contre les Mtn a diminué de 80 millions entre 2020 et 2021, et huit pays ont été certifiés ou validés comme ayant éliminé une Mtn pendant la seule année 2022. En décembre 2022, 47 pays avaient éliminé au moins une Mtn et d’autres pays étaient en voie d’atteindre cette cible», note l’Oms, qui rappelle que les réalisations obtenues en 2021-2022 sont le résultat d’une décennie de progrès importants accomplis. Car en 2021, 25% de personnes en moins ont nécessité des interventions de lutte contre les Mtn par rapport à 2010, et plus d’un milliard de personnes ont bénéficié d’un traitement chaque année entre 2016 et 2019 grâce à des interventions de traitement de masse. «A travers le monde, des millions de personnes ont été libérées du fardeau des maladies tropicales négligées, qui maintiennent les personnes touchées dans des cycles de pauvreté et de stigmatisation», a déclaré le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Oms. «Toutefois, comme indiqué dans ce rapport de situation, il reste encore beaucoup à faire. La bonne nouvelle est que nous disposons des outils et du savoir-faire non seulement pour sauver des vies et éviter les souffrances, mais aussi pour faire en sorte que des communautés et des pays entiers soient exempts de ces maladies. Il est temps d’agir maintenant, d’agir ensemble et d’investir pour vaincre les Mtn.» D’après le rapport, il y a eu aussi un impact significatif du Covid-19 sur les interventions communautaires et sur l’accès aux établissements de santé, ainsi que sur les chaînes d’approvisionnement des produits de santé. «En conséquence, 34% de personnes en moins ont reçu un traitement contre les Mtn entre 2019 et 2020, même si une reprise générale des activités a permis une augmentation de 11% des taux de guérison en 2021, année où environ 900 millions de personnes ont bénéficié d’un traitement», avance l’Oms.
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