Accueil Actualités MAEP – Mission d’évaluation ciblée du secteur minier : Le gouvernement met...

MAEP – Mission d’évaluation ciblée du secteur minier : Le gouvernement met en place des mesures incitatives

0

Les autorités sont conscientes que l’évaluation ciblée du secteur minier procède d’une réelle volonté politique de mesurer le chemin parcouru et celui qu’il reste à faire dans ce domaine. Hier, lors du lancement officiel de la Mission d’évaluation ciblée du secteur minier au Sénégal, Mamadou Saliou Sow indique que le Sénégal a fait des progrès indéniables dans le secteur des mines, mais «d’importants défis restent à dresser, de la négociation des contrats miniers à leur mise en œuvre».

Par Ousmane SOW – «Pour une meilleure gouvernance du secteur minier, les acquis ne seront pas certes à négliger, mais les défis devront être clairement soulignés.» Mamadou Saliou Sow, ministre auprès du ministre de la Justice, chargé de la Bonne gouvernance et de la promotion des droits humains, qui a présidé hier le lancement officiel de la Mission d’évaluation ciblée du secteur minier au Sénégal, révèle que le pays a fait des progrès indéniables dans le secteur des mines. Il invoque, pour étayer cette thèse, la reconnaissance internationale au titre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie). «Mais force est de reconnaître que d’importants défis restent à dresser, de la négociation des contrats miniers à leur mise en œuvre», déclare Mamadou Saliou Sow. Pour lui, la problématique de la responsabilité des entreprises, ainsi que la question de l’impact économique et social de l’exploitation des mines pour les populations locales demeurent des sujets de réelle préoccupation. Et M. Sow d’ajouter : «Le Sénégal bénéficie d’un contexte géologique favorable, avec un potentiel minier important, apte à jouer un rôle de premier plan dans l’économie nationale.» C’est d’ailleurs, explique-t-il, dans le Plan Sénégal émergent (Pse), que le secteur minier est identifié comme l’un des moteurs de la croissance et devra constituer un véritable levier du développement économique et social. S’adressant aux auditeurs, le ministre auprès du Garde des sceaux, chargé de la Bonne gouvernance et de la promotion des droits humains, soutient : «Le gouvernement a mis en place, dans le cadre du Code minier, des mesures incitatives favorisant le développement d’un secteur minier générateur de richesses.» D’après M. Sow, des projets et programmes à fort impact sont identifiés dans le Pse, au regard de leur contribution dans la transformation structurelle de l’économie du pays. Il s’agit notamment du développement de la filière phosphate de Matam, du Projet intégré du fer de la Falémé, de l’exploration et l’exploitation de mines à ciel ouvert, de la construction d’un port minéralier à Bargny, du programme d’accélération de l’extraction de l’or dans la région de Kédougou et du zircon de la Grande-Côte, mais aussi de la promotion de la mine artisanale, pour en faire une véritable opportunité de développement social et économique. «La réalisation de ces projets programmes sera facilitée par la mise en place d’un véritable hub minier régional, faisant du Sénégal la zone de référence en matière de services miniers en Afrique de l’Ouest», note-t-il. Tout en saluant la contribution du Maep pour faire avancer l’agenda de la bonne gouvernance sur le continent africain, il espère une évaluation réussi des acteurs dans les différentes régions ciblées, notamment Thiès, Louga, Matam, Kédou­gou et Tambacounda, largement représentatives du Séné­gal minier.

Malédiction liée à l’exploitation des ressources minières…
L’évaluation ciblée, portant sur le thème : «Les ressources minières au cœur de la transformation structurelle de l’économie du Sénégal», s’inscrit, selon le Professeur Ibrahima Thioub, dans la même philosophie sur ce qui avait présidé à l’élaboration du rapport évaluation-pays, lancée le 30 janvier 2020 par le chef de l’Etat, Macky Sall.

Président de la Commission nationale de gouvernance (Cng) du Sénégal, organe du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs de l’Union africaine (Maep), Pr Ibrahima Thioub ne doute pas qu’à l’issue de l’exercice, un solide diagnostic sera établi et des remèdes proposés. «Mon optimisme s’enracine dans l’expérience récente et heureuse plus que sur l’élaboration du rapport évaluation-pays et sa mise en œuvre», souligne le Pr Ibra­hima Thioub qui place l’espoir sur le Sénégal qui, comme dans beaucoup de domaines, veut prendre le leadership dans la gouvernance des ressources pétrolières et gazières. Avant de poursuivre : «Ma conviction est forte qu’il n’y a aucune malédiction liée à l’exploitation des ressources minières en Afrique.» A en croire le président de la Cng du Sénégal, à travers l’initiative du Maep, l’Afrique doit montrer sa capacité à établir un diagnostic sans complaisance sur ces pratiques et à identifier et appliquer les remèdes les plus efficaces à la hauteur de ses moyens pour continuellement améliorer les conditions de vie de ses citoyens. Il ajoute : «Pour ce qui est du Sénégal, on peut dire que les prémices que nous avons et les résultats des organismes internationaux en la matière donnent des points favorables pour ce qui concerne l’exploitation des ressources mi­niè­res dont le Sénégal est doté et de leur contribution à la transformation structurelle de notre économie pour nous mettre sur les rampes de l’émergence.»

Embouchant la même trompette, Dr Ousmane Diallo, membre du Panel des éminentes personnalités du Maep du Sénégal, note qu’à travers cette Mission d’évaluation ciblée dont le but est d’explorer méticuleusement les questions relatives à l’examen des ressources minières au cœur de la transformation structurelle de l’économie sénégalais, «le Sénégal s’engage courageusement dans le sens des réformes du secteur au profit du plus grand nombre de Sénégalais». Aussi, il a rassuré les acteurs que, conformément au principe du Maep et à sa méthodologie, le rapport d’évaluation attendu s’appuiera sur le processus participatif et inclusif de toutes les parties prenantes. «Il sera le reflet de l’Etat, de la gouvernance de ce secteur assorti des recommandations pertinentes», ajoute Dr Ousmane Diallo. Il fait partie de ceux qui pensent que les ressources minières du continent africain doivent permettre l’édification des économies nationale, croissante, durable et diversifiée. En d’autres termes, il estime que le secteur extractif doit permettre d’enregistrer non seulement d’importants progrès économiques, mais aussi doit contribuer au développement humain et social de l’Afrique.

Article précédentUne vitre craquelée
Article suivantDette intérieure : Les entreprises ne tiennent plus !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici