Mon premier vol dans ce métier fut Auckland, en Nouvelle-Zélande. Une belle découverte portant tout le charme des baptêmes de feu. Cette ville demeure jusque-là ma destination préferée. Me revoilà ainsi, par le coup du hasard, sur la terre des Maoris, pour me remémorer mon premier vol.
La destination est toute choisie, c’est l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, située dans l’Extreme-Ouest du globe terrestre, en Océanie. Après 17 heures de vol direct à bord d’un Airbus A380, nous arrivons enfin à l’Aéroport international d’Auckland (Akl). Il est 12h 30 (Gmt+13), l’après-midi débute avec une température de 24 degrés Celsius. Alors que beaucoup de régions du monde sont en plein froid, le temps d’été est tout clément à Auckland. De par son emplacement sur le globe, les saisons en Nouvelle-Zélande, comme dans d’autres zones de l’hémisphère Sud, sont inversées, par rapport au reste du monde. Ils apprécient le soleil estival en janvier-février-mars, alors que dans d’autres régions du monde, les vagues de froid sont la règle.
Le long décalage horaire aura un sérieux impact sur le séjour. Nous resterons pour une escale de plus de deux jours. Près de 60 heures d’escale au total, le temps de bien se reposer et d’être aptes pour le même trajet au retour. C’est également un temps pour permettre à nos esprits de retrouver nos corps, après une si longue période sans avoir les pieds à terre.
Après le débarquement, nous nous dirigeons vers le service d’immigration et des contrôles. La Nouvelle-Zélande, tout comme son voisin australien, est très stricte par rapport à l’entrée de produits étrangers sur son sol, notamment les produits alimentaires. La politique sur cette question est très stricte en terre maorie. Rien d’étranger n’entre tout simplement pas par l’aéroport. Une simple pomme pourrait vous coûter une amende d’une centaine de dollars néo-zélandais. A la rigueur du dispositif, on comprend mieux comment le pays de l’ancienne Première ministre Jacinda Ardern a été à l’avant-garde dans la lutte contre la pandémie du Covid-19, en étant la région du monde la moins impactée par les ravages de cette «peste» de notre époque.
Dès la sortie du terminal aéroportuaire, le beau paysage éblouit les visiteurs. Un pays ne peut pas être autant gâté par la nature ! On dirait un paradis terrestre, tout au long du trajet vers notre hôtel. On se croirait dans une version réelle de tous les territoires de la fiction Seigneur des Anneaux de Tolkien dont une grande partie des tournages fut effectuée dans ce pays. Je peux dire à plusieurs amis que j’ai chevauché dans la Terre du Milieu de Tolkien, car la Nouvelle-Zélande transcrit, par sa nature, toute une magie du beau et d’un monde à l’extrême de tout. Ce n’est pas un hasard que les grandes productions hollywoodiennes y jettent souvent leur dévolu.
Les Néo-Zélandais sont communément appelé Kiwi et sont les maîtres du rugby. Les All Blacks, la sélection nationale, représentent aussi bien l’excellence dans le rugby que la culture des Maoris et sa rencontre avec les autres peuples et civilisations qui font la population de tout cet archipel. Pour une terre libérale et d’ouverture, la Nouvelle-Zélande est un carrefour de cultures et de religions, avec un fort respect de l’alterité. Avant le début de chaque match, les All Blacks exécutent une danse dénommée le haka, en l’honneur à leur tradition. Ce rituel fait penser au «Touss» traditionnel de nos vaillants lutteurs sénégalais, qui ont fini de faire la popularité de notre sport national. Mon champion, Tapha Guèye Gana, qui, comme on le disait, était célébré même après une défaite, exécutait le «touss» à merveille. J’ai pris la route pour Karekare lors de mon deuxième jour en Nouvelle-Zélande. Karekare est un trésor naturel à deux heures de la ville. C’est un pique-nique avec des collègues, au bord de magnifiques chutes d’eau et d’une plage au sable noir, qui s’offre à nous. La plage est recouverte de sable noir à cause de la nature volcanique de la région, avec de fréquentes éruptions. C’est au beau milieu de cette nature spectaculaire qu’on passe une belle journée d’été en plein février, jusqu’au coucher de soleil. Nous prendrons le chemin du retour vers la ville pour dîner au fameux Victoria Harbour (Port) avec un menu purement local, composé en grande partie de fruits de mer. Un détail similaire avec le Sénégal, les Kiwi n’ont pas la culture du pourboire. Le geste y est souvent vu comme exceptionnel, bien que les personnes le méritent amplement. Le pays maori est un lieu qui habite mon esprit dans tous les sens, je trouve toujours un plaisir à m’y rendre, même si c’est à l’autre bout du monde. Chasseuse d’horizon, que dire !
Par YAN / lesvoyagesdeyan@lequotidien.sn












