Depuis quelques jours, les guides religieux s’offusquent des discours violents sur les réseaux sociaux qui s’en prennent à eux. C’est un rappel à l’ordre utile dans un contexte socio-politique volatile.
Par Ousmane Sow – Ces derniers temps, les autorités religieuses sont remontées contre les attaques contre les confréries et les menaces sur la paix sociale. Si Macky Sall a soutenu devant le khalife des Layènes que «l’Etat ne faillira jamais devant ses responsabilités. Nous devons respect et considération à nos guides religieux… L’Etat fera face pour le maintien de la stabilité du pays», la situation est devenue un sujet de discours pour les chefferies religieuses, inquiétes de la montée des périls.
Lors de l’édition 2023 du Gamou annuel de Fass/Diack-sao, la famille Sy avait dénoncé les dérives des réseaux sociaux avec les risques qui pèsent sur l’espace public. «De Touba à Tivaouane, en passant par Thiénaba, la famille omarienne, Ndiassane, Yoff Layène, la famille Niassène de Kaolack, etc., partout les guides religieux ont prôné le retour vers la préservation, la consolidation de la paix, la stabilité sociale, la cohésion sociale, le vivre-ensemble, le respect mutuel entre acteurs, la confiance mutuelle», avait précisé la famille de Mame Maodo, préoccupée par la «tension politico-sociale au Sénégal», qui lance un appel à la «retenue» pour préserver la stabilité du pays. Serigne Sidy Ahmed Sy Ibn El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh Malick invite les Sénégalais à «une introspection collective avant que l’irréparable ne se produise». Pour la famille Sy, ce pays dispose d’un «patrimoine immatériel inestimable que les autres n’ont pas. Il urge de le préserver, car c’est le gage de notre stabilité sociale, de notre cohésion nationale.
La confiance mutuelle et le respect doivent être de mise dans l’espace public et privé». Au lendemain des violences de Touba et Mbacké, le porte-parole des Mourides avait soutenu que les politiciens ne «doivent pas par conséquent installer le chaos dans ce pays et prendre les autres en otage». Tout en s’interrogeant : «Pourquoi les gens ont peur maintenant de dire la vérité ?» Pour lui, «personne ne veut subir les attaques».
Pour tout le monde, les confréries sont un ciment qui renforce les relations sociologiques. Mais, les attaques contre les confréries et les guides religieux sont devenus cycliques. En 2018, Touba dénonçait cette tendance à s’en prendre aux hommes religieux. A l’époque, le ministère de l’Intérieur avait sorti un communiqué pour mettre en garde contre les outrages faits au ministère du culte.











