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Enseignement : Les décisionnaires demandent à l’Etat de régler leur situation

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Par Amadou MBODJI – Les enseignants décisionnaires continuent de dénoncer leur non-intégration dans la Fonction publique, au moment où certains d’entre eux totalisent plus d’une décennie de service. Alors qu’il y a d’autres qui ont pris leur retraite en gardant ce statut et peinent à joindre les deux bouts à une période où les consommateurs se plaignent de la cherté de la vie. «Lorsque le décisionnaire va à la retraite, il n’a plus droit à une imputation budgétaire. Donc, il ne pourra plus se prendre en charge, ni prendre en charge sa famille. Un décisionnaire à la retraite peut attendre 14 mois avant d’obtenir sa pension de retraite. Au sortir de cette période, il ne recevra point de rappel», fait savoir Amadou Camara Diène, coordonnateur des enseignants décisionnaires, qui co-animait une conférence de presse avec ses autres camarades samedi à Pikine. Citant le cas d’un collègue vivant à Ziguinchor et qui a décroché, le coordonnateur des enseignants décisionnaires soutient que ce dernier «court toujours après sa première pension, 15 mois durant. Présentement, il a été attrait en Justice par le commerçant qui lui fournissait le ravitaillement», informe Amadou Camara Diène, qui liste les difficultés auxquelles ses collègues retraités font face, en parlant du cas d’une collègue à Diourbel qui «a attendu sa pension pendant plus de neuf mois et qui, lorsqu’elle l’a reçue,  a constaté que non seulement les mois d’attente sont passés par pertes et profits, mais elle s’est retrouvée avec 63 mille francs. Elle est présentement clouée au lit : victime d’un Avc». Autre cas symbolique : «Un enseignant en langue  arabe, décisionnaire qui a réussi au Cap (diplôme qui permet à un enseignant de franchir un cap) en 2011, a reçu son diplôme en 2022. Il en est à sa 20ème année. Avec un matricule de 635. Il a plus de 10 ans de retard sur les matricules 720. L’enseignant décisionnaire ne reçoit pas de rappel car son acte de Cap est pris en charge à compter de la date de signature, même si l’acte sort 10 ans plus tard», signale-t-il. Indiquant que «les dossiers des enseignants décisionnaires sont bloqués à la Fonction publique depuis plus d’un an, sous prétexte que les autorités, sensibles à l’injustice que vivent ces enseignants, souhaitent apporter des correctifs à leur situation».

Les enseignants décisionnaires de déplorer que les membres de leur corporation «sont déjà très en retard du point de vue carrière et se voient encore désavantagés par rapport à leurs collègues fonctionnaires assujettis aux mêmes tâches et astreints aux mêmes résultats». Le décret annoncé par le ministre de la Fonction publique à l’Assemblée nationale et qui doit corriger ces disparités, cette injustice, tarde à voir le jour. Or, «cela fait plus de 6 mois qu’on nous chante que sa signature par le président de la République était imminente», déplorent les enseignants décisionnaires qui, forts de ce constat, disent avoir joint leur force avec celle du Collectif des enseignants du recrutement spécial (Cers) et les contractuels pour exiger leur reversement dans le corps des fonctionnaires et l’unification des deux systèmes de retraite que sont l’Ipres et le Fnr. Ils n’entendent pas baisser la garde tant qu’ils n’auront pas gain de cause.
ambodji@lequotidien.sn 

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