La Gambie et le Sénégal ont décidé, à l’image de l’Union européenne, de mieux encadrer les soins de santé transfrontaliers auxquels font recours les populations des deux pays qui se trouvent au niveau des frontières de ces deux pays. Une recherche, qui va durer trois ans, a été lancée hier par les autorités sanitaires des deux pays, pour pousser leur système sanitaire à prendre en compte ces soins de santé transfrontaliers.
Par Amadou MBODJI – Les populations à la frontière du Sénégal et de la Gambie sont tellement mélangées qu’elles profitent de soins de santé de part et d’autre de leur frontière. Conscientes de cet état de fait, les autorités sanitaires des deux pays ont décidé de joindre leurs capacités pour mener une recherche afin d’arriver à faire en sorte que les systèmes de santé des deux Etats puissent intégrer «la recherche de soins transfrontaliers pour les populations qui vivent au niveau de la frontière».
Le Pr Mouhammadou Sall a expliqué : «L’objet de cette étude est de fournir des éclairages scientifiques pour pouvoir mettre à la disposition des systèmes sanitaires nationaux, des politiques nationales pour les aider vraiment à répondre à cette demande.» Le directeur de l’Institut de formation et de recherche en population, développement et santé de la reproduction de l’Ucad intervenait, hier lors de l’atelier de lancement du projet, sur le développement de stratégies de coordination de l’offre de soins de santé entre la Gambie et le Sénégal. Dans son argumentaire, le professeur Mouhamadou Sall a souligné que «les soins de santé transfrontaliers sont une problématique extrêmement importante. On sait que les populations qui vivent le long de la frontière ne s’inscrivent pas forcément dans les logiques territoriales étatiques». Il s’est voulu plus clair en déclarant : «en d’autres termes, il y a des cartes sanitaires nationales, la carte sanitaire de la Gambie et celle du Sénégal, et les populations dans leur marché de soins ne regardent pas ces configurations territoriales. Elles regardent une carte de santé transfrontalière et traversent, au gré de leurs besoins, les frontières pour aller chercher des soins de part et d’autre. L’objectif de cette recherche est de faire un profilage, une typologie de cette recherche de soins transfrontaliers, mais aussi de regarder comment l’offre de soins s’ajuste à cette demande de soins transfrontaliers», avance-t-il.
Le médecin souligne que «c’est extrêmement important pour les pays qui vivent ensemble, qui cohabitent, d’aller trouver des solutions aux problèmes de santé». Le professeur Mouhamadou Sall a indiqué que l’offre de soins de santé transfrontaliers devrait arriver à satisfaire les populations des deux pays au niveau de leurs frontières, «à l’instar de ce qui se passe en Europe», en s’inspirant de l’Union européenne.
«Nous avons par exemple ce qu’on appelle la Directive 2011-24 de l’Union Européenne qui garantit, encadre la recherche de soins transfrontaliers des populations qui vivent en France et qui peuvent aller chercher des soins au niveau de la Belgique ou de l’Italie. C’est un peu l’objet de cette recherche qui va durer trois ans et au terme de laquelle les scientifiques vont apporter des éclairages pour les mettre à la disposition des systèmes de santé, pour qu’ils puissent intégrer cette question de la recherche de soins transfrontaliers pour les populations qui vivent au niveau de la frontière», a insisté le professeur Sall qui avait à ses côtés Dr Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention au ministère de la Santé.
ambodji@lequotidien.sn












