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Transports – Congrès sur les accidents routiers : Les Africains planchent un système de données fiables

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Si le nombre des accidents est chaque année plus élevé dans nos pays, les victimes et les pertes matérielles se chiffrent encore en plus grand nombre. Néanmoins, même sur les bilans, les données diffèrent selon les pays, et selon les organismes chargés de les établir. Pour se mettre d’accord, des représentants et des spécialistes venus de 23 pays d’Afrique se retrouvent à Dakar. Ils cherchent à mettre en place des systèmes de données fiables sur lesquels tous devront se mettre d’accord et en finir avec les disparités.

Par Justin GOMIS – Le bilan des accidents de la circulation tourne autour de 600 morts chaque année au Sénégal, a informé hier Aubin Jules Sagna, le Secrétaire général du ministère des Transports, qui présidait la cérémonie d’ouverture du premier Congrès régional sur les données de la mortalité routière. En dehors de ces pertes en vies humaines, ces accidents engendrent aussi des conséquences sur le plan économique. D’après Ibou Diouf, le directeur sectoriel de la Banque mondiale, «les accidents de la route font perdre au monde environ 10 pour cent du Pib mondial, qui représentent plus de 1200 milliards de dollars». Pourtant,  «l’Afrique ne compte que 2% du parc automobile mondial, mais  représente 20% des victimes des accidents de la circulation», dit-il.

Estimant que ces accidents de la route vont toujours arriver, M. Diouf pense qu’il y faut des réponses urgentes.

C’est l’un des objectifs du premier Congrès régional sur les données de la mortalité routière, qui vise à promouvoir une coopération continentale et internationale en vue de développer dans les pays africains, un système de données fiable, harmonisé et inclusif. «Cette rencontre montre à suffisance, l’engagement de nos chefs d’Etat et des partenaires techniques et financiers pour faire de la sécurité routière une préoccupation majeure de santé publique et un enjeu de développement économique et social de nos pays», a indiqué Aubin Jules Sagna. Pour  le Secrétaire général du ministère des Transports, ce congrès, qui a enregistré la participation de 23 pays africains,  doit mettre l’accent sur la fiabilité des données. Car entre experts, les données sur les accidents de la circulation suscitent souvent des contradictions. «Ils demandent souvent sur quoi ces données sont-elles fondées. Est-ce que ce sont des données qui ont eu lieu après l’accident ou est-ce qu’on doit comptabiliser les personnes qui décèdent un mois après la survenance de l’accident ? C’est pourquoi il est important d’avoir des données sur lesquelles tout le monde se met d’accord», sou­haite Au­bain jules Sagna, le Secrétaire général du ministère des Infrastructures, des transports et du désenclavement. «Nous comprenons tous qu’il serait illusoire et contre-performant de vouloir bâtir des stratégies, des plans d’actions pour la sécurité routière sans s’appesantir sur des données exhaustives et fiables capables d’éclairer fidèlement la prise de décision des responsables politiques. Cela impacterait négativement la qualité, l’exhaustivité et, in fine, la fiabilité des données. Il surviendrait, en conséquence, des politiques de sécurité routière non adaptées, des mécanismes de contrôle et de suivi/évaluation non performants», dit-il.

C’est aussi l’avis de Oumar Guèye, le Directeur général de l’Anaser. Selon ce der­nier, l’Oms a la prérogative de publier les données mondiales sur les accidents, la mortalité routière. Mais, «à chaque publication, il y a des contestations des pays à cause des écarts avec ce que les pays affichent comme statistiques officielles». A son avis, il faut une harmonisation et un système intégré pour permettre de mieux comparer. «Cela permet d’avoir des politiques communes pour atteindre les objectifs de la décennie 2021-2030, c’est-à-dire réduire de moitié les décès et blessés sur les routes à cause des accidents.» Et comme les objectifs de la première décennie ne sont pas atteints, 23 pays africains sont mobilisés pour, dit-il, «avoir les mêmes méthodes de calcul». Ce qui amène Aubin Jules Sagna a dire que  cette rencontre, qui regroupe l’essentiel de sommités techniques au niveau de la sécurité routière, permettra de savoir sur quoi se fonder pour avoir une bonne statistique, et pour bâtir une bonne politique afin de réduire les accidents en Afrique. «Après cette rencontre, nous aurons une feuille de route claire, un parchemin qui nous permettra de mettre en place, ensemble ainsi que individuellement, un plan qui aidera de s’attaquer à l’insécurité routière», juge-t-il.
justin@lequotidien.sn

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