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Réformes – Egalité de traitement entre sexes : Le rythme à son niveau le plus bas depuis 20 ans – Lequotidien

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Les réformes en faveur de l’égalité de traitement des femmes devant la loi n’ont pas atteint le niveau escompté. Un rapport de la Banque mondiale a noté le niveau le plus bas depuis 20 ans. Seulement, des progrès ont été constatés en Afrique subsaharienne, qui réalise plus de la moitié des réformes enregistrées dans le monde en 2022. 

Par Dieynaba KANE – Le rythme des réformes en faveur de l’égalité de traitement des femmes devant la loi a atteint son niveau le plus bas depuis 20 ans. C’est ce que révèle un rapport de la Banque mondiale intitulé : «Les femmes, l’entreprise et le droit.» Selon le document, cette situation «risque d’entraver la croissance économique à un moment critique pour l’économie mondiale». D’après les données, «en 2022, le score moyen mondial de l’indice produit par le rapport Les femmes, l’entreprise et le droit n’a augmenté que d’un demi-point pour atteindre 77,1 sur 100, cela signifie que les femmes ne jouissent en moyenne que d’à peine 77% des droits juridiques reconnus aux hommes». Ce qui fait dire aux auteurs du document «qu’au rythme actuel des réformes, dans de nombreux pays, une jeune femme qui entre aujourd’hui dans la vie active prendra sa retraite avant d’avoir pu obtenir les mêmes droits que les hommes».

Le rapport de la Banque mondiale fait remarquer qu’aujourd’hui, «seuls 14 pays, tous des économies à revenu élevé, ont atteint une parité juridique totale». D’après l’institution de Bretton Woods, «près de 2,4 milliards de femmes en âge de travailler dans le monde ne bénéficient toujours pas des mêmes droits que les hommes».

Or, souligne le rapport, «en comblant l’écart entre les sexes en matière d’emploi, le Pib par habitant pourrait augmenter à long terme de près de 20% en moyenne». En outre, note-t-il, «des études estiment entre 5000 et 6000 milliards de dollars les gains économiques mondiaux qui pourraient être obtenus si les femmes créaient et développaient de nouvelles entreprises au même rythme que les hommes».

Le document précise qu’en «2022, seules 34 réformes juridiques liées au genre ont été enregistrées dans 18 pays, soit le nombre le plus faible depuis 2001». Et les auteurs d’expliquer : «La plupart de ces réformes visaient à augmenter la rémunération des congés payés pour les parents et les pères, à supprimer les restrictions au travail des femmes et à imposer l’égalité de rémunération». Partant de ce fait, il est dit qu’il «faudra encore 1549 réformes pour parvenir dans l’ensemble du monde à une égalité juridique substantielle entre les sexes dans tous les domaines examinés par le rapport». Et au rythme actuel, prévient le document, «il faudrait au moins 50 ans pour atteindre cet objectif».

L’Afrique subsaharienne réalise plus de la moitié des réformes en 2022
Par ailleurs, le rapport renseigne que «les économies à revenu élevé de l’Ocde affichent actuellement le plus haut niveau d’égalité des chances économiques entre les sexes» et «les économies en développement ont continué de mener des réformes importantes». Concernant l’Afrique subsaharienne, il a été constaté «des progrès considérables l’année dernière, avec à son actif plus de la moitié des réformes enregistrées dans le monde en 2022». Selon le rapport de la Banque mondiale, «sept économies (Bénin, République du Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Malawi, Ouganda et Sénégal) ont ainsi adopté 18 changements juridiques positifs».

Cependant, malgré les grandes avancées réalisées au cours des cinq dernières décennies, le document estime que «beaucoup reste à faire dans le monde entier pour dépasser les bonnes intentions et obtenir des effets tangibles, à savoir garantir l’égalité des chances pour les femmes devant la loi. Les femmes ne peuvent pas se permettre d’attendre plus longtemps pour atteindre l’égalité, et l’économie mondiale non plus».

Il faut noter que le rap­port Les femmes, l’entreprise et le droit 2023 «passe au crible les lois et règlements de 190 pays dans huit domaines qui influent sur la participation des femmes à la vie économique : mobilité, travail, ré­mu­nération, mariage, parentalité, entrepreneuriat, actifs et retraite».
dkane@lequotidien.sn

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