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Santé – Réalisations du Centre de chirurgie cardio-pédiatrique : Plus de 1000 vies sauvées en six ans – Lequotidien

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Le résultat est spectaculaire, et mérite d’être souligné. Six ans seulement après sa création, le Centre de chirurgie cardio-pédiatrique dit Cuomo a déjà sauvé la vie de plus d’un millier d’enfants, en permettant à certains de retrouver le chemin de l’école et à d’autres de reprendre une vie normale. «Depuis 2017, le Ccpc dispose d’un plateau médical, mais également d’une expertise locale formée après des études très poussées au  Sénégal et à l’étranger, capable de prendre en charge correctement les cardiopathies les plus courantes et les plus graves. C’est une équipe rompue à la tâche, et qui a fait passer le nombre d’interventions chirurgicales de 185 en 2018 à 1148 ce 28 février 2023», s’est réjoui Cheikh Tacko Diop, le directeur du centre, d’après lequel, «le millième patient opéré, objet de la célébration, a été atteint en octobre 2022». Une prouesse qui ne pouvait pas être passée sous silence.

C’est ainsi que le Centre hospitalier de Fann a célébré, il y a 3 jours, son millième patient opéré du cœur au Centre de chirurgie pédiatrique appelé Cuomo. Une occasion pour le directeur d’exprimer à la Fondation Cuomo, à la Chaîne de l’espoir, à Mécénat Servier, à Monaco Collectif humanitaire, à la Fondation Servir le Sénégal et à ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à maintenir en vie et en bonne santé ce millier de patients sénégalais et de la sous-région atteints de maladies cardiaques, toute leur gratitude.

Avant de promettre de maintenir cette flamme allumée. Car, d’après lui, «si nous voulons développer notre pays, nous avons l’obligation de lui donner une population saine, indemne du double fardeau de maladies transmissibles et non transmissibles». A l’en croire, «les cardiopathies congénitales ou acquises de l’enfant cons­tituent un problème ma­jeur de santé publique en Afri­que subsaharienne et entraînent en outre une morbidité et une mortalité très lourdes, des couts sociaux et financiers considérables du fait de l’absence de structures spécialisées dans la prise en charge de ce fléau».

Sept millions pour une prise en charge totale
D’après le professeur Amadou Gabriel Ciss, chirurgien et cardiologue au centre Cuomo, «le premier facteur de risque de ces maladies cardiaques est lié à la consanguinité, c’est-à-dire le mariage entre parents très proches, à certaines infections durant la grossesse, par exemple la rubéole». Mais, «la majorité des causes demeurent incon­nues», précise-t-il.

D’ailleurs, c’est pour faire face à cette situation préoccupante au Sénégal que  le Centre de chirurgie cardio-pédiatrique (Ccpc) de Fann a été créé, en collaboration avec la Fondation Cuomo et la Chaîne de l’espoir. Et aujourd’hui, «il permet de faire bénéficier aux enfants sénégalais et à ceux de la sous-région, mais aussi aux adultes, d’interventions chirurgicales de très haute qualité, et de limiter les évacuations vers l’Euro­pe et le Maghreb», dit le directeur.

Au regard de ces chiffres, le directeur s’enthousiasme en disant que «le Ccpc est une réponse opportune à la menace croissante des maladies cardiaques». Cependant, il est bon de préciser que tout n’a pas été parfait. «Nous avons malheureusement eu des décès. C’est une chirurgie très compliquée que nous faisons. C’est une chirurgie où il faut arrêter le cœur, le réparer, puis le faire marcher.  Ce sont des interventions qui durent entre 7 et 8 heures. Nous avons un taux de décès qui tourne autour de 3,8%», a avoué le professeur Gabriel Ciss.

Mais d’après lui, dans les centres en Europe, le taux de décès doit être inférieur à 5%. Et au Sénégal, «nous sommes largement en-dessous du taux admis ailleurs», se glorifie-t-il. Avant d’indiquer que ce sont des opérations qui coûtent excessivement cher. «Pour ces interventions, nous faisons un forfait de 3,5 millions. Nous avons une population très démunie. Les parents donnent ce qu’ils peuvent, et le reste est compensé par la Fondation Cuomo. Mais il est bon de savoir que sur les 3,5 millions, l’intervention réelle dépasse 7 millions pour la prise en charge totale», informe-t-il, tout en remerciant les partenaires étrangers et l’Etat du Sénégal qui met beaucoup de moyens aussi pour les soutenir.

Les défis à relever 
Malgré tous les progrès, «il reste encore beaucoup de défis, notamment le renforcement des ressources humaines en faveur des populations démunies qui vivent encore les stigmates du Covid-19, l’augmentation de la capacité d’hospitalisation, la recherche de stratégie de financement innovant, mais surtout l’apurement de la liste d’attente longue aujourd’hui de 400 patients démunis, qui n’ont comme seul espoir le centre Cuomo», a énuméré Cheikh Tacko Diop.

Et c’est dans ce sens que le centre a lancé un appel à ses partenaires pour un appui des ressources additionnelles, et les aider «à prodiguer les meil­leurs soins possibles aux modestes citoyens indigents devant la maladie». La présidente, Elena Cuomo, qui s’est réjouie de ces résultats, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Après la construction de l’hôpital, elle promet d’appuyer la formation. «Ils ont besoins de consommables, de personnel et de formation, et d‘argent. Après le Conseil d’administration, nous allions évaluer les besoins. C’est à eux de nous dire de combien ils ont besoin et nous allons agir», a-t-elle assuré.
Par Justin GOMIS – justin@lequotidien.sn

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