L’affaire est partie pour être traitée en mode fast track ! Après les appels interjetés par Mame Mbaye Niang et le Parquet, via le Procureur général près la Cour d’appel de Dakar, les avocats de Ousmane Sonko nourrissent des craintes quant à l’éligibilité de leur client à la Présidentielle. «Nous avons très vite compris que la position de principe du Parquet, qui relève appel d’une décision qui oppose deux privés, c’était simplement pour essayer d’écarter quelqu’un de la course (à la Présidentielle) parce que l’appel de la partie civile, Mame Mbaye Niang, ne peut porter que sur ses intérêts civils. Seul l’appel du Parquet peut remettre en cause les dispositions pénales du jugement. Cela résulte des dispositions de l’article 503 du Code de procédure pénale», a déclaré Me Bamba Cissé, lors de la conférence de presse du pool des avocats de la défense, hier.
Faisant le parallèle avec le cas Khalifa Sall, Me Cissé de dire : «Seul cet appel peut permettre de corser la peine. On passera donc de deux à trois mois, et si on est à trois mois, Ousmane Sonko ne sera pas candidat. S’il est condamné à une amende supérieure ou égale à 200 mille francs, il ne sera plus candidat, si la Cassation confirme la position de principe du Parquet.»
Pour rappel, au sortir du procès en diffamation intenté contre le leader du parti Pastef par Mame Mbaye Niang, Ousmane Sonko avait été condamné à une peine de deux mois de prison avec sursis et à 200 millions de francs Cfa de dommages et intérêts. Un verdict qui ne satisfait pas l’ancien ministre de la Jeunesse. Alors, emmurés dans le silence depuis le verdict, précisément le 30 mars dernier, les avocats de Ousmane Sonko, en conférence de presse hier, semblent comprendre les plans cachés derrière l’appel introduit par le Parquet. Selon Me Massokhna Kane et ses confrères de la défense, le recours dont parlent leurs adversaires ne vise rien d’autre qu’à faire condamner Ousmane Sonko en appel par une augmentation de la première peine ou à défaut, le condamner à payer une amende allant de deux cents à trois cents millions de francs Cfa afin de lui faire perdre ses droits civiques.
Cependant, ces robes noires estiment que leur client n’aurait jamais dû être jugé et condamné. Dans la même dynamique, ils ajoutent aussi que le Parquet n’aurait pas dû se substituer à la partie civile, ayant le statut de ministre, pour mener les poursuites contre leur client. «Le juge Keïta aurait refusé la plaidoirie des avocats de Sonko, sauvant ainsi Mame Mbaye Niang, car la procédure aurait pu être annulée pour vice de forme», ont-ils fait savoir. D’après Me Masokhna Kane, Me Ciré Clédor est venu au procès avec trois certificats médicaux, mais le juge Mamadou Yakham Keïta a délibérément refusé de prendre en compte ces pièces, refusant ainsi de connaître les motifs de l’absence de leur client.
Dans sa plaidoirie, Me Masokhna Kane d’évoquer le cas de l’un des témoins de ce procès en diffamation, en l’occurrence Clédor Sène, qui ne sera finalement pas entendu, malgré sa présence au Tribunal de Dakar. «Clédor Sèéne était venu avec un dossier explosif», argue-t-il. Dans ce qu’ils ont qualifié de procès frappé d’une nullité absolue.
Poursuivant, Me Kane a fait savoir que la défense avait préparé une série de preuves attestant de l’existence du fameux rapport censé prouver ce supposé détournement de fonds. «Le Tribunal n’a pas visionné les vidéos versées dans le dossier», regrette Me Massokhna Kane, qui a pris rendez-vous pour la suite de ce dossier «politico-judiciaire».
Par Ousmane SOW












