Les députés de Yewwi askan wi (Yaw) se sont prononcés sur le procès en Appel entre Mame Mbaye Niang et Ousmane Sonko, qui se tiendra après demain, lundi. Mais aussi sur l’autre procès en Appel, qui se tiendra aussi le même jour, des deux députés du Pur, Massata Samb et Mamadou Niang, dans l’affaire de coups et blessures volontaires les opposant à la députée Amy Ndiaye Gniby. Apportant leur soutien à Ousmane Sonko et à leurs deux collègues du Pur, les députés de Yaw disent s’opposer à toute tentative de «liquidation» de leurs alliés par le pouvoir, lors d’une conférence de presse hier.
Par Amadou MBODJI – En plus du procès en Appel entre Mame Mbaye Niang et Ousmane Sonko, un autre se tiendra le même jour, après demain, lundi 17 avril. Il s’agit de celui des deux députés du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) et membres du groupe parlementaire Yaw, Massata Samb et Mamadou Niang. En conférence hier vendredi, les députés de Yewwi askan wi ont apporté leur soutien aussi bien à Ousmane Sonko qu’aux deux députés du Pur, Massata Samb et Mamadou Niang, en croyant dur comme fer que «ces procès n’ont pour objectif que d’empêcher Ousmane Sonko de participer à l’élection présidentielle de 2024 et récupérer les mandats de leurs collègues». «Nos collègues, Massata Samb et Mamadou Niang, ont été condamnés six mois ferme, alors que dans l’autre camp, il est permis de tout faire. Ils veulent récupérer les mandats de nos députés, et nous ne l’accepterons pas. Nous allons résister par tous les moyens pour faire face à cette oppression, à la tyrannie et à la dictature», prévient Ayib Daffé, président de la Commission scientifique de Yewwi askan wi.
Dans la foulée, la députée Yacine Ngouda Diène a invité tous les Sénégalais et militants de Yewwi à apporter leur soutien à leurs compatriotes.
«Macky Sall veut humilier trois de nos compatriotes, et nous ne l’accepterons pas. On appelle tous les Sénégalais à sortir en masse pour soutenir nos collègues députés et Ousmane Sonko», a déclaré l’honorable députée Yacine Ngouda Diène.
A propos du procès opposant Mame Mbaye Niang au leader du parti Pastef, Ayib Daffé soupçonne une volonté du pouvoir «d’exclure Ousmane Sonko de la Présidentielle» de 2024, en disant que «c’est l’Etat qui est derrière tout ça».
«Le lendemain du procès, le procureur a interjeté appel alors que c’est une affaire privée entre deux parties. C’est un complot», suspecte le député.
«On va juger les 36 milliards du Prodac. Nous avons déjà introduit des plaintes contre Mame Mbaye Niang. Les plaintes seront instruites quand le régime changera», renchérit Ayib Daffé.
«Il ne revient ni au procureur, ni à Macky Sall, ni à Mame Mbaye Niang de choisir pour les Sénégalais le président de la République en 2024. Cette prérogative revient au Peuple sénégalais», appuie-t-il. «Il faut laisser le Peuple sénégalais arbitrer. S’il y a quelqu’un qui ne peut pas participer, c’est le Président Macky Sall. Son cas est déjà réglé par l’article 27 de la Constitution», argumente-t-il.
La libération de tous les détenus politiques est ce que réclament les députés de Yewwi askan wi. Ayib Daffé, président de la Commission scientifique, de dire que la «volonté des députés de Yewwi askan wi est d’apporter une rupture à l’Assemblée», ce qui n’est pas du goût de la majorité.
«Depuis l’installation de l’Assemblée nationale, nous avons mis sur la table du gouvernement, dans le cadre du contrôle de l’action du gouvernement, 105 questions au gouvernement dont 62 questions écrites. Donc, sur ces 105 questions au gouvernement, nous n’avons reçu que 18 réponses, ce qui est très faible. Donc, il reste actuellement plus de 44 questions écrites pour lesquelles on n’a pas obtenu de réponse. Egalement, sur la table du gouvernement, 30 questions orales, jusque-là nous n’avons reçu aucune réponse. Nous avons déposé sur la table du gouvernement 12 questions d’actualité, jusque-là nous n’avons reçu aucune réponse», soutient-il. Avant de rajouter : «Et ce sont des manœuvres qui sont notamment orchestrées par le président de l’Assemblée nationale. Parce que c’est à lui de convoquer la Conférence des présidents, c’est à lui de convoquer le Bureau de l’Assemblée nationale. C’est à la Conférence des présidents de fixer l’ordre du jour et le calendrier de l’Assemblée. Depuis que la motion de censure a été déposée par les députés de Yewwi askan wi, après la Déclaration de politique générale, l’Assemblée nationale ne s’est pas réunie en séance plénière. Parce qu’il y a une volonté de la majorité, qui manipule le président de l’Assemblée, de bloquer le fonctionnement de l’Assemblée et depuis, la Conférence des présidents, qui fixe le calendrier, n’a pas été convoquée.»
ambodji@lequotidien.sn












