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Interview de l’honorable député Aminata Touré sur Rfi ce vendredi, matin

Bonjour Aminata Touré, Bonjour, vous êtes donc désormais députée, non inscrite à l’Assemblée. Alors concrètement, quand il s’agira de voter des lois, est-ce que vous serez dans la majorité ou dans l’opposition ?

Ben, c’est tout le sens d’être non inscrit, c’est d’être député du peuple, comme on dit. Tout dépendra de la nature de la loi, des remarques qu’on fera.

Est-ce qu’elles sont prises en compte, avec cette décision, le groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar perd sa courte majorité absolue de 83 députés donc. La coalition que vous avez défendue pendant toute la campagne pour les législatives se retrouvent fragilisées, est-ce que ce n’est pas une trahison comme le disent certains responsables du parti présidentiel ?

Bah là trahison, elle serait plutôt de l’autre côté. Parce que l’engagement militant, à mon avis, il doit être prédominant sur la préférence familiale, ce qui a été le cas. Si les principes qui nous mettent ensemble, si tout ça est effacé autant que chacun retrouve sa liberté.

Ce poste de la présidence de l’Assemblée, il vous avait été promis, vous aviez un accord ferme avec le chef de l’État ?

Sur, je l’ai expliqué, c’est très clair et puis maintenant on peut comprendre mieux en fait ce qui s’est passé à la lumière des projets d’amnistie de Monsieur Karim Wade et de Khalifa Sall ?

moi c’est, surtout celui de Karim Wade qui m’intéresse parce que j’étais ministre de la justice à ce moment-là. Et peut-être que voilà, c’était ça l’obstacle. C’est ça ? C’est clair que comme président de l’Assemblée nationale, une telle loi ne répondrait pas à mes critères éthiques, le droit a été dit. Et puis, visiblement, c’est plutôt une combinaison, pour ne pas dire un deal politique, qui mène à cette amnistie des faits, des faits graves de détournement de deniers publics.

Si cette loi passe à l’Assemblée, vous allez voter comment ?

Je vais voter contre, c’est clair.

Sur 2024, le président reste flou sur ses intentions, vous pensez vraiment qu’il a l’intention de présenter une 3e candidature ?

Bah, tout semble l’indiquer, parce que ce qui se joue en fait, c’est les 500000 voix qu’aurait le parti démocratique sénégalais incarné par Monsieur Karim Wade qui lui dit qu’il ne veut pas d’amnistie, il veut une révision du procès.

Pour revenir sur le débat sur le 3e mandat, un éventuel 3e mandat. Certains vous reprochent de ne pas avoir relancé ce débat pendant la toute la campagne pour les législatives, avant d’être écartée du poste de président de l’Assemblée. Ce que vous répondez ?

Je n’ai pas cessé de dire que la question du 3e mandat était derrière moi et le président Macky Sall disait qu’il allait se prononcer juste après les élections d’ailleurs, pour moi, c’était évident qu’il y a aucune raison pour qu’il dise, je vais me présenter, il l’a dit sur toutes les télévisions africain. Mondiale. Et puis c’est juste pas possible. Ce qui n’a pas été accepté il y a 10 ans, lorsque le président Abdoulaye Wade a voulu faire un 3e mandat. Bon, il est allé aux élections, il a eu 35% au premier tour. Je crois que ce serait pire pour le président Macky Sall. Et puis y a des risques de stabilité sur le Sénégal. Il n’a pas le droit. il a fait du très bon travail. Ceci dit en passant, je ne me renierai un peu jamais, par rapport à son bilan que j’ai défendu partout mais bon nul ne peut faire plus de 2 mandats consécutifs.

Alors quant à vous Aminata Touré, est-ce que vous êtes déjà candidate pour cette présidentielle de 2024 ?

En tout cas, j’y pense fortement très sérieusement tous les matins, attachant mon foulard à la glace. C’est un journaliste qui me le disait, Ben je peux lui confirmer, je vais aller à la rencontre des Sénégalais et je vais m’organiser. Je vais collecter le parrainage

Vous allez créer votre parti ?

Parti, on n’en parlera plus tard.

Est-ce que Le chef de l’Etat quand il vous a écarté du perchoir, vous a proposé le poste de premier ministre ?

Non, je ne lui ai pas parlé moi, depuis lors. On se reparlera quand il sera plus président de la République. Bien sûr, certains se disent si le président Macky Sall n’est plus là, j’aurai pris mon poste. On n’est pas une monarchie et le président de la République qui est le président de la République s’arrêtera en 2024.

Avec Rfi

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