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Aux sinistres routiers, des sanctions à la hauteur – Lequotidien

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Les routes sénégalaises viennent de nous causer l’une des plus grandes tragédies connues par notre pays dans le domaine du transport. Quarante-et-une personnes ont perdu la vie sur la route de Kaffrine, mettant tout un pays dans l’émoi et nous poussant à une sérieuse introspection. On ne cessera de le dire, la sacralité du caractère de la vie est ce qui s’est le plus perdue dans l’âme du Sénégal. Les pratiques coupables, irresponsables et désinvoltes, pouvant porter atteinte à la vie, se retrouvent dans tous les actes du quotidien. Nos routes ont fini d’être des mouroirs, faisant de tous les déplacements interurbains des voyages à risque sur toute l’étendue du territoire national.
Dans la foulée de la tragédie de Sikilo, un dossier paru dans les colonnes du journal Le Quotidien fait une carte des corridors routiers «accidentogènes» et les plus à risque pour les automobilistes et leurs passagers. On se rend compte, au regard de cette carte critique, que des corridors routiers dangereux existent quasiment dans toutes les régions du pays, faisant mesurer l’ampleur du mal qu’il y a sur nos routes. On ne peut qu’être dépité d’apprendre que rien qu’en 2022, 14 666 accidents ont été recensés dans le Sénégal, ayant causé 519 morts et 23 044 blessés. Cette saignée est insupportable et on peut continuer de fermer les yeux sur toutes les pratiques conduisant aux drames routiers. C’est d’autant plus révulsant que pour la plupart des accidents, la négligence coupable et la désinvolture bien sénégalaise des conducteurs, couplées à un climat où tout dispositif de contrôle ou de sanction peut être contourné, sont à l’origine des drames. Je n’arrive toujours pas à m’expliquer comment des magasins de stations-services sur l’un des principaux axes autoroutiers du pays disposent de rayons de boissons alcoolisés à la portée de tout public. Il est tout aussi choquant que depuis des années, aucun effort sérieux n’ait pu être fait pour organiser dans les pôles urbains, toute l’économie autour des véhicules «clandos» servant de lignes de rabattement entre grandes agglomérations ou quartiers d’un même district.
On ne peut que saluer la volonté de mettre fin au chaos à travers les mesures prises lors du Conseil interministériel sur la sécurité routière, convoqué suite au drame de Sikilo. Toutefois, il faudrait que nos pouvoirs publics fassent fi de tout calcul et tapent fort pour préserver les vies sur nos routes. Les différentes mesures visent à corriger des errements qu’il nous a tous été amené d’observer. Il est plus que normal qu’on demande aux milliers de conducteurs de véhicules à deux roues de porter, avec les personnes qu’elles transportent, des casques, quand on se rend compte que ce type de transport est devenu incontournable dans toutes les grandes villes du Sénégal. Il est plus que temps que tous les porte-bagages des véhicules de transport de personnes soient vidés des lourdes charges de produits et denrées trônant sur la tête de leurs passagers. L’interdiction du transport nocturne de passagers vient à son heure quand on s’imagine que les accidents les plus violents comme ceux de Sikilo se produisent aux heures tardives. Chaque mesure prise répond à un mal précis des routes sénégalaises, qui pourra être bien dommageable.
Les sanctions pécuniaires doivent être plus strictes pour que les usagers de la route se rendent compte que les écarts et abus doivent se payer cher. Comme j’ai eu à défendre cette ligne de pensée dans une chronique intitulée «L’indiscipline au volant, ce mal qu’il faut guérir», je pense qu’il est l’heure que les sanctions financières sans commune mesure soient la règle sur nos routes.

Par Serigne Saliou DIAGNE / saliou.diagne@lequotidien.sn

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