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Cesti – Présentation du film-documentaire sur l’île de Haère : Un paradis dans l’enfer de l’enclenchement

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Haère, a-t-on déjà entendu parler de ce coin de paradis ? On ne le connaît que trop peu, mais un film-documentaire l’extirpe des ténèbres. Les lumières jetées sur l’île par Pape Moctar Sélane se veulent pourtant plus intenses. Les chaînes de l’enclavement étouffent Haère. M. Sélane appelle les autorités étatiques à les briser.

Par Moussa SECK – Plaisir, un plaisir de recevoir au sein d’un amphithéâtre, un ancien étudiant. Un plaisir doublé, de voir que cet étudiant n’a pas perdu de son amour pour le terrain, ce dernier constituant l’essence du journalisme. Ça nous change des plateaux… Telles pourraient être rendues les paroles du Dr Mamadou Ndiaye. Le directeur du Cesti a ainsi exprimé sa satisfaction de revoir Pape Moctar Sélane, venir projeter son film-documentaire au Cesti, lui qui est de la 33ème promotion du Centre d’études des sciences et techniques de l’information.

Dix-heures et trente minutes déjà. Les rideaux tombent, l’amphithéâtre Eugénie Ro­khaya Aw se fait salle de cinéma. Bientôt, des paysages verts jaillissent, saisis par des vues d’oiseau. Des paysages verts, tel un manteau traversé par le ciseau des cours d’eau. Les files liquides se dessinent sur le fond vert des rizières. L’île se dévoile, ses contours se peignant entre eau et feuillage. L’assistance aura quitté Dakar, projetée par les images vers la verte Casamance et dans la splendeur de ses îles : nous sommes à Haère, la capitale des Bliss. «Sa beauté est rare.» Pape Sélane narre alors le quotidien d’une localité située sur la rive droite du fleuve Casamance. Il narre, et avec lui, une cérémonie d’initiation. Attention seulement, tout ne se dévoile pas. Certains aspects de la culture ne sauraient être offerts à l’indiscrétion des caméras… Et on danse, lorsque l’on ne chante pas. On souffle dans un instrument traditionnel de musique, lorsque l’on ne laisse pas ses pas parader au rythme du tam-tam. On apprécie, lorsqu’on ne manifeste des croyances. A Haère, «l’invisible est partout présent», et les forces invisibles sont témoins.

Haère, quelque part et nulle part : étouffée par ’enclavement
Des témoins, cette fois visibles, ont donné leur impression sur le film documentaire du directeur de l’information de la 7tv. «En l’espace de quelques minutes, tu as passé en revue toute ma vie», dira, en toute émotion, Johnson Sambou. D’autres exprimeront la fierté qu’ils ont de voir des journalistes sénégalais produire des sujets sur les réalités endogènes du pays. Car «il faudrait qu’on visite et qu’on revisite nos territoires», ainsi que souligné par une voix dans l’assistance, qui aura exprimé l’idée de plus d’un.

Seulement, Pape M. Sélane n’a pas fait qu’un film-documentaire. Outre l’aspect ro­mancé qui a fait découvrir le village insulaire de Haère, qui organisait pour la première fois, depuis 1994, le «Busëkh», il y a le plaidoyer. Cette cérémonie initiatique dédiée au mariage, à laquelle seuls les initiés du «Boukout» en âge de se marier ont le droit de participer, s’est en effet tenue dans «un endroit paradisiaque qui souffre de l’enclavement». L’endroit, comme bien d’autres, est à désenclaver. Géné­ralement et de l’avis de M. Sélane, «on ne parle que de Gorée, et en Casamance, on ne parle que de Carabane, alors qu’il y a d’autres îles très importantes, avec un potentiel économique très élevé que l’Etat n’investit pas encore». Offrir au public une telle production audiovisuelle est ainsi une manière d’«appeler les autorités étatiques à penser à ces îles-là, à mettre sur place un programme spécial de développement de ces îles». Parce que l’enclavement handicape ces espaces qui ont beaucoup à donner et autant à recevoir. Enclavée jusqu’à l’extrême, renseignera Pape M. Sélane, Haère ne figure sur aucune carte.

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