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Deux morts dans une explosion : Saint-Louis dans la psychose des citernes abandonnées

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L’explosion d’une citerne d’essence a causé la mort de deux enfants talibés, hier dans la matinée, au quartier Sud de l’île de Saint-Louis. La citerne, qui aurait été enfouie dans les lieux qui servaient de garage pendant l’époque coloniale, aurait été déterrée à cause de travaux de construction d’un immeuble sur le site.

Par Cheikh NDIONGUE – L’émoi et la consternation sont les sentiments qui étreignent depuis hier le paisible quartier de Sindoné, encore appelé Sud, après la survenue d’un accident à la fois douloureux, meurtrier et spectaculaire : l’explosion d’une citerne a provoqué la mort de deux talibés. D’après les témoignages recueillis, la citerne en question avait été déterrée d’un terrain, qui servait de daara depuis plusieurs années. Le daara en question avait été délocalisé par le maître coranique sur la demande du propriétaire, qui avait l’intention d’y effectuer des travaux. C’est par la suite que la citerne avait été posée à l’air libre, en attendant son évacuation. Le drame s’est donc produit alors que les deux victimes jouaient sans doute au-dessus de l’objet. Selon les témoignages, tout s’est passé très vite. Les occupants des lieux et le voisinage n’ayant pu que constater les dégâts après avoir entendu le bruit assourdissant de l’explosion. La puissance de l’explosion est sans commune mesure si l’on s’en tient aux conséquences désastreuses qu’elle a provoquées. Les deux enfants ont en effet été projetés à des dizaines, voire des centaines de mètres du lieu du drame et se sont retrouvés respectivement dans deux maisons différentes, l’un vers le nord et l’autre vers le sud du terrain, théâtre de l’accident. Ils sont d’ailleurs morts de façon atroce selon les témoignages, pour avoir été projetés l’un sur le toit en fibres-ciment de l’une des maisons avant de tomber à l’intérieur, et l’autre dans l’une des chambres de l’autre maison.

Alertées, les autorités administratives et autres se sont rendus sur les lieux, ainsi que les forces de sécurité et les sapeurs-pompiers pour les constats d’usage. Les corps méconnaissables des deux garçons ont été déposés à la morgue de l’Hôpital régional de Saint-Louis par les éléments des sapeurs-pompiers.

Question autour du site…
Aujourd’hui, il y a une question qui taraude les esprits : comment la citerne s’est retrouvée dans cet endroit ? Des habitants du quartier ont fait savoir que le site en question a abrité dans le passé une station d’essence et des garages. Les anciens garages Chapron du temps de la colonisation étaient également localisés dans la zone. Elle est devenue aujourd’hui une zone résidentielle abritant des immeubles de luxe occupés par des structures comme les écoles Maarif ou encore des hôtels et des résidences privées.

Interrogé sur ces événements, le Préfet du département de Saint-Louis, Mamadou Ndiaye, s’est dit consterné. Après avoir exprimé sa compassion au marabout tuteur des deux talibés, il a fait savoir que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour sécuriser les lieux, mais également les populations et leurs biens. Dans la même lancée, il a expliqué que des investigations seront menées pour identifier tous les sites où il y a des citernes enfouies pour sécuriser davantage les populations.

Après ce drame, les Saint-louisiens se posent des questions évidemment légitimes : est-ce la seule citerne enterrée dans la zone ? Le site pourrait-il en receler d’autres ? Dans ce cas, elles constitueraient un danger pour les populations du Sud qui ne dorment plus, en attendant d’y voir plus clair.
cndiongue@lequotidien.sn

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