Accueil Economie Le numérique serait-il la panacée ?

Le numérique serait-il la panacée ?

0

Omar Cissé Sow, directeur technique et commercial de la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (CNAAS), voit en cet outil un bon moyen de promotion de l’assurance agricole au Sénégal. « Partout où il se trouve, le producteur ou l’éleveur doit pouvoir souscrire à une assurance sans se déplacer ». Il va même plus loin en déclarant que le mobile peut permettre de corriger la mauvaise perception des producteurs sur le secteur de l’assurance, grâce à un travail d’information et de sensibilisation pour venir à bout des barrières sociales, culturelles, religieuses.

Pape Diallo, s’inscrit dans le même sillage, et selon lui la digitalisation permet aux compagnies d’assurances d’élargir leur réseau de distribution et de proposer des produits adaptés en fonction des besoins des clients ; donc de proposer des produits sur mesure. Cette technologie permet également la réduction du coût de service aux clients, la rationalisation des processus internes, mais surtout la mise à disposition au plus grand nombre d’une expérience client enrichie.

Omar Cissé Sow, confirme en déclarant que « De 2012 à 2022, nous sommes passés de 60 à 612.583 producteurs assurés. En termes de gestion, cela devient difficile. Nécessairement, il va falloir mettre en place un système de digitalisation des transactions (collecte des primes, versement des indemnisations) et de diffusion des informations non financières aux producteurs ». Il annonce que la Compagnie Nationale d’Assurance Agricole est « en train de tester plusieurs stratégies pour faire en sorte que le producteur en un clic puisse souscrire à une assurance et en retour qu’il puisse, en cas de sinistre, recevoir un paiement ».

Rokhaya Fati, actuaire-consultante affirme que l’utilisation des outils numériques permettrait à l’assureur d’avoir , d’une part,  une meilleure connaissance du client en anticipant sur ses besoins , et d’autre part  une optimisation des tâches à l’interne par l’automatisation des processus manuels,  et enfin, une meilleure gestion des risques avec une prise de décisions plus rapide grâce aux outils numériques qui permettent aux souscripteurs de passer moins de temps à valider des données et plus de temps pour exploiter des connaissances qui créent de nouvelles sources de valeur.

Le directeur et fondateur de l’Institut supérieur de Finances voit en cet outil « un excellent moyen pour réaliser l’inclusion financière puisqu’il facilite l’accès à des produits d’assurances et bancaires. Un paysan peut, de son village grâce au téléphone, souscrire à une police d’assurance vie, dommage. C’est un outil qui amplifie l’offre ». Toutefois, il pense que pour démocratiser l’assurance, les offres doivent être traduites dans les langues nationales. « Cela doit être systématique puisque tout le monde ne comprend pas le français. Grâce à des capsules faites dans nos langues nationales, on peut expliquer les avantages de s’assurer par rapport à tel ou tel risque », insiste M. Diallo.

En revanche, Mbaye Sylla Khouma, agronome et économiste, met un bémol. En effet, si le numérique peut selon lui être la voie par laquelle l’Afrique peut combler son retard technologique, il n’en pense pas moins que tout dépendra de son usage. « Le numérique ex nihilo ne sert à rien. Il faudrait d’abord savoir ce qu’on veut en faire pour booster les différents secteurs. Le numérique pour la santé, l’éducation, la logistique, l’agriculture, les assurances ? Tout est possible. Mais il faudrait éviter les slogans et savoir réellement pourquoi on voudrait utiliser le numérique », affirme-t-il. Selon lui, une bonne utilisation de cette technologie permettrait d’avoir un meilleur impact sur la croissance et le développement.
Lejecos Magazine
  
 
 
 
 

Article précédentRoad show Sénégal à Paris: Africa Mith et Pavart en partenariat
Article suivantConflit israélo-palestinien : Dakar réitère la nécessité de parvenir à deux Etats indépendants

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici