Le drame a pu être évité de justesse hier. Ce, grâce aux bons réflexes d’un chauffeur du convoi de Sonko, qui a eu la bonne idée de s’arrêter pile devant la camionnette de la police, qui avait décidé de barrer le chemin au reste de la délégation qui voulait contourner le barrage policier. C’est l’une des images fortes du film qui a été joué hier entre Touba et Mbacké, par le cortège de Ousmane Sonko, et les Forces de l’ordre qui avaient pour mission de l’empêcher d’accéder au lieu où le leader du parti Pastef voulait tenir son meeting
Par Malick GAYE – La confrontation tant redoutée a finalement eu lieu, hier à Mbacké. Les «Patriotes», déterminés à «désobéir à un ordre manifestement illégal», comme ils disent, ont finalement croisé le fer avec les Forces de l’ordre. Le meeting interdit par le Préfet du département de Mbacké, qui avait poussé les leaders du parti Pastef à saisir la Cour suprême, n’a pas pu se tenir. Les limiers se sont employés, tant bien que mal, à faire respecter cette décision. Mais cette mission n’a pas été de tout repos pour les représentants de la loi. En effet, Ousmane Sonko, après avoir prié à la Grande mosquée de Touba, s’est payé un bain de foule dans les artères de la ville religieuse. Son cortège avait d’énormes problèmes pour avancer, tant la foule était dense.
Le leader du parti Pastef voulait se rendre à Mbacké. Pendant ce temps, la police était déjà sur place, au lieu où le meeting interdit par l’autorité avait malgré tout été maintenu par les partisans. Les jeunes commençaient à s’y masser. Il n’a pas fallu grand-chose pour que la situation dérape. Les limiers n’ont pas laissé les «Patriotes» se regrouper. Dès le premier tir de lacrymogène, les manifestants ont riposté en barrant la route avec des pneus enflammés. Ces pneus brûlés sur la voie publique n’ont pas empêché les policiers de disperser le rassemblement. Sonko et son convoi ont été empêchés de rallier Mbacké. Les policiers avaient formé un barrage humain pour stopper la délégation au rond-point de Mbacké. Ils ont intimé l’ordre aux «Patriotes» de rebrousser chemin. Mais Ousmane Sonko et les leaders de Yewwi askan wi, qui étaient en sa compagnie, ont tout bonnement refusé d’obtempérer.
Au chapitre des bavures policières, l’attaque de la voiture de la presse qui accompagnait le cortège est à mettre en bonne place. En effet, alors que la voiture des journalistes était devant celle de Sonko, des pierres en provenance des rangs de la police ont commencé à lapider le véhicule. Pour autant, malgré ces difficiles conditions, les reporters ont continué à faire leur travail. A ces pierres, il faut ajouter les jets de gaz lacrymogène venant des Fds, en particulier au rond-point de Mbacké. Mais cette situation est un petit impair comparé au drame qui aurait pu advenir. Alors que le bouclier humain dressé par la police a été acculé par deux voitures du convoi qui continuaient à avancer, des véhicules du cortège ont quitté la route pour emprunter la chaussée. Une camionnette de la police les a rattrapés en coupant le convoi. Cette situation aurait pu être dramatique si l’un des chauffeurs n’avait pas eu le bon réflexe de s’arrêter in extremis. Finalement, la délégation de Sonko a quitté la route pour emprunter les ruelles sablonneuses de Touba, afin de rallier Mbacké. Un projectile a été lancé sur la voiture de Sonko. Plus de peur que de mal, seul le pare-brise a été touché.
mgaye@lequotidien.sn












