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Panel – Information éducative : Les jeunes reporters et Télé-école parlent éducation et médias

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«Eduquer, informer, divertir», telle est la triple mission des médias, selon le journaliste Sada Kane. Une mission dévoyée de nos jours et qui creuse l’écart entre télévision et éducation.

Par Moussa SECK  – «Nous sommes une communauté. Dans toute communauté, il y a des problèmes. Et ça, il faut l’intégrer.» Mais, «tout n’est pas mauvais»… comme si Mouhammadou Moustapha Diagne, le directeur de la Formation et de la communication au ministère de l’Edu­cation nationale, avait besoin de préciser. Tout n’est pas parfait dans l’école sénégalaise. Fact ! Tout, aussi, ne saurait être mauvais. Fact, encore ! Seulement, l’école ne se fait pas seule. Ou, du moins, l’éducation dont elle a la charge n’est pas sa prérogative exclusive. Et, parce que la «télé» peut se faire «école», la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs) et Télé-école ont posé le débat. Professeurs Fatou Sow Sarr, Djiby Diakhaté, Assane Mboup et monsieur Sada Kane, pour apporter leur expertise.
«L’éducation, c’est la socialisation de l’humain», le sociologue Durkheim est ainsi cité par M. Mboup. Et, pour ce dernier, l’instruction n’est pas l’éducation : elle en est un maillon. C’est dire que celui qui est connu de tous sous le surnom de Mr. Blue a au préalable procédé à un débroussaillage conceptuel : M. Mboup, premier à se prononcer, tient à la méthodologie. Qui s’interroge : «où se situe l’éducation et depuis quand existe-t-elle ?», pour enfin attaquer le cœur de la discussion tenue ce 2 février à l’Institut français de Dakar. «Maintenant, dira-t-il, on parle de médias pour simplifier les choses», choses, pour lui, devenues beaucoup plus complexes. Par presse, a-t-il souligné, il ne faut pas entendre le tout «médias». Le contenu à affecter à ces derniers a évolué, devenant de plus en plus complexe. Ils s’élargissent dorénavant jusqu’à ce qui se dit médias sociaux. Mais, dans son exposé, Mr. Blue dégage une constante qui n’est ni la technique, ni le support, ni les hommes. Contenu, se nomme-t-il. Et le pont entre les deux termes autour desquels s’articule la conférence co-organisée par Télé-école et la Cjrs est ainsi tissé : «éducation» et «mé­dias», entre les deux rives, le contenu, que M. Mboup qualifie de «névralgique», en plus d’être un «grand enjeu».

Effondrement des mythes, impérialisme culturel et crise des valeurs
La question du contenu est donc centrale, et «c’est sur quoi on doit travailler particulièrement, avec rigueur». C’est une voix qui a accompagné mille et une oreilles à travers les décennies qui a ainsi parlé. Sada Kane, un visage… tout simplement ! C’est aussi une nostalgie qui s’est exprimée. Cette tradition de grandes émissions axées sur des thèmes d’éducation n’est plus. M. Kane les rappelle. Aussi a-t-il rappelé ces trois mots qui se récitent, mais dont le sens semble avoir échappé à beaucoup : «éduquer, informer, divertir», pour remettre au centre du débat, cette mission triple des médias. Ce, non sans regretter que dorénavant, le volet «éduquer» semble laissé en rade. Et comment ? Une des raisons, la politique qui a, selon ce qu’en analyse M. livre et littérature, phagocyté l’espace médiatique. Il dresse de ce fait un constat, et livre en outre une sagesse, que Amadou Hampaté Ba avait transmise au jeune journaliste qu’il a été. «L’éducateur prime sur le géniteur», la phrase ! M. Kane, ce visage respecté du petit écran sénégalais, délivre aussi un diagnostic, qui est de dire que «les mythes se sont effondrés» et que la télévision y est pour beaucoup. Et, peut-être, un certain impérialisme culturel y est pour beaucoup plus encore.

Effondrement des mythes, «impérialisme culturel» et «crise des valeurs», rajoute le Pr Djiby Diakhaté. Et il déroule : «Nous consommons des gadgets, nous consommons des opinions, nous consommons des idées, nous consommons des valeurs, et le problème est que nous ne mettons pas un filtre pour choisir les valeurs qui sont bonnes.» Nous absorbons, en tant qu’hommes-éponges et, «justement, dans ce dispositif de l’homme-éponge, il y a une grande responsabilité des médias». Herbert Marchse sera évoqué par le Pr Djiby Diakhaté, ainsi que son homme unidimensionnel, qui montre, entre autres, «que nous sommes dans un système social où, avec l’effet des médias et surtout de la publicité, on a tendance à former un type plus ou moins ordinaire qui ne réfléchit pas beaucoup mais qui consomme».

Mister Blue ne manquera cependant pas de faire une précision de taille. Il n’est pas en effet demandé aux médias d’être les acteurs de l’éducation. Au journaliste ou à l’animateur, il est demandé d’être un «ambassadeur de l’information éducative». Une mission, et qui a comme préalable de ne pas se mettre en concurrence avec la rumeur. Message, contenu et porteur sont de ce fait des éléments de grande importance. Parlant du porteur, M. Mboup fera savoir que s’il «n’est pas habilité, le message est défaillant», de même s’il est habilité et non-formé. Défail­lance aussi, il y a, si ce même porteur n’est pas à jour. Les pistes sont ouvertes…

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