C’est au bout de 8 heures de vol, à bord d’un Airbus A380, que l’on atterrit à l’Aéroport international Changi de Singapour. Il était déjà 21h (Gmt+8) dans ce pays d’Asie du Sud-Est, cette cité-Etat d’une superficie de 720 km2 qui est à peine plus grande que la région de Dakar. Le terminal 1 de l’aéroport Changi est plus qu’impressionnant. Il est d’une beauté rare et abrite une chute d’eau. Une verdure et plein d’autres créations artistiques font le décor de cet aéroport et lui donnent toute une vie. L’aéroport de Singapour a d’ailleurs été récemment nommé plus bel aéroport du monde en 2023. C’est un hub aérien en Asie, appuyé sur la vivacité d’un transporteur national, qui bataille avec les géants de notre secteur. On voit bien, à travers le modèle de Singapour, que le Sénégal est sur la bonne voie en voulant faire de l’aéroport de Diass un hub aérien en Afrique de l’Ouest, avec un transporteur national pour desservir un espace aérien sous-exploité.
Pour revenir à l’aéroport Changi, tout y est beau et grand. En revanche, la marche est longue pour atteindre le service d’immigration. C’est la saison touristique en ce moment et Singapour est très ouverte aux visiteurs. Le terminal est bondé. Singapour, la Malaisie, les Philippines et l’Indonesie sont de rares pays non africains où les Sénégalais n’ont pas besoin de visa pour un séjour maximum de trente jours. C’est un pays très accueillant pour nous Sénégalais, où nous entrons sans les contraintes des procédures de visa et sommes traités à l’accueil de façon très courtoise. C’est une grande opportunité au vu du développement économique pour tous les gens d’affaires. Il s’agit également d’un pays où l’Afrique peut beaucoup apprendre sur la promotion du bon développement économique.
Cette cité-Etat de moins de soixante ans d’indépendance est devenue aujourd’hui la région qui se développe le plus, avec seulement six millions d’habitants. Une ville éblouissante qui ne ressemble à aucune autre s’impose. Colorée, futuriste, innovante, propre, sûre, diverse, Singapour donne envie de l’explorer, bien que son climat tropical ne soit pas toujours agréable. Ce pays marque par son audace. Ils ont pu obtenir l’organisation d’un Grand Prix de Formule 1 qui est chaque année l’événement phare dans cette partie de l’Asie, aidant à vendre l’image du pays et à attirer des visiteurs de partout.
La température extérieure lors de mon premier jour était de 30 degrés Celsius, bien qu’il faisait chaud avec un air humide en soirée. Pendant ce séjour, c’est avant tout la diversité culturelle qui m’a surprise. La population est un mix de Malaisiens, Chinois et Indiens. La cuisine y est tout aussi diversifiée avec des influences des marmites de tout le continent asiatique. Etant logée en plein centre, près du célèbre Marina Bay, un hôtel mythique dont le toit ressemble à un bateau de croisière avec une piscine à debordement qui surplombe la capitale, je ne cesse d’apprécier la vue. Il y a une sacrée alliance entre du moderne et du naturel. Par moment, je me disais que les architectes de la cité-Etat singapourienne sont sûrement des disciples de Senghor et de son parallélisme asymétrique. Il y a bien «une répétition diversifiée du rythme dans le temps et dans l’espace» quand on observe bien Singapour, car à proximité d’énormes gratte-ciel se trouvent les Gardens by the Bay (de vastes jardins publics). On comprend pourquoi on surnomme Singapour la «ville-jardin», en visitant ces belles aires vertes. Ces jardins futuristes donnent l’impression d’être au coeur du film Avatar.
Ils invitent à l’évasion et à la contemplation des «supertrees», on y trouve même des mini-baobabs (encore un totem de Senghor), le propre du Sénégal et de Madagascar. Une de mes collègues m’avait recommandé la plage Palawan, la plus belle du pays selon elle. Une fois sur place, je réalise que c’est une plage artificielle. Génie humain ou créativité poussée à l’extrême, le débat reste ouvert. Le développement fulgurant de cette ville-Etat, qui figure aujourd’hui au rang des puissants de la planète, repose entièrement sur l’éducation et la discipline. Un simple chewing-gum est illégal en public. Singapour est d’une propreté immaculée. Après avoir visité ce genre de ville, on est pris d’énervement et de désolation en voyant les chauffeurs de voitures à Dakar qui jettent leurs tasses de café vides à tout bout de champ. Nous n’avons rien à leur envier en termes de ressources, mais tout à apprendre d’eux par rapport à la discipline et la tenue. Si j’avais une invite à faire à tout Sénégalais qui a l’occasion de voyager, c’est de visiter au moins Singapour une fois dans sa vie. Aux fans de villes modernes à l’extrême, voire futuristes, Singapour est aussi la ville idéale pour vous.
Par YAN / lesvoyagesdeyan@lequotidien.sn












