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Intemporalité du message et des écrits d’El Hadji Malick Sy : Des enseignements qui traversent les époques

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Érudit, grand maître coranique et producteur d’idées, le message et les écrits de El Hadji Malick Sy traversent les époques. Chaque génération peut y trouver ses comptes et des solutions aux problèmes du moment. Pour les religieux, ce message est intemporel parce que se fondant essentiellement sur les enseignements coraniques et les hadiths du Prophète (Psl).

Les compagnons de Seydi El Hadji Malick Sy comme l’actuelle génération hyper connectée dont certains prennent d’assaut les Zawiya et mosquées de Tivaouane trouvent grâce dans son message. Cette grande figure de la Tidjania née en 1842, à Gaya, près de Dagana (fils de Sidy Ousmane Sy et de Sokhna Fatoumata Wade Wellé), selon Serigne Ahmadou Wellé, un des descendants de la famille maternelle de El Hadji Malick Sy, est un homme dont la pensée est intemporelle. Comme une solution, ses écrits et son message ont toujours guidé les pas de ceux qui savent le décrypter ou souhaitent l’appliquer. La raison, d’après les spécialistes, est que Seydi El Hadji Malick Sy ne s’est pas inscrit que dans une dynamique de vulgarisation du Coran et des enseignements du prophète Mohamad (Psl). En réunion de préparation du Gamou avec le Comité d’organisation au Service du Khalife Ababacar Sy (Coskas), le samedi 09 septembre 2023, Imam Abdoul Aziz Ndong, talibé de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, auprès de qui il a suivi son cycle coranique, prend le temps de nous parler pour revenir sur le message et les écrits de El hadji Malick qui sont « intemporels ». À en croire Imam Abdou Aziz Ndong, pour comprendre la force du message de Elhadji Malick Sy, il faut d’abord savoir qui il est. « C’est un érudit, un savant. À la fin de l’apparition des prophètes avec le sceau des prophètes, Mohamad Rassoulah (Psl), la mission s’est poursuivie avec des érudits. Il y a des érudits et des savants qui savent qu’ils ont été missionnés par Dieu le Tout-Puissant et d’autres qui ne le savent pas. Seydi Elhadji Malick Sy, lui, fait partie des érudits qui étaient en mission pour Allah et l’Islam et qui en sont conscients », soutient Oustaz Abdoul Aziz Ndong. Celui-ci estime que cela fait que ses enseignements seront toujours utiles pour toutes les générations de manière intemporelle comme le Coran et la Sunna (pratiques) du prophète Mohamad (Psl). Cela s’explique aussi par le fait que le saint homme de Tivaouane, à l’origine de la célébration du Gamou (naissance du prophète de l’Islam) dans cette ville, s’inscrit dans la lancée des serviteurs du Coran et du Prophète (Psl). « Tout ce qu’il a écrit et produit comme savoir ou enseignements a comme source les versets du Coran ou les hadiths du prophète. Il a toujours dit qu’il marche sur les sillons du Prophète (Psl), le meilleur des créatures. C’est pour cela que, quelle que soit l’époque, quand les gens retournent aux enseignements de Seydi El hadji Malick Sy, ils trouveront des solutions », assure Imam Ndong.

Le modèle parfait de l’humanité étant le prophète Mohamad (Psl), d’après les enseignements coraniques, El Hadji Malick Sy a toujours aussi invité ses fidèles et les musulmans à s’inspirer de leur prophète pour trouver la bonne voie. « Pour avoir la paix, la félicité dans ce bas monde et dans l’au-delà, Seydi El Hadji Malick Sy a toujours recommandé de s’inspirer des vertus et de la vie du prophète », rappelle Imam Ndong.

Oustaz Pape Khaly Ndiaye, lui aussi ayant passé son enfance dans la demeure des fils de Serigne Babacar Sy, notamment chez Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, confirme que les enseignements de Seydi El Hadji Malick Sy sont toujours d’actualité, car traitant presque tous de tous les domaines de la vie. « Cela est même en lien avec un verset coranique dans lequel Dieu demande à certains d’apprendre et après de partager les connaissances sur les recommandations du Tout-Puissant et les enseignements du prophète », dit-il, nous recevant dans l’une des demeures de Serigne Babacar Sy, jouxtant le périmètre de sa Zawiya.

Un pédagogue

Seydi El hadji Malick Sy après avoir acquis des connaissances à travers le pays, du Fouta à Tivaouane, en homme généreux et désirant améliorer le sort de ses semblables, a réussi, grâce à une bonne pédagogie, à transmettre le savoir durant toute sa vie. D’après plusieurs versions, Seydi El Hadji Malick Sy, après avoir mémorisé le Coran, a sillonné le Sénégal dans sa quête infatigable de connaissances. Il a ainsi séjourné en Mauritanie, à Saint-Louis, à Louga, à Pire avant de s’installer à Tivaouane en 1902. « Cependant, ses enseignements sont fondés sur le Coran et les hadiths. Oustaz Pape Ndiaye de rappeler que pour une vie en communauté dans la parfaite harmonie, le vénéré homme de Tivaouane a toujours rappelé cette formule imagée, parole du Tout-Puissant : « Les hommes sont comme les différentes briques d’un mur. Chaque brique a son importance. Celle d’en bas a une mission de même que les autres. Cela veut dire que les hommes sont complémentaires et doivent se tolérer, s’aimer ».

Toujours dans son objectif d’une vie apaisée dans ce bas monde et avec des grâces dans l’au-delà, notre interlocuteur souligne que la vie d’un être humain est définie autour d’un triptyque : soi, le monde et Dieu le Créateur. « Le soi doit nous amener à tolérer les gens, à avoir de bonnes relations avec ses semblables qu’on doit considérer comme soi. Le monde permet de tout avoir ou de tout perdre ; mais El Hadji Malick Sy conseillait à sa famille et à ses disciples de faire dans le bien et de connaître ses droits, mais surtout ses devoirs pour ne léser personne. Le troisième pilier de la vie d’un homme est sa relation avec Dieu qui ne demande que soumission et reconnaissance », explique Oustaz Pape Khaly Ndiaye.

Le djihad d’El hadji Malick Sy contre le terrorisme de nos jours

Dans ce monde tourmenté par les angoisses humaines et les violences de toutes sortes avec même des gens qui prétextent le djihad islamique pour commettre leurs forfaits, nos interlocuteurs rappellent toujours les enseignements du grand chef religieux puisés dans ceux du Prophète (Psl). Le djihad est soumis à des conditions. « On ne peut pas faire le djihad face aux autres croyants (chrétiens ou juifs). Même ceux qui font dans l’idolâtrie, s’ils ne vous empêchent pas de pratiquer votre religion, vous ne pouvez pas faire le djihad contre eux. Le djihad est fait contre des mécréants qui empêchent les musulmans de pratiquer leur religion. S’il y a des gens qui ne croient pas en la religion islamique, par exemple, mais qui ne sont pas menaçants contre les musulmans, on doit juste essayer de les convaincre par le verbe et non par le sabre », dit Oustaz Ndiaye. Il est d’avis que le dernier à recevoir l’ordre de mener un djihad religieux est El hadji Oumar Foutiyou Tall qui a arrêté après sa mission.

Cela est confirmé par Imam Abdoul Aziz Ndong. « Prendre des armes pour se battre pour l’Islam est derrière nous. Après le Prophète (Psl), seule une poignée d’érudits ont reçu un ordre spirituel de mener le djihad contre les ennemis de l’Islam comme El Hadji Oumar Tall. Mais le chapitre du djihad est fermé. On ne doit pas attaquer ou tuer des musulmans prétextant du djihad », affirme le talibé de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine.

Allant dans le même sens, Oustaz Pape Khaly Ndiaye pense que ce qui se passe dans le monde actuellement n’est pas un djihad, mais autre chose. « En période de djihad, il est interdit de tuer des enfants, des femmes, des personnes désarmées. Seydi El Hadji Malick menait un djihad du savoir en mettant en place des écoles coraniques en enseignant jusqu’à la fin de sa vie », martèle Oustaz Pape Khaly Ndiaye.

Comme appliqué par Seydi El Hadji Malick Sy, le seul djihad qui est d’actualité est celui du savoir et de tout faire pour suivre les indications d’Allah. « Après une bataille, l’une des plus difficiles menées par le Prophète (Psl) et ses compagnons (Uhud), il y a eu plusieurs morts et blessés. Il les a rassemblés dans la mosquée pour leur dire qu’on vient de quitter le petit djihad pour le grand djihad. Tous les compagnons du prophète étaient inquiets, demandant de quel djihad parlait Mohamad (Psl). Il leur répondit : « Le grand djihad est celui contre les passions de la vie mondaine, un combat contre sa propre personne pour éviter d’être esclave de ses désirs » », enseigne Imam Abdoul Aziz Ndong. Il estime, ainsi, qu’actuellement, il n’y a plus de djihad. À son avis, ce qui existe dans le monde, ce sont des groupes qui se battent pour un pouvoir ou pour des intérêts propres et qui instrumentalisent l’Islam.

Islam confrérique

L’autre avantage des enseignements de Seydi El hadji Malick Sy et des autres illustres érudits du Sénégal, grands soufis comme lui, est aussi le fait d’avoir développé un Islam confrérique qui est un rempart contre certaines idées dangereuses pouvant développer le terrorisme.

Pour une société apaisée malgré les tumultes de notre époque, Imam Abdoul Aziz Ndong a recommandé ainsi aux jeunes de toujours avoir en tête les enseignements de Seydi El Hadji Malick Sy qui a préconisé la sérénité face aux difficultés de la vie et non le désespoir et la violence. « Comme un viatique aux jeunes et à tous les croyants, El Hadji Malick Sy disait qu’en période de troubles, il faut éviter les mauvaises fréquentations, les rassemblements inutiles. El Hadji Malick Sy enseignait qu’il ne sert à rien de prendre part à un rassemblement où on ne discute pas de choses qui font avancer la société dans la paix, ou d’un sujet qui nous fait progresser intellectuellement et sur le plan de notre pratique religieuse », soutient Abdoul Aziz Ndong. Il renchérit que Seydi El Hadji Malick, suivant les enseignements du Prophète (Psl), a toujours recommandé de réfléchir à ce que l’on dit, car « la parole peut anéantir un homme et causer sa perte ».

Maodo et la richesse

La recherche du gain, voire de la richesse, fait partie aussi de ce qui tourmente les hommes et peut causer des rivalités et des violences dans une société. Maodo Malick Sy, s’inspirant du Prophète (Psl) qui s’était détourné de la richesse même s’il pouvait tout avoir, n’a jamais été intéressé par l’accumulation de biens. « Il cherchait de quoi subvenir à ses besoins de manière licite. Il n’a jamais mis en avant les « hadiyas » (contribution que les talibés remettent aux marabouts) tout comme Cheikh Ahmed Tidjani, le fondateur de la confrérie Tidjane. Seydi El Hadji Malick disait, qu’à une époque donnée, le « hadiya » serait vu comme de la corruption. Il avait ses champs qu’il cultivait pendant la saison des pluies pour vivre à la sueur de son front. Même ses talibés qui étaient mariés avaient leurs propres champs et ne venaient l’aider dans ses travaux champêtres que chaque mercredi (Alarba Serigne) », confesse Imam Ndong.

Les enseignements de El hadji Malick Sy sont toujours d’actualité pour une société stable et en paix, malgré sa disparition le 27 juin 1922 à Tivaouane, où il repose. C’est grâce à lui que le Maouloud (commémoration de la naissance du prophète) ou Gamou connaît cette dimension dans notre pays et est assimilé à la confrérie Tidjane au Sénégal.

Oumar Kandé et Demba DIENG (textes), Mbacké BA (photos) lesoleil

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