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5 ans à la tête de l’Uidt : Ramatoulaye Diagne Mbengue ouvre son testament

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Pr Ramatoulaye Diagne Mbengue n’est pas candidate pour un nouveau mandat en tant que Rectrice de l’Uidt. Après 5 ans à la tête de cette institution, elle part avec le «sentiment du devoir accompli». Dans son rapport d’activités de décembre 2017 à mars 2023, il est relevé de «nombreuses réalisations sous sa direction».

Par Dieynaba KANE – Après 5 ans à la tête de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (Uidt), Pr Ramatoulaye Diagne Mbengue est sur le départ. Dans son rapport en tant que Rectrice de cette université, il est noté que de nombreux défis ont été relevés. La Rectrice de l’Uidt se réjouit d’avoir veillé à «la mise en place d’une gouvernance respectueuse des textes réglementaires, de la transparence, de la reddition des comptes et de l’équité». La Rectrice rappelle qu’en «2017, l’Université de Thiès avait de lourds arriérés dont certains remontaient à 2014 et même au-delà, pour les vacations des Per, le téléphone, les salaires des vigiles, les cotisations sociales, le carburant, les factures dues aux institutions hospitalières et aux fournisseurs». Selon Mme Mbengue, «les caisses d’avance se multipliaient à travers l’université sans respecter la réglementation». Ainsi, révèle-t-elle dans son rapport, «il a fallu clôturer plusieurs caisses d’avance et imposer un plafond de trois cent mille francs à travers tout l’espace universitaire». Dans la même dynamique, «tous les comptes bancaires ouverts dans les établissements ont également été clôturés afin de respecter les textes qui font de l’agent comptable de l’université le seul agent autorisé à ouvrir et à gérer des comptes bancaires». Aussi, souligne-t-elle, «il était également urgent de procéder à une rationalisation des dépenses pour apurer les dettes et arriérés, assainir la gestion du carburant, des marchés, des vigiles, etc.». Dans ce cadre, il a été procédé à «la mise en place et au fonctionnement régulier des nouveaux organes de gouvernance, notamment le Conseil d’administration et le Conseil académique, suite à l’édiction du décret n°2021-1504 du 16 novembre 2021 fixant les nouvelles règles d’organisation et de fonctionnement de l’université Iba Der Thiam de Thiès. Un comité de suivi-évaluation a été créé ainsi qu’une cellule de mobilisation de ressources pour renforcer la part des ressources propres dans le budget de l’université». Des réformes qui ont été bénéfiques car, d’après le rapport, «les dettes de l’Uidt sont apurées». Et la Rectrice de soutenir : «Grâce à l’appui des services administratif, financier et technique du Rectorat, les dettes et arriérés ont été apurés progressivement. Ainsi, les arriérés dus à la Senelec et à la Sonatel, antérieurs à l’année 2018, ont pu être apurés avant fin décembre 2021, pour un montant cumulé de 110 millions de francs Cfa. Il se trouve que la Senelec reste même devoir à l’Université un trop-perçu, suite à une ponction directe sur le budget de l’Uidt.» Autre satisfaction, c’est le fait que «les vacations des Per, les salaires des vigiles et des techniciennes de surface sont désormais traités et payés en même temps que les salaires des agents titulaires de l’université Iba Der Thiam de Thiès». «Le renforcement conséquent de la rubrique budgétaire dédiée au paiement des vacations, qui est passée de 147 millions en 2018 à 210 millions de francs Cfa en 2022, ainsi que l’amélioration du dispositif de traitement ont permis au Rectorat de payer chaque année les états de vacations transmis par les établissements», s’est félicitée Mme Mbengue dans son rapport.

Selon la Rectrice de l’Uidt, «la rationalisation des dépenses et une gestion rigoureuse ont permis la création de vingt (20) postes de Per sur les ressources propres de l’université, sur autorisation de la tutelle». Cette rationalisation des dépenses, informe-t-elle, «s’est matérialisée également par une centralisation, au niveau du Rectorat, de dépenses qui étaient auparavant engagées dans plusieurs structures rattachées au Rectorat (Dsi, Bibliothèque centrale, Agence comptable)». Cette centralisation, d’après Pr Ramatoulaye Diagne Mbengue, a «permis de réduire les dépenses liées à l’acquisition de fournitures et de services». A titre illustratif, renseigne-t-elle, «les dépenses de carburant sont passées de 39 millions en 2018 à 22 millions pour l’exercice 2023».

Recherche et innovation
Outre le travail effectué pour la rationalisation des ressources, la Rectrice et son équipe ont aussi consenti d’importants efforts dans la recherche et l’innovation «pour que l’Uidt puisse participer à l’atteinte des objectifs de la Directive présidentielle n°8 (Dp8), à savoir «donner un nouvel élan à la recherche et à l’innovation»». Dans cette optique, fait savoir la Rectrice dans son document, «en dépit des contraintes, le Fonds d’appui à la recherche et à l’innovation (Fari) a été revalorisé chaque année pour financer la recherche et la promotion des carrières des Personnels d’enseignement et de recherche (Per)». C’est ainsi qu’un «Prix de l’innovation a été instauré, il y a 3 ans par le Rectorat, pour créer une émulation chez les étudiants et promouvoir leur créativité». Et d’expliquer : «Un des objectifs majeurs du Rectorat était de donner à la recherche, à l’innovation et à la coopération, la place qu’elles méritent dans la gouvernance universitaire.» D’après Mme Mbengue, «le rapport d’évaluation de l’Anaq-sup a conforté cette position». En effet, précise-t-elle, «une recommandation forte dudit rapport demande de restructurer ces domaines en les renforçant». Ainsi, ajoute-t-elle, «le Conseil d’administration a validé la proposition du Rectorat d’ériger la division de la recherche et de l’innovation, ainsi que la division de la coopération, en directions à part entière».

Durant ces 5 années, Pr Ramatoulaye Diagne Mbengue souligne que «le Rectorat a accordé une attention particulière à la pédagogie, en particulier aux innovations pédagogiques». «Il est nécessaire désormais, avec l’application du système Lmd, d’enseigner autrement, d’apprendre autrement et d’évaluer autrement. L’enseignement doit tirer profit du numérique et devenir hybride, bimodal, à la fois présentiel et en ligne. Grâce au numérique, l’Uidt a pu faire preuve de résilience pendant la pandémie, aussi bien pour la continuité de ses activités pédagogiques que pour l’exercice de ses missions administratives et financières», a-t-elle indiqué. Parmi les acquis, la Rectrice de l’Uidt cite «l’organisation d’un colloque sur les métiers du futur et d’un autre sur l’accueil des bacheliers issus des séries littéraires», ayant «permis de concrétiser le projet d’ouvrir de nouvelles formations et d’accueillir les bacheliers dits littéraires dans des filières jusque-là réservées aux bacheliers dits scientifiques».

Ces nombreux «défis relevés avec succès» au cours de ces cinq dernières années, Pr Ramatoulaye Diagne Mbengue estime toutefois que «des efforts devront encore être déployés pour poursuivre la politique d’amélioration de l’environnement de la recherche et de l’innovation, de renforcement de la part des ressources propres dans le budget de l’université, d’élargissement de l’offre de formation et de son alignement sur les besoins du monde socio-économique». Un vaste chantier qu’elle laisse à son successeur qui va être choisi par «appel à candidatures» dans les prochaines semaines.
dakne@lequotidien.sn

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