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Les vraies urgences

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L’année qui vient de s’écouler s’était ouverte sur les derniers soubresauts du Covid-19, et va s’achever sur les conséquences de sa gestion. Alors qu’à un moment, avec la levée de toutes les mesures dites barrières, le pays avait pensé être sorti sans trop de dégâts de cette pandémie, nous nous rendons compte, avec la publication du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des fonds destinés à lutter contre les effets du Covid, que le virus s’était si profondément incrusté dans le corps social, qu’il a eu le temps de muter en un variant plus pernicieux, celui de la mal gouvernance.

Bien sûr, le gouvernement a entrepris, parallèlement à la mission de mettre en œuvre les recommandations du rapport, de remettre en perspective les données du document, en faisant comprendre que loin des idées reçues et de la perception générale, ou des affirmations des opposants, les sommes en litige représenteraient moins d’1% des mille milliards du Programme de résilience économique et sociale (Pres).

On ne peut que lui souhaiter de réussir, car les enjeux sont importants. Mais les membres du régime ont l’art de se rendre la tâche difficile. La tendance du Président Macky Sall à prendre tout son temps avant de se mettre en action lui aura fortement desservi cette fois, comme dans bien d’autres occasions. Depuis la sortie du rapport, il y a plus d’un mois environ, les opposants et membres de la Société civile ont eu tout le loisir de convaincre l’opinion que le Sénégal est dirigé par une horde de vampires qui ont profité d’une calamité mondiale pour mieux nous sucer le sang. Durant un mois environ, ils n’ont eu en écho que le silence de l’Etat.

Souvent en voyage ces derniers mois, comme enfermé dans le cocon douillet de sa tour d’ivoire, Macky Sall n’a pas semblé sentir les choses lui échapper.
Aujourd’hui, il demande à son Premier ministre et ses collaborateurs de mettre les bouchées doubles pour renverser la tendance. Mais un Peuple désabusé par plusieurs exemples d’impunité, a besoin de symboles parlants, de symboles de respectabilité.

Quand des ministres se rendent coupables d’outrage à magistrat mais sont maintenus à leur poste, quel message l’Etat lance-t-il à l’opinion ? Quand des membres du camp au pouvoir convaincus de trafic de fausse monnaie se retrouvent libres comme le vent, quel exemple donne-t-on aux Sénégalais qui doivent trimer dur pour vivre ?

Le Président Macky Sall a beaucoup d’ambition pour le Sénégal, et le démontre tous les jours. Ses réalisations, sur le plan des infrastructures, sont éloquentes par elles-mêmes. Sa fibre sociale n’est pas feinte, lui qui a lancé le programme des Bourses familiales, la Cmu, ou la gratuité de certains soins médicaux pour les classes vulnérables. Ces filets sociaux soulagent fortement bien des ménages. A cela, il faut noter les énormes moyens pour donner à nos sportifs les moyens de s’assurer de grands performances, qui nous ont valu, notamment, notre première coupe d’Afrique des Nations. Des années durant, le Sénégal a dominé le classement Fifa des équipes africaines de football, même si cela ne s’est pas reflété lors du Mondial au Qatar.

Au vu de cela, à l’entame de cette année nouvelle, Macky Sall devrait avoir pour seule tâche de pérenniser son œuvre ; mais pour cela, il est impératif pour lui de se débarrasser de toutes les scories qui détournent l’attention de ses efforts pour faire avancer ce pays. Et son plus gros chantier, il le sait, n’est plus matériel. S’il pense qu’il a encore le temps de ménager la chèvre et le chou et renvoyer les urgences au lendemain, il risque de se perdre dans ses calculs politiciens. En ingénieur bien formé, il a compris les dangers qui menacent le pays depuis l’Est, et a entrepris depuis des années, d’y préparer nos Forces de défense et de sécurité. Ce faisant, il a dû comprendre le sens de la sentence latine : «Si vis pacem parabellum.» Au politicien madré que ses adversaires redoutent et ses amis respectent, nous rappelons cette mise en garde : «Quos vult perdere Jupiter dementat !» Ce soir, le Président nous prouvera qu’il a entendu le message de son Peuple, et pour le temps qui lui reste, nous ramener enfin vers la gouvernance sobre et vertueuse qu’il nous avait promise depuis ses débuts au pouvoir. Afin d’enterrer réellement les monstres sortis de ce fameux rapport !
Bonne et heureuse année à tout le Sénégal !

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