C’est devenu une fâcheuse habitude pour les travailleurs municipaux de percevoir leur salaire au-delà du 10 du mois. Ces agents, qui mettent leur mésaventure sur le compte du logiciel Gfiloc, nouvel outil de gestion de la comptabilité des collectivités locales, ont étalé leur colère jeudi, lors d’une mobilisation à la devanture du jardin public. «Nous sommes devenus des habitués de la rue, ce qui n’est pas normal. On ne sait pas d’où est-ce que ce logiciel vient, mais il n’est pas du tout maîtrisé et met toute une vie en jeu, celle des employés municipaux en l’occurrence, puisque jusqu’au 10, ils n’ont pas perçu leur salaire», a expliqué Fatou Thioune, membre de l’Intersyndicale des travailleurs municipaux. «Dakar a perçu, Pikine et Saint-Louis aussi. Pourquoi le département de Rufisque n’a pas perçu ? Le mois passé, c’était comme ça. On se demande réellement si la Ville de Rufisque n’est pas victime de je ne sais quel complot», a poursuivi la dame. Pour Diadji Ndiaye, autre membre de l’intersyndicale, le retard des salaires impacte négativement leur vécu. «Nos enfants sont renvoyés de leurs écoles et les locataires sont pressés par leurs bailleurs à cause de ces retards de salaire causés par le logiciel Gfiloc», a-t-il pointé, appelant l’Etat à revenir à l’ancienne formule. «C’est un logiciel qui a montré ses limites. Nous n’accepterons pas d’être sacrifiés. Nous demandons que l’ancien circuit soit ramené pour nous permettre de disposer de nos salaires à temps», a dit M. Ndiaye. Bien qu’ayant reçu leur virement dans la matinée, ces travailleurs se disent être dans une logique d’alerte, pour que cette mésaventure, qui les suit depuis deux mois, ne se répète pas à l’avenir. «Ce que nous demandons, c’est que nos salaires soient payés à temps ; ce qui n’est pas le cas depuis l’utilisation de ce logiciel. Nous interpellons donc les autorités pour que ce problème soit résolu pour de bon», a soutenu le syndicaliste.
Par Alioune Badara NDIAYE












