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Manille sous le regard d’une Dakaroise –

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Le Quotidien vous propose des expériences de voyage et témoignages d’une Sénégalaise qui a la chance, tel un oiseau, de voir du pays. Attachez vos ceintures, YAN vous fait découvrir du monde !

16 heures passées de 30 minutes, nous arrivons à l’Aéroport international Ninoy Aquino de Manille, capitale des Philippines. Le service d’immigration est bondé de monde, on ne s’y retrouve pas. Après toutes les démarches, nous sortons finalement de l’aéroport à 17h 50 (Gmt+8). On dirait que tous les aéroports du monde ont en commun d’avoir des services d’immigration crispés qu’il faut vite oublier pour savourer le charme des villes dont ils servent de gardiens de forteresse.

Il faisait déja nuit dans la ville. Ici, il y a trop de bouchons et c’est bien pire qu’à Dakar. Je débarque une nouvelle fois dans dans cette terre d’hospitalité, connue pour le charme de ces gens qui se clament de vrais patriotes, partout où se trouve leur diaspora. Il faut discuter avec un Philippin pour comprendre que le boxeur Manni Pacquiao est propulsé à la dimension d’un dieu vivant, et ses exploits sont autant de symboles de fierté et de sources de bonheur pour ses compatriotes.

Les Philippins sont reputés pour leur joie de vivre et si la Teranga devait être primée, la Sénégalaise que je suis leur décernerait la Palme d’or. Formés pour la plupart dans le service clientèle et les métiers hospitaliers, les Philippins sont rois dans ces domaines. Une grosse partie de leur diaspora s’est installée dans tout le Moyen-Orient. Cette forme d’immigration «choisie» se note particulièrement aux Emirats Arabes Unis et surtout à Dubai. C’est un Peuple qui est sans cesse loué pour le professionnalisme de sa main d’œuvre. J’ai observé leur population, que j’ai constatée en majorité jeune et dynamique. Dans les relations matrimoniales, on informe les visiteurs que le divorce n’existe pas dans les unions. Il y a, à la place, une annulation du mariage, un processus presque impossible, lent et coûteux, justifiant un aspect très regardant et précautionneux dans les interactions sociales. C’est une terre où le basketball est roi et y demeure le sport favori des hommes. Pour les femmes, la chanson est la distraction la plus commune, et elles se voient toutes comme de futures Céline Dion. Une pratique qui m’a marquée dans ce pays jovial : l’importance de la dépigmentation.

Les femmes y pratiquent la depigmentation, tout comme mes soeurs sénégalaises. Le teint et la pigmentation de la peau sont des déterminants de classe sociale. On cherche par tous les moyens à blanchir la peau. Le mal est partout. Les Philippins ont été d’abord colonisés par les Espagnols durant 300 ans, pour ensuite passer sous le joug des Américains et des Japonais. La position pivot de ce pays dans son aire géographique a suscité des convoitises qui ont eu des effets ravageurs sur l’identité et l’affirmation de son Peuple. L’intériorisation d’un sentiment d’infériorité ou d’une justification par rapport à l’œil étranger fait partie des explications de mes interlocuteurs sur l’ampleur du phénomène de dépigmentation chez les femmes. Au-delà de cette plaie sociétale, les Philippines n’ont rien à envier aux destinations féériques du tourisme mondial telles que les Maldives, Bali ou Bora Bora. A une heure de vol de la capitale, se trouve la province de Palawan, située au Sud-Ouest du pays. On y trouve des îles paradisiaques. On est autant séduit à l’approche de ces îles par le spectacle naturel, qu’on est impressionné en descendant sur la belle Casamance en avion. Mes îles préférées sont le Coron et El Nido, des trésors cachés que je recommande à tous mes compatriotes qui auront la chance d’aller aux Philippines. Vous me remercierez, car à potentiel touristique similaire, nous laissons nos beaux sites balnéaires se mourir alors que d’autres en font des moteurs de leur économie. J’ai terminé mon séjour par du repos, une initiation gastronomique, des balades dans la ville et une virée des quelques soirées acoustiques. J’ai aimé les Philippines, et je suis pressée de vous parler d’une autre destination où le vent voudrait bien m’emmener.
Par YAN / lesvoyagesdeyan@lequotidien.sn

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