Le pays ne s’est pas arrêté hier, comme le craignaient la plupart des personnes qui prennent les transports en commun. Il y a eu grève. La circulation n’était pas dense. Mais, les Sénégalais n’ont pas eu à recourir à des moyens de transport moyen-âgeux. En décembre 2021, ils étaient obligés de prendre des charrettes. Hier, des bus ont circulé, le Ter a soulagé, Ddd s’y est mise. C’était aussi la traite des «clandos» et surtout les «Tiak-Tiak». Sous le regard des policiers et des gendarmes. Il n’y a que l’interurbain qui a été plus affecté par cette première journée de grève.
Suivi du mouvement : Dakar ne s’est pas arrêtée
A Dakar, la grève n’a pas connu un éclatant succès grâce aux offres de transport alternatif, qui ont permis aux populations de se rendre au travail et de vaquer à leurs occupations.
Par Justin GOMIS – Jusqu’à quand le mouvement d’humeur va persister ? Hier, la grève des transporteurs n’a pas paralysé totalement Dakar. L’appel de Gora Khouma et de Alassane Ndoye, qui ont demandé à leurs agents de mettre le pied sur le frein pour protester contre les 22 mesures gouvernementales pour la sécurité routière, après une série d’accidents meurtriers, n’a pas eu l’effet escompté. Evidemment, certains passagers ont éprouvé quelques peines à trouver un car de transport pour se rendre à leur lieu de travail ou à vaquer à leurs occupations. Les «Cars rapides» et les «Ndiaga Ndiaye» ont disparu un peu de la circulation. Mais, d’autres ont aussi tenu leur direction.
Devant la mairie de la Patte d’Oie, ils sont visibles. Mas, ils ont décidé de sectionner le trajet en décidant de s’arrêter à Colobane. Ce qui a provoqué l’ire des «clients». «Ce sont des opportunistes. Ils n’attendent que des situations pareilles pour en tirer profit. Qu’est-ce qui fait qu’ils ne peuvent pas se rendre en ville ?», s’interroge Massamba Thiam. Pour cet homme, la cinquantaine révolue, cette grève ne se justifie pas, alors que le Sénégal pleure ses morts, après la série d’accidents macabres.
Trouvée au Garage Lat-Dior, K. Diallo est en train de chercher un véhicule pour rentrer chez elle. Au moment d’aller au travail, elle a dû patienter pour trouver un moyen de transport. «Le matin, j’ai attendu pendant une heure le bus Dakar Dem Dikk. J’ai finalement pris le bus Tata numéro 28 pour venir en ville. Mais pour le retour, je suis confrontée à un gros problème de voiture. J’ai attendu d’abord le bus Ddd numéro 1 au niveau de la Galette. Après de longues minutes d’attente, je suis venue à Lat Dior. Et là aussi, je n’ai pas trouvé de véhicule. Je suis obligée d’aller à Petersen pour essayer de trouver une voiture pour les Parcelles Assainies», explique cette femme d’une trentaine d’années, qui habite la Cité Fadia. Jean-Marie Manga, demeurant à Niarry Tally, s’est rendu au travail difficilement. Il dit : «Pour venir en ville, j’ai dû prendre deux véhicules. Les transporteurs profitent de la grève pour couper les trajets. Les passagers paient plus quand il y a grève.» Comme toujours, les transporteurs véreux profitent de la situation. Pour eux, c’est une aubaine. «Nous ne nous plaignons pas. Grâce à Dieu, nos chiffres d’affaires sont élevés», déclare un receveur du bus Tata ligne 3 trouvé en train de faire sa caisse au Garage Lat Dior.
Employé par l’Aftu, qui a décidé de boycotter le mot d’ordre, il assure que ce mouvement devait concerner tout le secteur. Pourquoi ? «Parce que nos camarades se battent pour des intérêts qui nous sont communs. Mais, ce sont nos patrons qui nous obligent à travailler alors que nous sommes mal payés et travaillons dans des conditions très difficiles», dit-il. Son collègue, chauffeur d’une ligne très fréquentée, trouvé au Garage Petersen où il y avait beaucoup de «Ndiaga Ndiaye» et bus Tata, comme tous les jours, les initiateurs de la grève se trompent de combat. «Elle doit porter sur l’amélioration de nos salaires et conditions de travail. Je me lève chaque jour à 4 heures du matin pour descendre à 23 heures. Je le fais 15 jours dans le mois pour gagner un salaire de misère. On doit trouver une solution à nos préoccupations», dit-il.
En tout cas, cette grève a montré que des offres alternatives ont permis aux Dakarois de fonctionner presque comme à l’accoutumée. «Nous assurons un service public. Nous sommes là pour les populations. Nous ne pouvons pas aller en grève», justifie Ousseynou Laye Pouye, agent de Ddd. Il trouve que les responsabilités des accidents routiers qui ont occasionné cette grève sont partagées. «On ne peut pas accuser une partie. Il faut privilégier le dialogue et essayer de trouver une solution pour l’intérêt général», ajoute-t-il.
Aujourd’hui, Dakar Dem Dikk n’a pas profité pleinement de cette situation. Car elle est confrontée à un déficit de véhicules, qui espace le rythme des rotations. «Pour retenir les clients qui attendent depuis longtemps l’arrivée d’un bus, je suis obligé de sortir de mon bureau, pour les rassurer en les informant de la position du bus», explique-t-il.
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