Le torchon brûle entre les mutuelles de santé et l’Anacmu. Après que l’Agence nationale pour la couverture maladie universelle (Anacmu) a décidé de réorganiser son système d’octroi des subventions aux cotisations des bénéficiaires dans les mutuelles de santé, les mutualistes sonnent la charge. Or, elle a prévu aussi près d’1 milliard F Cfa pour le paiement des subventions.
Par Abdoulaye FALL – Entre l’Agence nationale de la couverture maladie universelle (Anacmu) et les mutuelles de santé, ce n’est plus le parfait amour. A l’origine, la décision de l’agence d’arrêter de verser aux mutuelles, les subventions, comme cela se faisait jusqu’ici. Ce que les responsables des mutuelles de la région et même au niveau national n’entendent pas laisser prospérer. «C’est inacceptable de vouloir arrêter de verser les subventions et c’est même aller contre la volonté du président de la République de faire de l’année 2023, une année sociale, fulmine Mamadou Bâ, président de l’Union régionale des mutuelles de santé. L’Agence de la couverture ferait mieux d’éponger sa dette de près de 30 milliards due aux mutuelles plutôt que de parler de suppression du versement des subventions. Et c’est pourquoi nous avons, depuis la tombée de l’information, pris la décision d’arrêter toute délivrance de lettres de garantie et de bons de médicaments. Les bénéficiaires sont ceux-là qui vont en pâtir. Car, les seuls perdants dans ce combat, ce sont eux.» Il ajoute : «C’est une forfaiture de la part de l’Agence de couverture maladie universelle.» Mamadou Bâ, président de l’Union régionale des mutuelles de santé, rappelle que la cotisation normale de chaque bénéficiaire «est de 7 mille francs l’an dont 3500 francs à la charge de l’adhérent et les 3500 francs restants à la charge de l’Etat». Ce sont ces cotisations des bénéficiaires que l’Etat reversait aux mutuelles. «En plus des montants dus aux structures sanitaires pour des prestations faites en faveur des bénéficiaires. Ce qui fait que l’Agence de la Cmu reste devoir plus de 29 milliards de francs aux différentes mutuelles. Au lieu de voir comment régler cette ardoise, l’agence parle maintenant d’arrêt des subventions pour dire vouloir traiter directement avec les prestataires.» Pour lui, cette décision va précipiter la mort «de la Couverture maladie universelle dans le pays». «C’est inadmissible et très regrettable, tonne-t-il. Il faut que l’Etat rappelle à l’ordre l’Anacmu et lui fasse revenir sur sa décision de vouloir arrêter de verser aux mutuelles de santé les subventions», poursuit M. Bâ.
Aujourd’hui, le président de l’Union régionale des mutuelles de santé persiste dans ce combat. «Tant qu’elle voudra persister sur sa décision, nous n’allons plus établir de lettre de garantie ou de bon de commande de médicaments aux bénéficiaires. Qu’est-ce qui a fait que l’Anacmu a voulu traiter directement avec les structures de santé au point de vouloir sauter les mutuelles de santé qui servaient d’interface entre elle et les structures de santé», s’interroge M. Bâ.
Dans un communiqué, l’Agence nationale pour la couverture maladie universelle (Anacmu) a tenu à apporter des précisions sur la décision «de réorganiser l’octroi des subventions aux cotisations des bénéficiaires dans les mutuelles de santé». Il y est expliqué que cette décision est prise car recommandation a été faite «à l’agence de ne plus accorder de subvention à la cotisation dans les mutuelles de santé, étant donné que celles-ci ne respectent pas la directive de l’Uemoa sur la mutualité, qui exige que 85% des subventions aux cotisations servent au paiement des prestations dans les structures de santé».
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