Le marché Boucotte, l’un des plus grands de Ziguinchor, est bien fourni en légumes abordables en ce début de Ramadan. Cependant, le poisson est très cher alors que le poulet reste un luxe pour le commun des Ziguinchorois.
Par Khady SONKO(ksonko@lequotidien.sn) – En ce début de Ramadan, le marché Boucotte de Ziguinchor est bien fourni en légumes. Un tour effectué dans ce marché, le plus grand de la ville, très animé à pareille occasion, a permis d’en faire le constat. Pas de rush ni de bousculade en cette matinée plutôt chaude, annonçant une dure journée pour les jeûneurs. Tout ce dont les musulmans et chrétiens, qui jeûnent en ce moment, ont besoin y est vendu. Les prix des produits sont jugés abordables dans l’ensemble. Pour ce qui est des légumes, leur prix a même chuté. Les produits, rares à un moment, au point que les commerçants n’en vendaient qu’en demi-gros, sont aujourd’hui disponibles à gogo et à moindre coût. Le kg de carotte, d’oignon, de tomate ou de pomme de terre, qui coûtait environ 1000 francs, est aujourd’hui à 500 francs. Il y en a même qui bradent leurs produits à 400 francs, comme avec l’oignon local. «On ne se plaint pas. Le marché est bien fourni. On trouve vraiment tout ce qu’on veut et curieusement, les prix n’ont pas grimpé. Avant c’était plutôt cher, mais pour le moment, c’est à notre portée», salue Nastou. Les vendeuses de légumes, elles, attendent impatiemment les acheteurs. «Tout est là, moins cher en plus. Ce sont des légumes frais, comme vous pouvez le voir, mais il n’y a pas de clients. Mais Dieu est Grand», espère Nafi Ndiaye devant son étal bien garni en légumes frais.
A Boucotte, l’ambiance diffère d’une vendeuse à une autre. «Cependant, les vendeurs ont augmenté le prix du pain de singe et du bissap, et je le déplore car les gens ont besoin de jus à la rupture du jeûne. Et nous qui nous activons dans le commerce de jus, cela ne nous arrange pas du tout», déplore Aïssatou Faty. Selon cette jeune dame, la trentaine révolue, dans une tenue très élégante, le prix du bissap varie entre 1500 et 2000 francs, alors que quelques jours auparavant, ce même produit se monnayait à 700 francs. Le pain de singe, lui, connaît une légère hausse, puisqu’il est passé de 500 francs ou 700 à 1000 ou 1200 francs.
Du côté des poissons, l’on crie à la rareté et la cherté. Du thiof à la dorade, en passant par le feut, sompate, guiss, wass, entre autres produits halieutiques, tout est cher. «Vraiment le poisson est rare et cher. Il en manque dans ce marché. Le kg de dorade est vendu à 3500 francs, et parfois on n’en trouve pas. Le thiof, n’en parlons pas puisque c’est entre 4000 et 4500 francs, et parfois plus», explique Aïcha Faty. Maïmouna Diédhiou, une vieille dame, confirme. «Nous sommes fatigués. La vie est très chère. Les gens rencontrent des difficultés pour bien se nourrir pendant le mois de Ramadan», dit Mère Diédhiou qui attend la ligne 2 pour rentrer chez elle à Castor. Même complainte chez Fatou Kébé qui vient d’acheter quelque trois poissons à 5000 F. «C’est vraiment très dur pour nous. Pourtant nous devons bien manger à la rupture du jeûne», se plaint-elle. Ndèye Sophie ne dit pas le contraire. «Ce que j’ai là, je l’ai acheté à 7500 F. Mon vendeur pesait le poisson, mais aujourd’hui il n’a pas voulu le faire.
Il fixe un prix, c’est à prendre ou à laisser. Et j’ai pris car je n’avais le choix», lança Ndèye Sophie avant de monter dans un taxi à destination de Corentas.
Si le prix du kg de viande de bœuf est resté inchangé, les bouchers ne se frottent pas encore les mains. Selon Vieux Ba, un Guinéen établi à Ziguinchor, les affaires ne marchent pas. «En début de Ramadan, comme le premier ou les deux premiers jours, on vendait jusqu’à 2 bœufs par jour. Cette année, regardez, le bœuf d’hier n’est pas fini et il risque de faire ici trois jours», se désole le sexagénaire derrière sa table de viande. En effet, pas l’ombre d’un client durant notre passage devant cet étal. Pourtant, contrairement au prix fixé par le gouvernement, le prix du kg de bœuf coûte 3 mille 600 francs, au lieu de 4 mille. Le produit le plus cher et le plus prisé est le poulet. Il est vendu entre 4 mille 500 et 5 mille, alors qu’il y a quelques jours, c’était entre 3 mille et 3 mille 500 F.












